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Nucléaire : les Suisses approuvent la nouvelle loi sur l'énergie

énergie suisse
Par nos partenaires de la RTS

Les Suisses ont décidé dimanche 21 mai 2017 de sortir à moyen terme du nucléaire en acceptant, à 58,2%, par référendum, la nouvelle loi sur l'énergie interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique.

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Les Suisses ont voté favorablement par référendum ce dimanche la nouvelle loi sur l'énergie qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables. Ce projet de révision de la loi sur l'énergie est le résultat d'un long processus initié suite à l'accident nucléaire de Fukushima, en mars 2011 au Japon.

"Pour tous les écologistes, qu'ils soient politisés ou non, c'est un jour historique dans le pays", a déclaré la députée des Verts, Adèle Thorens Goumaz, à la télévision suisse publique RTS.

"La Suisse va entrer dans le 21e siècle énergétique, ce sera un signal fort", a-t-elle dit.

5 réacteurs

Quelques semaines après la catastrophe au Japon, la Suisse, qui compte cinq réacteurs nucléaires produisant environ un tiers de l'électricité du pays, décidait de sortir du nucléaire vers 2034, tout en indiquant que cette date restait théorique. Les autorités précisaient alors que les centrales devraient vraisemblablement être débranchées après environ 50 ans, voire 60 ans, d'exploitation.

Depuis cette décision, le gouvernement suisse - qui fonctionne sur le principe du consensus et est formé de sept ministres représentant les quatre grands partis - travaille à l'élaboration de la stratégie énergétique. Porté par la conseillère fédérale Doris Leuthard, le plan énergétique doit permettre à la Suisse de sortir par étapes du nucléaire d'ici 2050, en renforçant les énergies renouvelables et en encourageant les économies d'énergie. 

L'usine nucléaire de Gösgen, en Suisse

Le premier volet, sur lequel les Suisses se sont prononcés vise notamment à réduire la consommation d'énergie. Elle fixe notamment des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par an : à savoir, par rapport au niveau de l'an 2000, une réduction de 16 % d'ici à 2020 et de 43 % d'ici à 2035. La stratégie énergétique interdit la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garanti.

'Douche froide ?'

Le Parlement soutient la nouvelle loi, mais le premier parti suisse, l'UDC, parti populiste anti-européen et anti-immigration, a demandé un référendum, estimant que la mise en oeuvre du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l'approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et les panneaux solaires.

D'après l'UDC, la transformation de l'ensemble du système énergétique coûterait quelque 200 milliards de francs suisses (183 milliards d'euros) jusqu'en 2050. Pour un ménage de quatre personnes, cela représente 3.200 francs suisses (2900 euros) par an de frais et d'impôts supplémentaires selon l'UDC. "Payer 3200 francs de plus ... pour une douche froide ?" ironise l'UDC dans ses affiches électorales que l'on peut voir dans les rues et gares de la Confédération.

Le gouvernement réfute ce calcul et estime qu'un ménage de quatre personnes ayant une consommation électrique moyenne devra payer 40 francs suisses (36,5 euros) par an de plus qu'aujourd'hui. Il souligne par ailleurs que ce surcoût pourra être compensé par une meilleure efficacité énergétique, avec par exemple une réduction des frais de chauffage.

Les 2/3 des Suisses favorables

Fin 2016, les électeurs suisses ont déjà rejeté une initiative populaire des Verts, soutenue par la gauche, qui prévoyait de limiter à 45 ans la durée de vie d'un réacteur. D'après le dernier sondage publié le 10 mai par l'institut gfs.bern, 56 % des Suisses sont favorables à la nouvelle loi tandis que 37 % s'y opposent, alors que 7 % des sondés sont indécis. Mais l'écart s'est réduit, car fin mars, 61 % des sondés se disaient encore pour le projet du gouvernement et 30 % contre.

La très grande majorité des électeurs suisses, appelés à se prononcer plusieurs fois par an lors de multiples référendums, ont déjà voté par correspondance au cours des deux, trois semaines précédant l'élection.