Nucléaire: Genève dépose plainte contre une centrale française

Centrale nucléaire du Bugey, (France)
Centrale nucléaire du Bugey, (France)
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La Ville et le canton de Genève intentent une action pénale concernant la centrale nucléaire française du Bugey, située à quelques dizaines de kilomètres, pour mise en danger de la vie d'autrui. La centrale représente jusqu'à 4,5% de l'électricité produite en France.

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Représentés par l'avocate et ancienne ministre française de l'Environnement Corinne Lepage, la Ville et le canton de Genève annoncent le dépôt d'une plainte pénale contre X concernant la centrale nucléaire française du Bugey. Motifs invoqués: mise en danger de la vie d'autrui et pollution des eaux.

Lundi, lors d'une conférence de presse, la maire de Genève, Esther Alder, a fait cette déclaration: "Nous ne sommes pas satisfaits des réponses données lors des procédures administratives" et c'est pour cela que la ville et le canton ont décidé de se lancer dans "une bataille juridique" avec le dépôt d'une plainte ciblant la centrale du Bugey en France.

Incidents et fuites constatées

En mars 2015, la Ville avait déjà annoncé qu'elle durcirait le ton contre la centrale du Bugey, située à quelque 70 kilomètres de Genève, dans le département de l'Ain. Active depuis le début des années 1970, la centrale est l'une des plus vétustes de l'Hexagone. Les associations anti-nucléaires constatent régulièrement des incidents et des fuites sur le site. Résolue à explorer «toutes les pistes» pour s'opposer à la poursuite de l'exploitation de la centrale, la Ville de Genève disait agir dans le cadre de la Constitution cantonale, qui lui impose de «tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches de ses frontières». 

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Les multiples procédures intentées jusque-là contre l'exploitant, EDF, se sont révélées infructueuses, «le Conseil d’Etat français prenant systématiquement position en faveur de l’énergie nucléaire», regrettait la Ville de Genève en mars dernier. La procédure pénale conjointe annoncée aujourd'hui par la Ville et le canton montrent que les autorités genevoises parlent désormais d'une seule voix sur le dossier, affichant leur détermination commune.

Une autre centrale française dans la ligne de mire : un rapport commandé par le groupe des Verts au parlement allemand étrille la centrale nucléaire de Cattenom en Moselle. Il explique que la centrale n'est pas au niveau des nouvelles normes européennes de l'après Fukushima. Le gouvernement luxembourgeois saisit la Commission européenne.

L'opposition de la Ville de Genève à l'exploitation nucléaire en France voisine est une longue histoire. Epaulée par Corinne Lepage, la Ville avait déjà mené un long combat dans les années 1990 pour obtenir la fermeture de la centrale de Creys-Malville, intervenue en 1998.

Article publié dans le cadre d'un accord de partenariat avec le site Le Temps