Info

Palestine : bilan d'un an à l'ONU

Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas après le vote de l'Assemblée générale à l'ONU en novembre 2012 / Photo AFP
Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas après le vote de l'Assemblée générale à l'ONU en novembre 2012 / Photo AFP

Le 29 novembre 2012, la Palestine accédait au statut d'"État observateur non-membre de l'ONU". Une sorte de promotion, qui rapprochait un peu plus le territoire de la reconnaissance de son statut d’État (membre permanent) - qui semble encore inaccessible. Qu'est-ce que ce statut d'observateur a changé pour la Palestine en un an ? Réponses avec Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique.

dans
L’année dernière, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, parlait « d’acte de naissance » quand la Palestine est devenue État observateur non-membre de l’ONU. Qu’est-ce ce que cela a réellement changé pour ce territoire ?

Pas grand-chose. Les atouts que le caractère d’État observateur non-membre donne à la Palestine n’ont pas été utilisés par les Palestiniens. Ils se sont même engagés, semble-t-il, dès la reprise des négociations avec Israël, à ne pas aller devant la Cour pénale internationale (CPI), à ne pas adhérer à la CPI, ni aux autres organisations de l’ONU, mis à part l’UNESCO.

Rien de concret n’a changé non plus sur le terrain. La Palestine est toujours occupée. Et ça ne changera rien même si, demain, ils obtiennent le statut d’État reconnu à part entière – ce qui est peu probable. Même s’ils l’obtenaient, il n’aurait de portée que s'il était suivi d'n certain nombre d’actes. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. C’est surtout une victoire symbolique et diplomatique.

Même si les États-Unis ne subventionnent plus (voir encadré) l’Unesco depuis l’entrée de la Palestine, ils servent pourtant d’intermédiaires dans les négociations qui ont repris depuis plusieurs mois entre Palestine et Israël…


Ça toujours été la position des États-Unis. Ils sont pour des négociations bilatérales et ils sont contre toutes négociations multilatérales et tout rôle de l’ONU. Donc ce n’est pas du tout  contradictoire. Au contraire. Les Américains ont toujours dit « négociez entre vous » mais surtout n’allez pas aux Nations unies. Cela fait 20 ans qu’ils négocient entre eux et ça n’aboutit pas.

L’Autorité palestinienne a–t-elle l’espoir de devenir membre permanent de L’ONU un jour ?


Cela reste quand même assez peu probable, car il faudrait pour cela passer devant le Conseil de sécurité, et l'on sait que les États-Unis utiliseront leur droit de veto (voir notre encadré). Et il y a un autre élément qui a l’air de n’avoir aucun rapport : l’accord qui a été conclu entre l’Iran et les États-Unis sur le nucléaire et qui a été très violemment critiqué par Israël.
D’une certaine manière, cet accord interdit aux États-Unis de faire pression sur Israël sur la question palestinienne. Ou en tout cas, cela rend plus difficile une pression sur Israël parce que la signature de l’accord a déjà provoqué un tel mécontentement des Israéliens, une telle mobilisation du lobby pro-Israélien aux États-Unis, que l’on ne voit pas le président américain Barack Obama affronter à nouveau ces lobbys sur le sujet palestinien et donc faire pression sur Israël sur cette question.


Quel poids pour l'Etat palestinien ?

29.11.2013Le Grand Angle du 64' de TV5MONDE
Avec Leïla Shahid, ambassadrice de la Palestine en Belgique, au Luxembourg et auprès de l'Union européenne, et Ofer Bronstein, ancien collaborateur d'Yitzhak Rabin et président du Forum international pour la paix au Proche-Orient. Débat animé entre les invités de Xavier Lambrecht.
Quel poids pour l'Etat palestinien ?

Comment devenir Etat membre de l'ONU ?

Siège de l'ONU à New York / Photo AFP
Siège de l'ONU à New York / Photo AFP
L'ONU ne peut pas reconnaître un État mais l'admettre dans ses rangs. Ils sont 193 pays à faire partie de l'organisation aujourd'hui. Pour devenir membre permanent, les pays doivent accepter la charte de l'ONU et déposer une demande soumise au vote du Conseil de sécurité. Si neuf membres du conseil l'accepte sauf veto de l'un de membres, la demande passe devant l'Assemblée générale.

La position d'observateur permanent peut être accordée à des États ou à des organisations . Sans pouvoir voter, ils peuvent assister aux réunions de l'Assemblée générale. Le Saint-Siège et maintenant la Palestine bénéficient de ce statut.