Primaire à droite : Fillon vainqueur, Sarkozy éliminé

François Fillon, le  18 novembre 2016
François Fillon, le  18 novembre 2016
(AP Photo/Thibault Camus)

Coup de théâtre à droite : François Fillon remporte ce premier tour avec une avance considérable devant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy,  qui a reconnu sa défaite et a annoncé vouloir aborder désormais sa vie "avec plus de passions privées et moins de passions publiques".

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L'ancien premier ministre François Fillon, 62 ans,  arrive très largement en tête des premiers résultats partiels du premier tour de la primaire de la droite et du centre. François Fillon est en tête avec 44,1% des voix, suivi par Alain Juppé, 71 ans,  à 28,3%. Nicolas Sarkozy arrive troisième avec 20,9%
Des chiffres qui restent encore à affiner.
François Fillon sera donc opposé à Alain Juppé
 dimanche prochain pour le second tour.

Derrière, Nathalie-Kosciusko Morizet recueillerait 2,5% des voix, Bruno Le Maire 2,5%, Jean-Frédéric Poisson 1,4% et Jean-François Copé ferme la marche avec 0,3%.

Le pari réussi de François Fillon

François Fillon joue la carte du rassembleur.
Il s'est adressé aux électeurs qui n'ont pas voté pour lui en leur envoyant un "message d'estime et de rassemblement". Le vainqueur du premier tour s'est

François Fillon, vainqueur du premier tour, quelques minutes après l'annonce du résultat
François Fillon, vainqueur du premier tour, quelques minutes après l'annonce du résultat
(capture écran)

également adressé à ses concurrents. "Ils ont défendu leurs idées et ont rendu service à la démocratie. La défaite ne doit humilier personne car on aura besoin de tout le monde" tout en indiquant avoir une "pensée particulière" pour Nicolas Sarkozy.

François Fillon n'avait pas toujours été le candidat lisse que certains imaginaient. Ainsi, l'été dernier,  il avait attaqué l'ancien président sur sa probité : "Qui imagine le général de Gaulle  mis en examen ?", allusion directe aux soucis judiciaires de l'ancien Président concerné dans deux affaires, Bygmalion et l'affaire des écoutes.

Depuis son QG, Alain Juppé a fait une annonce qui a eu une étrange résonnance : "J'ai décidé, a-t-il dit,  de continuer le combat !"

Est-ce à dire qu'il se soit à un moment posé la question de renoncer au second tour ? "C'est un combat projet contre projet qui s'engage. Ce premier tour constitue une surprise, dimanche prochain sera une autre surprise !", s'est-il exclamé.

Mais, à 22h passé, Nicolas Sarkozy a pris la parole devant des supporters un peu sonnés. Après les inévitables remerciements à ses soutiens, l'ex chef de l'Etat a reconnu sa défaite, lucide : "Je ne suis pas parvenu à convaincre une majorité des militants". Puis il a estimé être "plus proche de François Fillon" :  "François Fillon me parait avoir le mieux compris les défis qui se présentent à la France", affirmant qu'il votera pour lui. Un peu acide, il s'est ensuite adressé à la presse : "Je remercie tous les journalistes qui m'ont suivi tout au long de cette campagne, avec beaucoup de passion".
Après un éloge à sa femme Carla, il a lâché :  "Il est temps pour moi d'aborder une vie avec plus de passions privées et moins de passions publiques. Sans "aucune amertume et aucune tristesse..."
Une déclaration solennelle en forme d’adieux à la vie politique.

Le temps des ralliements


Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate battue,  a annoncé son intention : "Au deuxième tour, je soutiendrai Juppé pour défendre mes idées".
NKM a remercié les "quatre millions d'électeurs" qui ont permis "une victoire pour la démocratie". Avant d'apporte son soutien à Alain Juppé, elle a indiqué qu'elle n'avait "jamais couru après les places ni après les postes".

Puis Bruno Le Maire  qui obtient 2,6% d'après les résultats partiels, a annoncé sur Twitter son ralliement : "Je voterai pour François Fillon au second tour de la primaire."
Je me battrai jusqu'au bout pour l'alternance en 2017 : je serai un acteur du rassemblement", a-t-il écrit sur le réseau social.
Un ton volontaire qui tranche singulièrement avec une de ses déclarations du 2 octobre dernier. Il affirmait alors "Que les choses soient claires une bonne fois pour toutes : je ne me rallierai à AUCUN candidat au 2nd tour et je gagnerai la #primaire2016. "
Raté.

A 23h10, Jean-Frédéric Poisson n'avait donné aucune consigne de vote pour le second tour.


Participation record


Thierry Solère, président de la commission d’organisation de la primaire estime que " la participation est beaucoup plus importante que ce qu’on imaginait ». « Nous avons eu dans beaucoup d’endroits des demandes de réassort de bulletins de vote et d’enveloppes, les stocks de second tour sont déjà utilisés."  Une tendance qui pourrait porter la participation définitive au-dessus de 4 millions de votants.