Présidentielle vue par les Français de l'étranger : Franck vit aux Etats-Unis

Franck a beau vivre depuis plus de 20 ans loin de la France, il reste très impliqué dans la vie politique nationale. 
Franck a beau vivre depuis plus de 20 ans loin de la France, il reste très impliqué dans la vie politique nationale. 
©Infographie M.Bruneau/TV5MONDE

Troisième épisode de notre série sur la présidentielle française vue par les expats, les Français de l'étranger. De l’autre côté de l’Atlantique, Franck reste très attaché à son pays d'origine qu'il a quitté depuis 22 ans. Il suit assidûment la campagne. Parce que l’état de la France « le désole », il accorde une grande importance à voter encore pour le même parti.

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Un rêve de gosse qui dure depuis 22 ans. « J’ai toujours voulu vivre aux Etats-Unis. Quand j’étais petit, je regardais toutes les séries, tous les films américains », raconte Franck. Mais à 48 ans, son amour pour sa première patrie n’a pas faibli. 

La première fois qu’il traverse l’Atlantique, c’est en tant que professeur de français pour un programme d’échange. C'est à ce moment-là qu'il rencontre sa première épouse, une Américaine, avec qui il revient en France. Il finit par repartir avec elle aux Etats-Unis, en Californie du Sud. Quand il rencontre sa deuxième épouse, il se déplace en Floride, puis tous deux déménagent à New York. Aujourd’hui, ils vivent avec leurs deux enfants dans une petite ville à la périphérie de Boston. 

©Infographie M.Bruneau/TV5MONDE


Désormais, il s’occupe de l’organisation des formations continues pour les médecins d’une compagnie d’implants dentaires. 

S’il a acquis depuis longtemps la nationalité américaine, il n’en oublie pas pour autant son pays d'origine. « Je me sens Français dans l’âme. Évidemment, je me sens aussi américain, mais avec les derniers résultats électoraux, ici, cela m’effraie au plus haut point que Donald Trump soit notre nouveau président. » 

Revenir en France, un jour ? 

« Si on en avait l’occasion, on rentrerait en France, parce que ma femme californienne nourrit un très grand amour pour la France. Elle a toujours eu envie de vivre à Paris. Mais pour l’instant, ce ne serait pas raisonnable d’y retourner. Ce serait difficile d’y trouver des boulots aussi bien payés qu’ici. »

Franck et sa famille aux Etats-Unis où il vit depuis 22 ans. 
Franck et sa famille aux Etats-Unis où il vit depuis 22 ans. 
©DR

Franck garde un lien affectif et familial fort avec la France, où il ne vit plus depuis plus de vingt ans : « Ma mère, mon frère, et tous mes amis d’enfance habitent toujours en France ».  Par les médias, il suit aussi de près l’actualité de son pays d’origine et met un point d’honneur à voter à chaque élection et à s’impliquer en tant que citoyen dans la vie politique française. 

Pourquoi s’intéresser à la présidentielle ? 

« L’état de la politique en France me désole. Malgré ça, je continue de voter. La France, c’est quand même mon pays d’origine, le pays dans lequel j’ai grandi. J’y ai tous mes souvenirs d’enfance, cela a forgé mon caractère. Et puis peut-être qu’un jour, on rentrera en France, ou quand je serai à la retraite j’y passerai plus de temps … »

Pour moi, c’est un grand manquement à la démocratie de vouloir absolument écraser ce parti.

Il suit activement la campagne pour cette présidentielle 2017. Cette fois encore, il votera pour le même parti. Celui qu’il a choisi en 1988. « Bien que le Front national soit l’un des plus grands partis de France, tout le monde va se liguer contre lui, tout comme en 2002, avec Chirac et Jean-Marie Le Pen. Les gens voteront pour François Fillon plutôt que pour Marine Le Pen ou de s’abstenir. Pour moi, c’est un grand manquement à la démocratie de vouloir absolument écraser un parti comme ça, qu’il n’ait aucune représentation à l’Assemblée nationale ou quasiment aucune. » 

Je suis devenu américain à condition de pouvoir garder ma nationalité française.

Une des mesures de la candidate FN l’a particulièrement interpellé : « Marine Le Pen a indiqué qu’elle voudrait supprimer la double nationalité. [Elle a affirmé dans un entretien donné au Liban au journal L’Orient-Le Jour que la rétroactivité de cette mesure n’était pas encore tranchée et que des accords bilatéraux avec certains pays pourraient être possibles, ndlr. ] Cela m’inquiète un peu parce que je ne pourrais pas abandonner mon passeport français, je préférerais abandonner ma nationalité américaine. Je suis devenu américain à la condition que je puisse garder ma nationalité française. Même si ce n’est pas mon activité présente, j’ai une formation de professeur de français pour les étrangers. Donc la culture et la langue françaises, j’y suis vraiment attaché. »

Quid des affaires d'emplois présumés fictifs des proches de François Fillon (candidat Les Républicains) et l’emploi de deux collaborateurs de Marine Le Pen pour le parti sur les fonds du Parlement européen ? Aux Etats-Unis, « l’affaire du Penelope Gate est passée inaperçue », relève Franck. Il considère que l’affaire sur François Fillon « illustrerait bien pour moi la corruption qui est installée au sein des partis politiques. Mais pour l'instant, j'accorde à Monsieur Fillon comme à Mme Le Pen, la présomption d'innocence jusqu'au jugement. » 

Pour Franck, Marine Le Pen reste une candidate qui « se bat pour le peuple, comme Bernie Sanders, pour qui j’ai voté aux Etats-Unis. »

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