“Partez d’ici ! C’est dangereux !“

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“Partez d’ici ! C’est dangereux !“

Ce quartier de Djebel Mohsen à Tripoli abrite une communauté de 28 000 Alaouites (la communauté à laquelle appartient Bachar Al Assad) et de nombreux citoyens ont la double nationalité syro-libanaise. Partout, on voit des drapeaux, des posters et des slogans sur les murs en soutien au régime syrien. 

Le vendredi, après la prière, est un jour sensible. Il n’est pas rare de voir les communautés alaouites et chiites (pro-Assad) s’affronter avec les sunnites (anti-Assad). La tension est palpable. 

"Que faites vous là ? Qui êtes vous ? Pourquoi vous prenez des photos d’Al Assad ?" me lance un jeune à moto. Je suis la seule étrangère. Personne – hormis des journalistes - ne vient se balader dans ce quartier fortement déconseillé. L’armée est postée à chaque coin de rue.

Un autre ado me confie discrètement : "Partez d’ici ! C’est dangereux. Les services secrets libanais ou syriens vont vous suivre car il n’y a aucun touriste. Les pro-Assad sont armés par le Hezbollah et s’en prennent aux sunnites. Il y a eu des morts en février car la guerre en Syrie attise les rivalités et ça peut dégénérer. Restez pas là !". 

Les rues sont quasi désertes Sur les rares visages que l’on croise, on voit la méfiance et l’inquiétude. Et on voit aussi dépasser de certaines poches de jeans des cutters et des couteaux.