Présidentielle en Azerbaidjan : Ihlam Aliev assuré d'un 3e mandat

On vote aujourd'hui en Azerbaïdjan, petite république du Caucase. Petite, mais riche et dirigée depuis dix ans d'une main de fer par le président sortant Ilham Aliev. Cette fois encore, le scrutin laisse peu de place au suspense. Fils et successeur de l'ancien président, Ilham Aliev devrait être réélu pour un 3e mandat. Victime d'une campagne de muselage par le régime en place, l'opposition conteste d'ores et déjà la légitimité de cette élection. De fait, le régime actuel a tout fait pour écarter les adversaires gênants en amont du scrutin présidentiel.

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Principal candidat de l'opposition, Rustam Ibragimbekov a été empêché de se présenter. La raison invoquée par la commission électorale du pays ? Sa double nationalité russe et azerbaïdjanaise. Dramaturge célèbre, oscarisé avec le réalisateur russe Nikita Mikhalkov pour le film Soleil Trompeur sorti en 1994, Rustam Ibragimbekov avait publiquement annoncé son intention de défier le chef de l’Etat et de tenter de mettre fin à son système.


Ecarté de la course, il a laissé sa place à un candidat de rechange, Ilgar Mammadov, dirigeant du mouvement d’opposition "Alternative républicaine". L’homme est actuellement en prison dans l'attente de son procès : il est accusé d'avoir fomenté des protestations d'une rare intensité contre le gouvernement Aliev. Cette fois, la Commission électorale a estimé que les nombreuses signatures de soutien recueillies par le candidat Mammadov avaient été falsifiées. Exit le deuxième candidat de l’opposition.


Jamil Hasanli est donc le troisième candidat présenté par le Conseil national des forces démocratiques réunissant les principaux partis d'opposition. Sa candidature a été finalement acceptée par la Commission électorale. "Je suis candidat dans cette élection avec le but ultime de mettre fin à 20 ans de pouvoir de la dynastie Aliev dans mon pays et de restaurer la démocratie azérie," a-t-il déclaré dans une tribune publiée dans le quotidien Britannique The Guardian.

S’il est élu, Jamil Hasanli a promis de rester à la tête du pays pour "un mandat de deux ans seulement pour surveiller la transition vers la démocratie et l’Etat de droit". Parmi ses propositions de campagne figurent la lutte contre la corruption, la fin du contrôle oligarchique de l’économie nationale, la libération des prisonniers politiques, la limitation des pouvoirs présidentiels, le renforcement du Parlement et l’ouverture du processus de paix avec l’Arménie.

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09.10.2013
Selon les sondages à la sortie des bureaux de vote, le président sortant Ilham aliev, remporterait la présidentielle avec près de 84 % des voix. Il l'emporterait très largement sur l'opposant Jamil Hasanli (8 % des voix), qui dénonce des fraudes massives et avertit qu'il ne reconnaîtra pas les résultats du scrutin. (AFP)

Ilham Aliev, candidat d’une élection jouée d’avance