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Plus de 7 millions de Vénézuéliens défient Maduro dans les urnes

Referendum de l'opposition
Commentaire : M. Vallerey, M. Roubeaud Montage : Eric Fersing

Participation massive à la consultation organisée dimanche 16 juillet par l'opposition contre le président Nicolas Maduro et son projet d'Assemblée constituante au Venezuela. Un scrutin symbolique ensanglanté par une fusillade contre un bureau de vote à l'ouest de Caracas. Bilan : une femme tuée et trois blessés.

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Une femme a été tuée dimanche lors d'une fusillade devant l'un des quelque 2.000 bureaux de vote où l'opposition vénézuélienne organisait une consultation populaire symbolique sur le projet de Constituante du président Nicolas Maduro.

Selon le parquet, des inconnus à moto ont ouvert le feu sur les personnes qui patientaient pour voter dans un bureau dans l'ouest de Caracas, tuant une femme de 61 ans et faisant trois blessés, lors du premier fait de violence grave signalé au cours de cette consultation, légalement non-contraignante.

"Il ne s'était rien passé de grave, aucune tragédie à déplorer, mais Maduro et son régime ont vu" la grande affluence, a déclaré une responsable de l'opposition, Maria Corina Machado, en conférence de presse.

Par centaines de milliers, les électeurs, beaucoup vêtus de blanc ou aux couleurs du drapeau jaune, bleu, rouge du Venezuela, ont commencé dès dimanche matin à glisser leur bulletin dans des boîtes en carton installées dans des bureaux de vote à travers le pays par la coalition d'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD). 

Un acte de "désobéissance civile"

"Liberté !", lancent certains électeurs. Les bureaux de vote ont fermé en début de soirée, bien après l'heure prévue, des électeurs faisant toujours la queue.
Les chiffres de participation étaient attendus dans le courant de la nuit. Vers 01H00 GMT lundi, 62% des bulletins avaient été dépouillés, selon l'opposition.

Je manifeste mon mécontentement contre le gouvernement. Nous ne trouvons pas de médicaments, nous avons chaque fois moins d'argent pour acheter de la nourriture. Et eux, ils veulent juste rester au pouvoir, nous votons pour qu'ils le quittent,
a expliqué à l'AFP Tibisay Méndez, 49 ans, dans un bureau de vote du sud-est de Caracas. 

De longues files d'attente s'étaient également formées à Madrid, Miami ou encore Bogota, où résident d'importantes communautés vénézuéliennes. 

Présenté comme un acte de "désobéissance civile", ce vote, qui se déroule sans l'aval des autorités, a pour but de manifester le rejet par la population de la future Assemblée constituante, selon la coalition des antichavistes - du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013 - réunis au sein de la MUD.

Pour un "Gouvernement d'union nationale"                 

Selon l'institut de sondages Datanalisis, près de 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80% dénoncent la gestion par M. Maduro d'un pays quasi paralysé et traumatisé par des manifestations au cours desquelles près d'une centaine de personnes ont été tuées depuis le 1er avril.

Cette crise politique survient par ailleurs sur fond de chute des cours du pétrole qui frappe de plein fouet l'économie, dont 95% des devises proviennent de l'or noir.
La Constituante, dont les 545 membres seront élus le 30 juillet, aura pour mission de modifier la Constitution pour assurer, selon M. Maduro, la "paix et la stabilité économique".

Le projet est fermement rejeté par les antichavistes qui y voient un moyen pour le gouvernement de rester au pouvoir, en contournant l'Assemblée nationale où l'opposition est majoritaire depuis 2016.

"Il est tombé, il est tombé, ce gouvernement est tombé !", chantaient des adversaires du président dans la capitale en agitant des drapeaux vénézuéliens, au milieu d'automobilistes qui jouaient du klaxon.

"Ne pas perdre la tête"                  

D'après les projections de l'institut de sondages Datanalisis, quelque 10,5 millions de personnes, sur 19 millions d'électeurs, étaient prêts à voter à la consultation qui a reçu le soutien de l'Eglise catholique, des Nations unies, de plusieurs pays d'Amérique latine et d'Europe ainsi que des Etats-Unis.

"C'est une démonstration indiscutable et historique", a déclaré un des leaders de l'opposition, Henrique Capriles, sans toutefois avancer de chiffre.
Le chef de l'Etat a appelé ses adversaires au dialogue en les encourageant à "ne pas perdre la tête" après ce vote. 

Dimanche également, le gouvernement a invité les citoyens à venir tester les machines de vote qui seront mises en place pour élire les membres de la Constituante le 30 juillet. Objectif: ne pas laisser le champ libre à l'opposition ce jour-là.