Scrutin présidentiel tendu au Sri Lanka

Mahinda Rajapakse, président sortant du Sri Lanka
Mahinda Rajapakse, président sortant du Sri Lanka
© Alexander Nikiforov

Les Sri Lankais se sont rendus aux urnes pour le scrutin présidentiel qui oppose Mahinda Rajapakse, l’homme dirige le pays depuis 10 ans, à Maithripala Sirisena, Ministre de la Santé jusqu’à novembre dernier. Celui-ci est soutenu par l’opposition, dont le principal parti tamoul. 

dans
Sous haute-tension. L’élection présidentielle sri lankaise s’est déroulée dans un climat d’autoritarisme et de corruption, obligeant des observateurs indépendants à se rendre sur place, notamment dans le nord du pays où les tamouls sont nombreux, afin de dissuader les tentatives d’intimidation de l’armée dans les bureaux de vote. Il y a peu, le président avait d’ailleurs assuré que sa victoire serait « retentissante », bien qu’il soit incapable de réconcilier son peuple. Le 6 janvier, le Secrétaire d’Etat américain John Kerry avait appelé Mahinda Rajapakse pour « insister sur la responsabilité du Gouvernement afin de faire en sorte que les élections se déroulent sans violence ni intimidation et que le décompte des voix soit crédible et transparent ».

Sébastien Farcis, correspondant de TV5 Monde à New Dehli, revient sur le contexte de cette élection.

Dans quel contexte se déroule cette élection présidentielle ?


Mahinda Rajapakse, le président sortant, est populaire auprès de la majorité bouddhiste du Sri Lanka, qui le voit comme le héros de la paix ayant mis fin à 30 ans de guerre civile sanglante. Depuis son arrivée au pouvoir, de nombreuses infrastructures ont été construites, aussi bien des ports que des écoles, notamment grâce aux investissements de la Chine qui voit en cette île voisine de l’Inde un intérêt stratégique.
L’homme fort du pays qui brigue sont troisième mandant avait mis fin de manière controversée à des décennies de guerre contre les Tigres tamouls en 2009. Environ 40 000 civils, principalement des tamouls hindous, auraient été tués à la fin du conflit à la suite d’un assaut de l’armée dans le nord du pays. Démentant l’ampleur du massacre, Mahinda Rajapakse refuse une enquête approfondie malgré les pressions de la commission des Droits de l’Homme de l’ONU.

Qui est son principal opposant ?

Maithripala Sirisena était membre du Gouvernement de Mahinda Rajapakse jusqu’en novembre 2014. Dénonçant le népotisme et la corruption du clan présidentiel, il a alors pris la tête de l’opposition. Les frères du président sortant sont effectivement ministres de la Défense et de l’Economie et président du Parlement. D’autres membres de la famille sont également à la tête d’entreprises publiques. Pour Maithripala Sirisena, qui a pu observer ce système de l’intérieur, « cela favorise la corruption, qui a atteint des sommets inédits ».
Pour espérer vaincre le président sortant et son clan, Maithripala Sirisena mise principalement sur le vote de la minorité tamoule et des populations des grandes villes.