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L'OTAN va intégrer la coalition contre l'EI

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©J. Muntzer, E. Banceline / TV5MONDE

Les dirigeants européens ont promis jeudi de se mobiliser contre le terrorisme, qui a une nouvelle fois ensanglanté l'Europe, à Manchester, mais ils espèrent en même temps recevoir des gages de Donald Trump lors de sa première visite à l'UE et l'Otan. 
 

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Le président américain, qui a répété pendant des mois que l'Otan était "obsolète" parce qu'elle ne s'occupait pas suffisamment, à ses yeux, de lutte antiterroriste, arrive avec un message "très dur" pour ses partenaires de l'Alliance, a prévenu le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.
Avant même son arrivée au nouveau siège de l'Otan dans l'après-midi, M. Trump a obtenu gain de cause sur un premier point: après plus d'un an de tergiversations, les 28 pays de l'Alliance ont accepté finalement que l'Otan devienne membre à part entière de la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique (EI).
Les Européens, qui ont été la cible ces dernières années d'une série d'attaques meurtrières, la plupart revendiquées par l'EI, sont tous individuellement engagés au sein de cette coalition emmenée par Washington.
Mais des pays comme la France, l'Allemagne ou l'Italie étaient réticents, craignant que cela détériore encore davantage l'image de l'Alliance dans le monde arabe, ou provoque des dissensions avec certains pays du Moyen-Orient aujourd'hui très actifs dans la coalition.
                  

Fuites                   

                  
L'EI a une nouvelle fois frappé lundi soir à Manchester, faisant 22 morts, dont des enfants, dans un attentat-suicide à la sortie d'un concert pop.
"Quand vous voyez cela, vous réalisez à quel point il est important de gagner cette bataille. Et nous gagnerons cette bataille", a assuré M. Trump mercredi soir en arrivant à Bruxelles.
Mais le président américain risque d'essuyer les reproches de la Première ministre britannique Theresa May, également attendue à Bruxelles, après que des éléments cruciaux de l'enquête, notamment des images prises sur le lieu de l'explosion, ont fuité dans le New York Times.
Jusqu'ici, la première tournée internationale de M. Trump avait réussi à éviter les controverses lors de ses étapes en Arabie saoudite, en Israël et au Vatican.
Les fuites --y compris les informations confidentielles sur un attentat que préparerait l'EI à l'aide d'un tablette ou d'un ordinateur portable dans un avion, que M. Trump a partagé avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale-- ont déclenché de vives polémiques depuis sa prise de fonction.
De leur côté, les dirigeants européens de l'Otan ont aussi des attentes.
                  

Article 5                  

                  
Ils espèrent que M. Trump dira avec force, pour la première fois publiquement, que les Etats-Unis souscrivent sans réserve à l'Article 5 du Traité de Washington qui prévoit que tous les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression.
Car les critiques virulentes de M. Trump ont fait craindre à certaines pays européens, en particulier ceux d'Europe de l'Est, un désengagement de la première puissance au monde. 
Au nouveau siège de l'Alliance, un immense bâtiment gris dont la forme évoque deux mains croisées, synonyme du lien transatlantique, la chancelière allemande Angela Merkel et le président Trump dévoileront tour à tour un morceau du Mur de Berlin et un débris du World Trade Center, en souvenir des attentats du 11 septembre 2001 et de la "lutte commune contre le terrorisme".
M. Trump va profiter du dîner à huis clos avec ses partenaires pour leur demander de mettre la main à la poche pour augmenter leurs dépenses militaires et atteindre l'objectif, fixé en 2014, d'un budget défense équivalant à 2% du produit intérieur brut d'ici 2024.
Les Alliés, qui craignent par dessus tout un désengagement américain, affichent leur volontarisme. L'an dernier, leurs dépenses militaires (hors Etats-Unis) ont augmenté de 3,8% et cette tendance devrait se poursuivre en 2017, a promis le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.
Avant de se rendre à l'Otan, M. Trump rencontrait jeudi matin le président du Conseil européen, Donald Tusk, et celui de la Commission, Jean-Claude Juncker, dans le quartier européen de Bruxelles, au coeur d'une ville qu'il avait qualifiée de "trou à rats".
Là aussi, ses propos sur le "merveilleux" Brexit ont été mal reçus, et les dossiers qui fâchent --du climat au commerce en passant par les coupes drastiques dans l'aide au développement -- sont nombreux.
"J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que (l'alliance) euro-atlantique signifie que le monde libre coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental", a twitté M. Tusk mercredi soir.
Donald Trump prendra aussi le temps d'un "long" déjeuner avec le nouveau président français Emmanuel Macron, alors que Paris espère encore sauver son ambitieux accord climatique.