Pakistan : d'une guerre à l'autre, chronologie

Populations déplacées lors de la partition initiale de 1947
Populations déplacées lors de la partition initiale de 1947

Né il y a soixante-quatre ans dans la douleur de la partition avec l'Inde et vite lui-même amputé, le Pakistan a connu trois guerres majeures avec son immense voisin, d'innombrables conflits et au moins quatre coups d’État.
Fruits d'une brève histoire violente et chaotique, les ambiguïtés de ses alliances ne sont pas nouvelles.

dans

Soixante-quatre ans de turbulence

1947 : Contre l’avis de Nehru en Gandhi, la décolonisation des indes britanniques donne naissance à deux états distincts : l’Inde et le Pakistan. La partition entraîne de gigantesques flux de population et des massacres provoquant plus de 500 000 victimes. La question communautaire ne sera d'ailleurs pas réglée par ces exodes, un tiers des musulmans continuant à vivre en Inde. Le Pakistan est en outre dès sa naissance lui-même divisé en deux territoires éloignés de 1700 kilomètres : le Pakistan occidental (actuel Pakistan) et le Pakistan oriental qui deviendra le Bengladesh.

1947 – 1948 : première guerre indo-pakistanaise à propos du Cachemire. Celui-ci est divisé en deux zones, l’un sous contrôle indien, l’autre sous contrôle pakistanais.

1947 - 1958 : régime parlementaire civil mais les tensions s’exacerbent entre les deux Pakistan comme au sein du régime. En dépit de l’instauration de la République islamique en 1956, les crises politiques aboutissent en 1958 à un coup d’État militaire. Malgré des intermèdes civils, la loi martiale restera la règle jusqu’en 1971.

1965 : seconde guerre indo-pakistanaise au sujet du Cachemire. Elle s’achève par un cessez-le-feu sous les auspices de l’URSS mais le différend reste entier.

1971 : le Pakistan oriental déclare son indépendance sous le nom de Bengladesh. Il se voit imposer la loi martiale et est occupé par l'armée pakistanaise. La guerre civile éclate : 10 millions de réfugiés se précipitent en Inde, des centaines de milliers de civils sont tués. L'Inde soutient le Bangladesh et envoie des troupes. C’est la troisième guerre indo-pakistanaise. L’Inde l’emporte en quelques jours. Le Pakistan reconnaîtra le Bengladesh l’année suivante.
A la suite de cette défaite, l’armée remet le pouvoir au civil Ali Bhutto, leader d’un parti fondé quinze ans plus tôt, le Parti Populaire du Peuple (PPP), de sensibilité socialiste.
 
Le Général Zia
Le Général Zia
1977: le général Mohammad Ziaul-Haq renverse le Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto. Il devient président en septembre 1978 et fait exécuter Ali Bhutto par pendaison en 1979. Les années suivantes sont marquées par une forte islamisation du régime, qui s’appuie sur les Mollahs et reconnaît la Charia. L’opposition réagit par la création du MRD (Movement for restoration of democracy) qui réclame la fin de la loi martiale, de nouvelles élections et le retour à la Constitution de 1973.

1979 : invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques. Elle permettra au Général Zia de s’affirmer en rempart contre le communisme et d’obtenir une importante aide américaine militaire, diplomatique et financière.

1984 : boycotté par l’opposition, plébiscite en faveur de l’islamisation du pays et confirmant le pouvoir du Général Zia, qui devient Président. Le régime militaire devient civil, à forte tonalité présidentielle.
 
Benazir Bhutto
Benazir Bhutto
1988 : l’avion qui transporte le Général Zia s’écrase avec l’ambassadeur et un général américain, ainsi que 28 officiers supérieurs pakistanais. Investi par intérim, le président du Sénat provoque des élections générales qui sont gagnées par le Parti du Peuple Pakistanais. Benazir Bhutto est nommée Premier ministre. Première femme à cette fonction, elle est vite confrontée à de nombreuses difficultés : troubles violents inter-ethniques dans les régions, persistance des problèmes liées à l'occupation soviétique en Afghanistan, tensions continues avec l'Inde. Sa coalition s’effrite et elle est contrainte à la démission en 1990.

1990 : vainqueur de nouvelles élections, son successeur Nawaz Sharif, leader de l'Alliance démocratique islamique, lui succède à la tête du gouvernement. Il favorisera à la fois l’islamisation accrue du pays et la déréglementation économique. Il est cependant à son tour isolé, accusé de corruption en contraint à la démission en 1993.

1993 : de nouvelles élections ramènent Benazir Bhutto au poste de Premier ministre mais l’opposition du parti de NawazCharif reste puissante. Au plan international, Bhutto parvient à se rapprocher des États-Unis mais la poursuite du programme d'expérimentation nucléaire ravive les tensions avec l'Inde. Accusée à son tour de corruption, elle doit démissionner en 1996 et NawazCharif redevient président en 1997.

1998 : premier essai nucléaire pakistanais
 
Le Général Musharraf
Le Général Musharraf
1999 : coup d’état du Général Musharraf que Sharif avait tenté de limoger.

2001 : le onze septembre conforte Musharraf dans son rôle d’ami des Américains. Celui-ci s’engage « contre le terrorisme » malgré une forte hostilité dans le pays. Il se fait plébisciter pour neuf ans à la tête du pays mais l’opposition remporte d’importants succès électoraux.

2007 : retour d’exil de Benazir Bhutto toléré par Musharraf. Une première tentative d'assassinat a lieu le jour même et tue 140 personnes dans des attentats à la bombe dans le cortège qui fêtait le retour de Bhutto. Cette dernière accuse les services secrets (ISI) et le pouvoir de Musharraf dans plusieurs lettres. Elle se fera assassiner finalement le 27 décembre 2007 après un meeting. D’importants troubles suivent cet assassinat. et près de 600 000 personnes sont présentes lors de son inhumation.

2008 : élections législatives gagnées par le PPP. Youssouf Raza Gilani devient Premier ministre. Pervez Musharraf est contraint à la démission et un civil, Asif Ali Zardari devient Président.

La pression islamiste s’accroît et les attentats se multiplient, faisant souvent des dizaines de morts. Depuis 2007, près de 3 800 personnes ont été tuées à travers le Pakistan lors de 400 attentats perpétrés par les talibans pakistanais ayant fait allégeance à Al Qaida. Les États-Unis ont de leur côté renforcé leur aide.
 
 
 

Pur acronyme

Le mot «Pakistan» est un néologisme. Le nom signifie «pays des purs» (de l’ourdou : pâk signifiant «pur» et stân signifiant «pays», avec un i de liaison). Mais c’est aussi un acronyme, relaté dans pamphlet de Choudhary Rahmat Ali Now or Never (« Maintenant ou jamais »), formé avec le nom des provinces du pays : le Pandjab, l’Afghania (actuelle province de Khyber Pakhtunkhwa), le Kashmir, l’Indus-Sind et le Baloutchistan, donnant ainsi une étymologie populaire et néanmoins hasardeuse, puisque le «Bengale oriental», appelé par la suite «Pakistan oriental» (futur Bengladesh) n’y est pas mentionné alors qu’il représentait plus de la moitié de la population du futur État lors de son indépendance en 1947.
(Wikipedia)
Hafez el-Assad sur le front du Golan, 1973
Hafez el-Assad sur le front du Golan, 1973
 

Religions

La Mosquée Royale, à Lahore.
La Mosquée Royale, à Lahore.
La majorité musulmane

L'islam sunnite est la religion majoritaire du Pakistan, avec 75 % de la population. 20 % des Pakistanais sont chiites et se concentrent dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane. Entre 1990 et 2007, les tensions entre sunnites et chiites ont provoqué la mort d'environ 4 000 personnes.

La minorité hindoue

Environ 3,2 millions d'hindous vivent au Pakistan, soit près de 1,9 % de la population.

La minorité chrétienne

Près de six millions de chrétiens vivent au Pakistan22. Ces derniers sont très mal acceptés par la population musulmane, ils n'ont pas accès aux hauts postes exécutifs, administratifs et politiques. Exclus par la majorité, ils vivent pour la plupart dans des bidonvilles sans accès à l'eau courante ni à l'électricité. De nombreux attentats les visent (presque une dizaine d'attentats entre 2000-2002 visant St Thomas's Church et F8 Church). Il y a aussi environ 20 000 Zoroastriens, 10 000 Bouddhistes (Extrême Nord-Est-Pendjab), et des animistes (les Kalashs de l'Hindou-Koush).
(source : Wikipédia)
 

Forte population en forte croissance

La population du Pakistan connaît toujours une forte croissance, malgré une baisse progressive de sa fécondité. D'après l'Institut (français) national d'études démographiques (INED), avec 31 ‰, le taux de natalité reste soutenu et supérieur à celui de son voisin indien (24 ‰), tandis que le taux d'accroissement naturel atteint 2,3 % annuellement, soit près de 4 000 000 de personnes supplémentaires par an. Début 2008, la population du pays était estimée à 167 762 040 habitants.

En 2007, l'INED avait prévu que la population du pays atteindra 228,8 millions d'habitants en 20251, soit une soixantaine de millions de plus qu'en 2007, ce qui implique une poursuite de la baisse de la fécondité du pays.