Parti pirate : partageurs de tous les pays, unissez-vous !

Le programme du Parti pirate en France. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Le programme du Parti pirate en France. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Obtenant 8,9% des suffrages et 15 élus, le Parti pirate (PP) allemand est devenu la troisième force politique du pays, devant les écologistes, aux dernières élections à Berlin. Ce parti pas comme les autres tient son congrès samedi 28 avril 2012. En France, les "pirates" se sont aussi regroupés et préparent les législatives. Mais quel est donc ce mouvement politique inventé en Suède et désormais présent dans près de vingt pays ?

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AFfiche de campagne du Parti pirate en France
AFfiche de campagne du Parti pirate en France
C'est à partir d'une phrase d'un informaticien suédois, Rick Falkvinge, au cours d'une soirée bien arrosée d'un 31 décembre que l'histoire du Parti pirate débute :"On ne demande qu'à partager de l'information, de la culture et ils nous traitent de pirates ? Et bien, on a qu'à monter notre parti politique et l'appeler Parti pirate !"

Comme la culture du "just do it" et du "do it yourself" (issue du réseau Internet) le veut, Rick Falkvinge crée la page web du Parti pirate le lendemain matin, 1er janvier 2006, plus par défi qu'autre chose. La blague un peu provocatrice se révélera une surprise de taille. En très peu de temps, des centaines de milliers d'internautes prennent d'assaut le site pour demander comment participer, oeuvrer pour cette nouvelle formation politique de défense des libertés, des droits de l'internaute et de la "légalisation du partage hors marché".



Le Parti pirate dans le monde. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Le Parti pirate dans le monde. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Le Parti Pirate International essaime des PP...même en France

Les partis pirates n'aiment pas qu'on parle d'eux en termes nationaux, et ils vous le rappellent dès qu'ils le peuvent, comme si cet aspect international pouvait être obturé par une "marque" nationale. Maxime Rouquet, vice président du PP, le dit d'emblée : "Nous ne sommes pas le Parti pirate France ou le Parti pirate français, mais le Parti pirate en France." La nuance a son importance pour ce jeune homme de 27 ans qui s'est présenté en 2009 dans les Yvelines aux législatives partielles et a recueilli alors un peu plus de 2% des suffrages. 

Le Parti pirate n'est pas une invention française, ni une marque, mais avant tout une nouvelle manière de faire de la politique, à partir d'une structure internationale créée au départ en Suède, le PPI (Parti Pirate International). Le Parti pirate en France existe donc depuis juin 2006. Il fait partie des premiers à avoir suivi le mouvement suédois mais peine à trouver ses marques et se faire connaître, comme son homologue allemand.

En Allemagne, une autre approche

Pourquoi le Parti Pirate en Allemagne est il arrivé à devenir la troisième force politique avec un résultat supérieur aux écologistes ? Il y a plusieurs facteurs qui jouent selon Maxime Rouquet :"Le mouvement a été structuré plus rapidement en Allemagne, ça vient peut-être de la culture germanique et des pays scandinaves pour la Suède. Ils ont su aussi très vite étendre certaines thématiques : on est souvent caricaturés comme un mouvement qui ne se préoccupe que d'Internet, alors que dès le début il y a eu des positions sur l'accès aux soins avec les problèmes des brevets sur les médicaments génériques, la transparence des institutions publiques, beaucoup de choses qui ne touchent pas la seule sphère numérique. Les Allemands ont su y ajouter des dimensions économiques, sociales..."

Le système électoral joue aussi pour beaucoup. "En France il faut présenter une candidature par siège de député, c'est donc très difficile pour nous qui sommes encore un petit parti, encore très peu connu en France, précise Maxime Rouquet. En Allemagne, ils sont basés sur un système à la proportionnelle : ils peuvent présenter des listes qui ne sont pas forcément complètes, c'est ce qui s'est passé à Berlin."

Que veut le Parti pirate ?

Le vice-président du PP en France résume la vocation du parti sans tergiverser :"Ce n'est pas un mouvement de politiciens qui cherchent à faire une carrière politique, à prendre le pouvoir ou obtenir une majorité au gouvernement, c'est vraiment un parti qui est là pour amener des propositions."

Et ces propositions sont avant tout orientées sur des thèmes de défense des libertés; "Protection des droits et des libertés fondamentales, aussi bien dans le domaine numérique qu'en dehors, la légalisation du partage hors marché, la lutte contre le fichage abusif, l'indépendance de la justice, la transparence de la vie politique et l'ouverture des données publiques", résume Maxime Rouquet.




Les moyens manquent en France, le mouvement peine à recruter

Lorsqu'on évoque les difficultés du Parti Pirate en France à s'organiser pour les législatives, son manque de moyens, de candidats, le peu d'adhérents en comparaison d'autres pays, le constat n'est pas nié par Maxime Rouquet : "Ca va être un gros handicap pour le parti, particulièrement parce que tous les candidats qui n'ont pas 3000 euros pour imprimer les circulaires, les bulletins de vote sont désavantagés. Mais on a mis en place un système de forfait : pour 300 euros vous pouvez avoir un dixième des bulletins dans le bureau de vote, on va faire avec des moyens limités parce que le Parti pirate en a peu, on espère que ça va dynamiser le mouvement, qu'il y aura plus d'adhésions..."

Les Partis pirates sont une nouvelle voie politique qui veut offrir aux déçus de la politique politicienne une autre manière de faire de la politique, hors des clivages gauche-droite, basée sur les droits de l'Homme et du Citoyen, avec comme ciment la défense des libertés et de la liberté d'expression, la transparence démocratique, la libération des données, l'échange culturel non-marchand.

Pour l'heure le Parti pirate en France compte 300 adhérents après 6 ans d'existence et un renouvellement des adhésions qui tend à faire penser que le mouvement attire mais ne fait pas rester ses adhérents. Un membre, un peu inquiet, nous indique : "Il y a beaucoup de renouvellement, l'idée attire du monde, des déçus de la politique par exemple, mais ensuite une fois dans le Parti, ils retrouvent les défauts d'une structure peut-être trop réglementée, trop lourde, une parole démocratique qui ne circule pas assez... Il faut que le PP en France soit plus horizontal, comme dans les mouvements de hackers, ce qui est le cas en Allemagne et en Suède."

“Un succès fulgurant en Allemagne“

28.04.2012Journal de TV5MONDE - Estelle Martin
- Correspondance à Berlin d'Antoine Heulard
- Entretien avec Baptiste Marcel, secrétaire du Parti Pirate en France
“Un succès fulgurant en Allemagne“

Parti pirate international



Partis pirates officiellement enregistrés

Allemagne : Piratenpartei Deutschland
Australie : Pirate party australia
Autriche : Piratenpartei Österreichs
Belgique : Parti pirate Belgique
Brésil : Partido Pirata do Brasil
Bulgarie : Piratska Partija / ?????? ????????
Canada : Pirate Party of Canada / Parti Pirate du Canada
Danemark : Piratpartiet
Espagne : Partido Pirata
Finlande : Piraattipuolue
France : Parti Pirate
Irlande : Pirate Party of Ireland / Páirtí Foghlaithe na hÉireann
Italie : Partito Pirata Italiano
Kazakhstan : ????????? ?????????? ???????? / ????????? ?????? ??????????
Luxembourg : Piratepartei
Parti pirate marocain
Nouvelle-Zélande : Pirate Party New Zealand
Pays-Bas : Piratenpartij Nederland
Portugal : Partido Português Pirata26
République tchèque : Ceská strana pirátská
Roumanie : Partidul Piratilor
Russie : ????????? ?????? ??????
Serbie : Piratska Partija Srbije
Slovénie : Piratska stranka Slovenije
Suisse : Parti Pirate Suisse
Royaume-Uni : Pirate Party UK
Pologne : Partia piratów
Suède : Piratpartiet
Tunisie : Parti pirate tunisien

ACTA : Fonctionnement dans l'UE

Au sein de l'Union européenne, le traité a été signé par tous les Etats membres, excepté Chypre, l'Estonie, la Slovaquie, l'Allemagne et les Pays-Bas. Ailleurs dans le monde, ACTA a été signé par l'Australie, le Canada, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Le Parlement ne peut apporter aucun changement au texte, il est tenu soit de l'approuver, soit de le rejeter. Il lui est toutefois possible de transférer le texte devant la Cour européenne de Justice afin de vérifier sa compatibilité avec le droit communautaire. Il n'est cependant pas tenu d'attendre l'avis de cette dernière pour prendre sa décision.

Comme il n'existe aucune limite légale de temps pour la réponse du Parlement, il est possible, en théorie, qu'ACTA reste indéfiniment « en attente ». Cela empêcherait le traité d'entrer en vigueur. 

Que se passera-t-il si le Parlement approuve le texte ?

La Chypre, l'Estonie, la Slovaquie, l'Allemagne et les Pays-Bas devront signer l'accord et tous les Etats membres le ratifier avant que le texte n'entre en vigueur sur le territoire européen. 

Et si le Parlement rejette le texte ?

ACTA n'entrera pas en vigueur dans l'Union européenne.

Néanmoins, si six pays en dehors de l'UE ratifient le texte, l'accord sera promulgué et effectif dans la zone géographique concernée.