Roumanie, l'abolition comme acte fondateur

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Une décision nécessaire à l'après Ceausescu

par Rodica Pricop, rédactrice en chef adjointe à Nine O’Clock et éditorialiste à Bucarest Hebdo - 22 fevrier 2010

La peine de mort n’a plus de place dans les sociétés modernes, bâties sur les principes du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de l’État de droit et de la démocratie.
En Europe, la Biélorussie reste seule à continuer encore à exécuter des femmes et des hommes, et s’est opposée au moratoire mondial sur les exécutions, adopté par l’Assemble Générales des Nations Unies en 2007. Un simple coup d’œil sur le résultat du vote lors de l’adoption du Moratoire nous montre que les pays qui ont un pauvre record dans la défense des droits de l’homme se retrouvent sur la liste des pays qui ont voté contre ou se sont abstenus. Parmi ces pays, on retrouve une majorité de pays musulmans. Mais aussi les États-Unis, un pays qui est considéré comme le champion de la défense des droits de l’homme dans le monde, et qui vient encore d’exécuter un condamné, tandis qu’une autre injection létale est programmée au Texas le 24 février.

Malgré le fait que deux tiers des pays du monde ont aboli la peine capitale, le nombre des exécutions à travers le monde est stupéfiant. Selon Amnesty International, 2 390 exécutions ont eu lieu dans 25 pays et 52 autres ont prononcé au moins 8 864 condamnations à mort en 2008.
Alors, que faire ?

Ne serait-il pas temps de réformer radicalement au niveau mondial les droits de l’homme ? Ne serait-il pas temps de reformuler le troisième article de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme - « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne », en y ajoutant : « les États n’ont pas le droit de prendre la vie de leurs citoyens ».
La Roumanie a aboli la peine de mort voilà tout juste 20 ans, et c’était le premier acte adopté par le gouvernement issu de la Révolution. C’était la reconnaissance du fait que la peine de mort était l’expression la plus inhumaine de la dictature la plus barbare de l’Europe de l’Est. Le chemin vers la démocratie et le respect des droits de l’homme dans mon pays a commencé là, avec l’abolition de la peine de mort. Le chemin a été difficile et sinueux, et même s’il existe encore des écarts, le retour en arrière est hors de question.

Rodica Pricop