Ryannair et Jean-François Copé se partagent la Carpette anglaise

Décerné chaque année par des défenseurs de la francophonie, le "Prix de l'Académie de la Carpette anglaise" couronne ironiquement une personnalité ou institution française (étrangère, pour son "prix spécial") qui s'est "particulièrement distinguée par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain".

Le secrétaire général de l'UMP (parti conservateur français au pouvoir) Jean-François Copé et la compagnie aérienne Ryannair sont les lauréats de l'édition 2011.

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And the winner is...

Jean-françois Copé le 30 mars 2011 (AFP)
Jean-françois Copé le 30 mars 2011 (AFP)
Par 8 voix sur 12, le Prix de l' "Académie de la Carpette anglaise" 2011 a été décerné à Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP (parti de droite présidé par Nicolas Sarkozy), pour sa "vigoureuse promotion de l’usage de la langue anglaise, de la maternelle aux grandes écoles, et pour faire de la télévision publique en anglais aux heures de grande écoute un des enjeux de son parti et de la prochaine élection présidentielle" ( Les Français must speak English, 3 février 2011).

Le Directeur général de Ryannair Michael O'Leary (AFP)
Le Directeur général de Ryannair Michael O'Leary (AFP)
La compagnie Ryanair obtient pour sa part le prix spécial du jury à titre étranger pour avoir "imposé, en Espagne, aux femmes enceintes de plus de 28 semaines, un certificat médical exclusivement rédigé en anglais, y compris pour les vols intérieurs, et en menaçant de ne plus desservir les aéroports ne se pliant pas à cette exigence" (AFP, Madrid, 13 septembre 2011).

Créée en 1999 par des défenseurs de la francophonie, la "Carpette anglaise" est un prix d'indignité civique décerné ironiquement chaque année à un membre des élites françaises (ou non françaises pour son "prix spécial") qui "s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain au détriment de la langue française".

Présidée par l'écrivain Philippe de Saint Robert, l'Académie comprend diverses personnalités dont Hervé Bourges ou Dominique Noguez.

La dirigeante socialiste française Martine Aubry s'était vue décerner le Prix 2010 pour le "recours systématique" de son parti à "des slogans anglo-saxons" (« care », « What would Jaurès do ? »).

Un tableau d'honneur prestigieux

les précédents lauréats de la “Carpette anglaise“


2010 : Martine Aubry,
premier secrétaire du Parti socialiste, et à ses conseillers en communication, pour leur recours systématique à des slogans anglo-saxons.

2009 : Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP, « Sciences po »), pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid.

2008 : Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes.

2007 : Mme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances qui communique avec ses services en langue anglaise.


2007 : la police de Genève, pour avoir diffusé une publicité intitulée « United Police of Geneva ».

2005 : France Télécom, opérateur de téléphonie présidé par Didier Lombard, pour la mise en place de services et produits aux dénominations anglaises (« Business Talk, Live-Zoom, Family Talk... »), désigné par huit voix contre quatre pour Yves Daudigny, président du conseil général de l'Aisne pour sa campagne publicitaire en anglais « L'Aisne, it's Open ! ».


2002 : Jean-Marie Colombani, directeur de la publication du Monde qui publie sans la moindre réciprocité, et à l’exclusion de toute autre langue, un supplément hebdomadaire en anglo-américain tiré du New York Times.

2000 : Alain Richard, ministre de la Défense, pour avoir obligé les militaires français à parler anglais au sein du Corps européen alors qu’aucune nation anglophone n’en fait partie.

1999 : Louis Schweitzer, PDG de Renault, pour avoir imposé l’usage de l’anglo-américain dans les comptes rendus des réunions de direction de son entreprise (juste devant Claude Allègre, sélectionné pour avoir déclaré à La Rochelle, le 30 août 1997, « Les Français doivent cesser de considérer l’anglais comme une langue étrangère »).