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Philippines : Marawi assiégée depuis 100 jours, toujours pas d'issue

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Commentaire de Karine Henry

Aux Philippines, le président Duterte peine à venir à bout du siège de Marawi, cette ville située dans le sud de l'archipel et où sévit une coalition de groupuscules qui se réclament de l'Etat islamique. Le cap symbolique des 100 jours de siège a été franchi et toujours pas d'issue en vue.

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Les islamistes qui sèment la terreur dans la ville de Marawi se réclament de Daesh et ont déjà fait de nombreuses victimes. L'armée philippine vient de demander une rallonge budgétaire pour venir à bout du soulèvement jihadiste qui a ravagé la ville musulmane de Marawi, dans le sud du pays, et coûté plus de 50 millions de dollars.

Une crise qui coûte très cher

La crise de Marawi constitue un défi majeur pour le président philippin Rodrigo Duterte qui a mobilisé des milliers de militaires et imposé la loi martiale dans tout le sud de l'archipel. Il y a neuf jours, le chef de l'Etat affirmait que la bataille était dans sa "phase finale". Mais son gouvernement a révélé vendredi que le ministère de la Défense avait demandé une rallonge au Congrès : "Plus les combats durent, plus cela va coûter cher à notre gouvernement", a averti lors d'une conférence de presse le porte-parole de l'armée, le général Restituto Padilla. "C'est la raison pour laquelle notre gouvernement a jugé opportun d'accorder aux forces armées des Philippines des fonds additionnels pour nous permettre d'avoir ce dont nous avons besoin pour terminer ce combat".

Il a précisé que les forces gouvernementales avaient dépensé trois milliards de pesos (59 millions de dollars) et avaient besoin d'un milliard en plus pour se ravitailler en munitions, en carburant et en matériels divers. Il n'a avancé aucun calendrier pour la fin des opérations militaires.

5 mois de siège

Les combats avaient débuté fin mai à la suite d'une tentative ratée d'arrêter Isnilon Hapilon, l'un des hommes les plus recherchés au monde, considéré comme le chef de file du groupe Etat islamique en Asie du Sud-Est. Des centaines de militants armés, parmi lesquels des combattants étrangers, avaient alors semé le chaos dans Marawi, se retranchant dans des quartiers de la ville.

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L'armée, qui n'est toujours pas parvenue à les déloger, avait expliqué ensuite que la tentative de capture d'Hapilon avait poussé les jihadistes à lancer prématurément un projet de prise de contrôle de cette ville pour en faire un califat inspiré de celui créé par l'EI en Syrie et en Irak.
Près d'un demi-million de personnes ont fui à cause de ces combats dans lesquels 651 combattants jihadistes, 45 civils et 145 militaires ont péri, selon le gouvernement.