Séisme au Japon : au moins 9 morts, nombreuses répliques

Sujet Japon Gilbert
Commentaires de David Gilbert

Les répliques se sont succédé après le tremblement de terre de magnitude 6,4 qui a fait au moins neuf morts, des centaines de blessés et d'énormes dégâts dans le sud-ouest du Japon. Ce vendredi, les secouristes s'affairent encore au milieu des décombres.

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Le bilan du séisme de ce jeudi 14 avril qui a frappé la préfecture de Kumamoto, sur l'île de Kyushu s'élève pour l'heure à neuf morts et près de 900 blessés, selon le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga. Il a été suivi de nombreuses et violentes répliques qui ont provoqué l'affolement de la population.

Mouvements de panique

Après la première secousse, de magnitude 6,5 - mais d'intensité 7 sur l'échelle japonaise qui mesure le ressenti - un niveau par lequel les personnes et les meubles peuvent être projetés en tous sens, des dizaines de personnes se sont rassemblées, affolées et parfois en pleurs, devant la mairie de Kumamoto.  La profondeur du foyer du séisme était faible, de 11 km seulement.

Certains habitants sont restés dormir sur des parkings publics, s'enveloppant dans des couvertures pour se protéger du froid, par crainte de revenir à l'intérieur et que les bâtiments ne s'écroulent. 123 répliques "Je n'ai pu sortir de chez moi qu'après cinq répliques, elles étaient tellement fortes, j'avais trop peur de bouger", a confié un commerçant, interrogé à la télévision. Dans sa boutique tout était sens dessus dessous, étagères, tables et articles divers répandus sur le sol.

Dégâts matériels

Au total, "123 répliques ont été ressenties", d'une intensité parfois égale à celle du séisme du 11 mars 2011, a précisé Gen Aoki, sismologue de l'agence de météorologie japonaise.

Des dizaines de maisons, pour la plupart vétustes et en bois, ont été totalement ou en partie détruites, poussant quelque 44 000 habitants à trouver refuge dans des centres d'accueil où ils ont reçu du riz et de l'eau potable. Une petite fille de huit mois a été sortie vivante des décombres, a rapporté la chaîne de télévision publique NHK.

L'exécutif a déclaré l'état de catastrophe naturelle et dépêché sur place près de 6500 hommes - pompiers, policiers, soldats des forces d'autodéfense. Le château de la ville, vieux de 400 ans, a été touché, avec une partie du toit et des murs endommagés.


"Nous allons tout faire pour éviter une seconde catastrophe à cause des répliques et répondre de façon adaptée aux besoins des personnes affectées", a déclaré le Premier ministre, Shinzo Abe. "Nous avons localisé divers dégâts avec un hélicoptère des forces d'autodéfense doté d'un système à infrarouge et des personnes sont peut-être bloquées sous des décombres. Il est à craindre que le bilan ne s'alourdisse", avait dit plus tôt le ministre de la Gestion des désastres, Taro Kono.

Usines à l'arrêt

Plusieurs grands groupes japonais, dont Toyota, Bridgestone, Honda et Sony, ont décidé vendredi de suspendre les opérations dans leurs usines situées dans la région, afin de faire un point avec les fournisseurs et d'évaluer les dégâts.

Des routes ont été abîmées et les transports perturbés. Un train à grande vitesse Shinkansen, qui ne transportait pas de passagers, a déraillé et le trafic ferroviaire a été interrompu pour vérification des voies, comme c'est le cas à chaque tremblement de terre dans l'archipel.

Au moins 14 000 foyers ont été privés d'électricité, des coupures de gaz et d'eau ont aussi été signalées.

Centrales nucléaires épargnées

Aucune anomalie n'a été relevée dans la centrale nucléaire de Sendai où se trouvent les deux seuls réacteurs du Japon en service, assure la compagnie qui alimente la région, Kyushu Electric Power. Les autres installations nucléaires situées dans la région secouée, à savoir celles d'Ehime et Genkai, n'ont pas été affectées, selon les informations rapportées par les opérateurs.

Le Japon, situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre. Les Japonais sont encore plus sensibles aux risques depuis le tsunami de mars 2011 qui a tué quelque 18 500 personnes et entraîné l'accident nucléaire de Fukushima.