OMC : un directeur brésilien pour “un monde plus juste“

Le brésilien Roberto Azevedo a été officiellement choisi pour diriger l'Organisation Mondiale du Commerce, OMC. Il prendra ses fonctions le 1er septembre. La présidente brésilienne y voit la volonté de conduire l'organisation "vers un monde plus juste". La première mission du nouveau patron sera toutefois de surmonter les blocages multiples. Dossier.

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Les faits

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Un représentant d'un pays émergent à la barre du commerce mondial

08.05.2013Avec AFP
Le choix du Brésilien Roberto Azevedo pour diriger l'Organisation Mondiale du Commerce à Genève est considéré par les analystes comme un signe du rôle croissant des pays émergents.
Ce choix est également perçu comme étant une note d'espoir quant à une sortie de l'impasse des négociations commerciales du cycle de Doha en panne depuis 2001 qui pourrait ainsi ouvrir de nouvelles facilités pour le développement des pays du sud.
"A la fois pour la symbolique et pour des raisons tactiques, c'est un grand choix, souligne Kevin Gallagher, de l'université de Boston, un expert de la mondialisation et du développement. Comme l'OMC fonctionne sur la base d'un pays un vote, les Occidentaux qui ont fait ce choix espèrent qu'un choix favorable au Brésil entraînera le soutien des Brics (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) et des autres marchés émergents et en développement", estime M. Gallagher.
Le Brésil doit maintenant s'assurer auprès des Occidentaux que "le premier point dans un nouveau tour de négociations consistera à éliminer les politiques biaisées dans les pays industrialisées comme par exemple les subventions agricoles", a ajouté cet expert américain.

Débloquer le système

M. Azevedo, dans une récente interview accordée à l'AFP, avait souligné que "le système commercial multilatéral" était "affaibli par une complète paralysie des négociations".
"Il s'agit de rendre le système compatible avec le monde d'aujourd'hui, la seule façon d'y arriver est d'encourager le commerce et la libéralisation des échanges en tant que composants essentiels des politiques de développement", avait-il dit.
"Nous n'y parviendrons pas tant que nous ne débloquerons pas le système", avait-il ajouté, préconisant plus de flexibilité de la part des uns et des autres.
Tout comme son principal opposant, le Mexicain Herrminio Blanco, il s'est targué pendant la campagne en vue de sa nomination de bénéficier de larges soutiens aussi bien parmi les pays riches que parmi les pays en développement mais également dans les milieux économiques.
"Nous admirons sa vaste expérience et son intime connaissance des institutions commerciales internationales et de leur fonctionnement et le soin qu'il a mis à obtenir des consensus à Genève", a souligné Jake Colvin , vice-président du Conseil du commerce extérieur des Etats Unis.
"Le prochain patron de l'OMC sera confronté à deux défis, à savoir la préparation des membres en vue de déboucher sur un succès à la Conférence ministérielle de décembre à Bali, en Indonésie, et de dégager un consensus sur un ordre du jour plus large afin de moderniser les règles commerciales à l'ère de l'économie numérique", a ajouté M. Colvin. 

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08.05.2013Par Matthieu Vendrely