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Séisme au Japon : les enfants d'Onagawa

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Un an après le séisme et le tsunami qui a suivi, rencontre avec les enfants d'Onagawa. 90% d'entre eux ont perdu leur maison le 11 mars 2011.
Le photographe japonais Ruy Voelkel souhaite faire grandir, évoluer ces enfants face à un environnement détruit, à détruire, temporairement reconstruit pour que chacun retrouve son environnement.

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Sora Aoki, 5 ans

Quand le tremblement de terre est survenu, Sora était à la maison avec ses grands-parents et son grand-oncle. Ils ont trouvé refuge dans les escaliers de la maison, Sora serrant contre elle la télécommande de la télévision pendant plus de 3 heures. 
En septembre 2011, le typhon inonda la maison des grands-parents. Heureusement, la grand-mère donnant l’alerte, Sora et sa mère, enseignante, ont pu s’échapper. Le lendemain, la route était devenu une rivière.
Sora voulait devenir conducteur de train avant le tsunami. Mais depuis, la gare des trains a été détruite et Sora ne voit plus les trains défiler, une grande tristesse pour lui.

Fuuta Chiba, 15 ans

Fuuta vit avec son jeune frère, ses parents et sa grand-mère dans leur maison qui ne fut pas détruite par le tsunami. Avec ses camarades de classe, il préparait les examens pour le passage au lycée quand le tremblement de terre est survenu. Les enseignants, leur demandant de ne pas regarder dehors, les ont rassemblé sur un étage supérieur pour les mettre un peu plus à l’abri. Curieux, Fuuta jeta un œil à l’extérieur et effrayé, il réalisa combien les vagues du tsunami étaient hautes.
Aucune personne de son entourage n’a disparu mais, de ses camarades, beaucoup ont perdu amis et parents.
La photo a été prise à l’emplacement d’un immeuble de bureau et proche du Marine Pal, lieu d’informations et de commerce des produits de la mer.
Fuuta, à l’avenir, souhaite devenir architecte ou joueur de football.

Kazuki Murakami, 15 ans

Kazuki vit dans un logement temporaire avec son père, sa mère et son jeune frère.
Il préparait ses examens pour l’obtention de son diplôme lorsque le tsunami est arrivé. Ils se sont précipités à l’extérieur du gymnase pour aller vers la réserve d’eau, l’endroit le plus haut pour être inatteignables visualisant les horreurs du tsunami.
Kazuki a été pris en photo devant les restes du Marine Pal, lieu d’informations et de commerce des produits de la mer.

Izumi Sasaki, 18 ans

Izumi vit dans un logement temporaire avec son père et sa mère. Elle était à l’hôpital où elle travaille habituellement lorsque le tsunami est arrivé. Terriblement inquiète, elle n’a pas pu joindre ses parents pendant plusieurs heures. 
Izumi a été prise en photo là où son train, qu’elle prend habituellement pour aller à l’école, passe. Izumi veut travailler pour le gouvernement.

Kanon Sato, 9 ans

Kanon vit avec sa mère et son père dans un appartement à Urashulu, proche de Onagawa. 
Après l’avoir récupéré au cours du soir de l’école élémentaire, sa mère l’emmena en voiture vers le centre d’évacuation du lycée d’Onagawa mais le tsunami avait déjà enseveli les rues. Elles restèrent dans la voiture en attendant que l’eau se calme. Elles réussirent finalement à atteindre leur maison impraticable. Elles finirent par trouver le sommeil dans leur voiture.
Kanon a été prise en photo devant l’emplacement du supermarché de ses parents. Les employés, avec qui elle adorait jouer, n’ont pas survécu au tsunami. Aujourd’hui elle rêve d’avoir sa propre boutique de pâtisserie.

Kobeni Takahashi, 8 ans

Kobeni vit avec son frère aîné et ses parents dans un appartement que le Gouvernement a mis à leur disposition. 
A l’alerte, Kobeni commençait à rentrer à la maison avec son frère. Leur père, vendeur indépendant dans la revente de matériaux, est venu en voiture à leur rencontre. Sur le chemin pour rejoindre le centre d’évacuation du collège d’Onagawa, la voiture a été brutalement soufflée par le tsunami. 
Les grands-parents du côté de son père et sa grand-mère ont disparu dans le tsunami. 
Kobeni a été prise en photo devant son centre d’apprentissage et veut devenir hôtesse de l’air.

Kyoto Takahashi, 10 ans

Il vit avec sa sœur Kobeni Takahashi et ses parents dans un appartement de location payé par le gouvernement, les logements temporaires étant déjà complets. 
A l’alerte, Kyoto commençait à rentrer à la maison avec sa sœur.  
Kyoto, pris en photo devant les filets de pêche, adorait partir à la pêche et rêve de devenir programmeur de jeux vidéo.

Tanno Ryo, 15 ans

Tanno vit dans un logement temporaire avec son frère, ses parents et grand-parents. 
Il était en train de préparer ses examens pour son diplôme lorsque le tremblement de terre est survenu. Il a pu juste se protéger des débris d’une feuille de plastique. Son père travaillait à la centrale nucléaire à Onagawa, il mit plusieurs jours pour rentrer vers chez lui, les pieds rougis de sang. Sa mère travaille dans une compagnie d’assurance. 
Tanno a été pris en photo à la place de l’ancienne Mairie, toute sa famille est en vie et il rêve de devenir créateur de jeux vidéo.

Misaki Hoschizawa, 15 ans

Misaki vit dans sa maison à Ishinomaki, restée intacte après le tsunami, avec ses parents et son frère aîné.
Au moment du tsunami, il préparait son examen à l’intérieur du gymnase, tout comme Tanno, Chiba et Murakami.
Il a été pris en photo dans la rue où, avec ses amis, il avait l’habitude de faire du vélo. Son père travaille à la centrale nucléaire et sa mère comme cuisinière à l’hôpital. Elle prépare aussi des repas pour les personnes âgées.
A l’avenir Misaki aimerait avoir un travail qui donne le sourire aux gens. Dans le tsunami, il a perdu beaucoup de choses matérielles, mais autour de lui, tout le monde va bien et il est en bonne santé.

Yuta Takahashi, 18 ans

Yuta vit avec sa mère, agricultrice, dans un logement temporaire dans la ville de Hebita. Il n’a pas connu son père et son frère aîné vit dans une autre ville.
Quand le tsunami est survenu, il était dans un magasin près de chez lui. Il se dirigea vers le lycée de Hebita au centre d’évacuation. Le lycée de Onagawa, où la photo a été prise, a été fermé il y a deux ans. 
Yuta veut devenir mécanicien.


Yamauchi Yui, 5 ans et Yamauchi Sotaro, 4 ans

Yui est une fillette et Sotaro, un petit garçon. Ils vivent actuellement dans un logement temporaire à Onagawa avec leur père et mère. Le père des enfants était à son travail, dans la ville de Ishinomaki, proche de Onagawa quand le tsunami est arrivé et n'a pu rentrer à Onagawa, seulement 5 jours plus tard. Il ne pouvait pas même pas les appeler. 
La mère était en train d'aller chercher les enfants à la garderie. Sur le chemin du retour, ils ont été surpris par le tsunami et se sont réfugiés au centre d'évacuation de la garderie. Ils ont passé la nuit au centre puis ont pu être hébergés dans la maison de leur grand-mère. Les enfants étaient effrayés par le bruit provoqué par le tsunami mais ont été fascinés par la superbe couleur bleu du ciel. 
Ils ont été photographiés à l'endroit où le projet de plantation de milliers de cerisiers devait voir le jour. Onagawa était très célèbre pour ses cerisiers avant le tsunami. Ils ont tous été emportés et détruits et la population souhaite aujourd'hui que les cerisiers reprennent vie.
Plus tard, Yui une chef-cuisinière qui chante et danse. Ou une nourrice. Sotaro, lui, rêve de devenir un héros.

Yuka Yokoe, 10 ans

Yuka vit avec sa sœur aînée, ses parents et grands-parents dans un logement temporaire.
Yuka était sur le chemin du retour de l’école quand le tsunami est arrivé et elle s’est réfugiée dans le centre d’évacuation de l’école élémentaire en attendant que ses parents arrivent. Elle a pu retrouvé l’ensemble de sa famille saine et sauf.
Yuka, prise en photo devant les anciens locaux des pêcheurs, rêve de devenir chanteuse.

A savoir

Cette série de portraits concerne des enfants âgés de 4 à 18 ans. Le travail de l'artiste a été possible grâce à la collaboration avec l'Association Katariba's Collaborative School qui a mis en place le programme ONS (Onagawa Night School) pour les enfants de Onagawa après la terrible catastrophe du 11 mars 2011.

Le photographe

Ryu Voelkel est né en 1976 à Tokyo d'une mère japonaise et d'un père allemand. Passionné de photographie, il devient photographe indépendant en 2005. Désormais basé en Europe, il suit les plus grands événements sportifs pour la presse internationale. 
En janvier 2012, Ryu Voelkel part à la rencontre des enfants d'Onagawa. En tant que Japonais vivant hors du pays dans lequel il a passé son enfance, il souhaitait apporter son regard sur les événements du 11 mars 2011. Le Japon est souvent considéré comme un pays âgé, Ryu nous montre à travers ces portraits que ce sont les enfants qui surmontent le traumatisme et construisent le Japon de demain.

Les chiffres du désastre

07.03.2012AFP
Le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima survenus le 11 mars 2011, ont fait des milliers de morts et blessés et causé des dégâts colossaux, mobilisant des moyens exceptionnels pour circonscrire la crise.

Voici les chiffres-clefs de cette triple catastrophe.


SEISME:


Vendredi 11 mars 2011, 14H46 locale (05H46 GMT)
Magnitude 9,0, épicentre 38 degrés nord, 142,9 degrés est, dans l'Océan Pacifique, à une profondeur terrestre sous-marine de 24 km


TSUNAMI:


Alerte au tsunami lancée 3 minutes plus tard.
Hauteur de vague mesurée: plus de 15 mètres en plusieurs endroits (Ishinomaki, Soma, Ofuna, etc.)


BILAN:


15.846 morts confirmés (au 7 février 2012)
3.317 personnes encore portées disparues
(Aucun mort ou disparu du fait des radiations dues à l'accident de Fukushima).
6.011 blessés


REFUGIES:


341.411 personnes réparties dans tout le pays
52.882 logements provisoires construits


DESTRUCTIONS:


128.558 bâtiments totalement détruits
916.883 bâtiments en partie détruits
22 millions de tonnes de déchets totalisés dans les trois préfectures les plus touchées (Miyagi, Iwate, Fukushima)
AIDE:
163 pays ont apporté leur aide (dons, envois de d'équipes et matériels de secours) au Japon


RECONSTRUCTION:


L'Etat a approuvé 4 rallonges budgétaires de reconstruction pour l'année fiscale d'avril 2011 à mars 2012 totalisant un montant de 20.500 milliards de yens (plus de 200 milliards d'euros)