Réfugiés: Théo Francken menace de fermer les frontières belges

Une femme regarde les bougies et la peinture du réfugié Aylan Kurdi, 3 ans, sur un mur devant le quartier des institutions européennes à Bruxelles, dimanche 13 septembre.
Une femme regarde les bougies et la peinture du réfugié Aylan Kurdi, 3 ans, sur un mur devant le quartier des institutions européennes à Bruxelles, dimanche 13 septembre.
© AP Photo/Virginia Mayo

Interrogé par la chaîne belge VRT, le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Théo Francken, a estimé que la fermeture de sa frontière par l'Allemagne ne laisserait peut-être pas d'autre choix à la Belgique que d'en faire de même.

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Face au nombre de réfugiés qui se sont présentés sur son territoire ces dernières semaines, l'Allemagne a en effet choisi de fermer sa frontière avec l'Autriche. "Si cela signifie que tout le monde vient subitement en Belgique, je ne vois pas d'autre option que de fermer nous-mêmes nos frontières", a déclaré ce matin l'élu nationaliste. L'Autriche a laissé entendre qu'elle risquait elle aussi de fermer ses frontières, la République tchèque, elle, a déjà solidement renforcé ses contrôles. "Si l'Autriche, l'Allemagne et la Tchéquie ferment leurs frontières intérieures, alors les gens vont chercher un pays vers lequel ils peuvent aller. Vous aurez donc un effet cascade et c'est de facto la fin de Schengen", a encore estimé le Secrétaire d'Etat. 

Des contrôles aux frontières ne seraient que provisoires, souligne-t-il. "Je crois en Schengen. L'espace économique libre et la libre circulation sont de bonnes choses. Nous sommes un pays de logistique, c'est donc très important pour nous", a-t-il ajouté.

Ces déclarations adviennent alors qu'un Conseil extraordinaire des 28 ministres de l'Intérieur de l'Union européenne sur la question de l'accueil des quotas de répartition pour l'accueil des demandeurs d'asile est prévue ce lundi.

Tergiversations et incohérences européennes

Réagissant également au durcissement de la position de Berlin, la Commission européenne a jugé que cette annonce "soulignait l'urgence" de parvenir à un plan européen de répartition des nouveaux arrivants à la veille d'une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE à Bruxelles.

Cette réunion devait justement décider de la répartition des réfugiés par quotas, voulue par l'Allemagne et la Commission, qui exhorte les pays européens à se répartir l'accueil de 160 000 réfugiés au total.

Les discussions s'annoncent compliquées. A l'instar de la plupart des pays de l'Est de l'Europe, la Slovaquie a réitéré dimanche son opposition à un tel système, assurant qu'elle allait "faire tout (...) pour convaincre l'Europe que les quotas sont un non-sens".

Dimanche soir, une réunion technique destinée à préparer ces entretiens s'est tenue à Bruxelles et a dû être ajournée à ce lundi matin après plus de quatre heures de discussions, a indiqué une source européenne sous couvert de l'anonymat.

Porte-drapeau de la ligne dure face au flux de migrants, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a salué comme "nécessaire" la décision de l'Allemagne.

La Hongrie a enregistré samedi un nouveau record d'arrivées, avec 4330 entrées.

Des milliers de migrants se sont livrés ce week-end à une véritable course contre la montre pour tenter de gagner le pays, avant la fermeture hermétique avec la Serbie à l'aide de barbelés. Ils rejoignaient la frontière en marchant à pied, côté serbe, le long d'une voie ferrée jonchée de détritus abandonnés par ceux qui les ont précédés.

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