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Sels d'aluminium dans les vaccins : le rapport oublié de l'ANSM

Un rapport scientifique commandé par l'Agence nationale de sécurité du médicament sur la neurotoxicité des sels d'aluminium contenus dans les vaccins n'a pas été rendu public depuis mars 2017. Pourtant une partie des avis scientifiques basés sur une étude du professeur Romain Gherardi pourrait mettre en cause les sels l'aluminium et nécessiterait de nouvelles recherches. 

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A quelques mois de l'obligation vaccinale — de 8 nouveaux vaccins pour la petite enfance en plus des 3 actuels — voulue par la ministre de la Santé, le rapport de l'ANSM resté confidentiel depuis mars 2017, et dévoilé par le quotidien Le Parisien, risque de créer la polémique. Ce rapport commandé par l'Agence du médicament, contient des avis scientifiques basés sur une étude du professeur Romain Gherardi, chef du service de pathologies neuromusculaires à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, au sujet des risques de neurotoxicité liés aux sels d'aluminium contenus dans la majorité des 11 vaccins qui seront obligatoires pour les jeunes enfants dès le premier janvier 2018.

Ce rapport n'est en aucun cas "anti-vaccin", il ne pointe pas un danger direct pour la santé causé par les vaccins en tant que tels, mais il soulève de nombreuses questions scientifiques sur la neurotoxicité possible des sels d'aluminium contenus dans ceux-ci, et injectés dans les muscles des enfants en bas-âge, de 2 à 18 mois. 

Risques de lésions musculaires et fatigue chronique

Le professeur Romain Gherardi a pu effectuer l'étude sur les sels d'aluminium — qui a mené au rapport "oublié" par l'ANSM de mars — en bénéficiant d'une subvention de 150 00€ en 2014, mais qui n'a pas été suffisante, selon lui. Le chercheur n'est pas très content, et le fait savoir : l'ANSM a beau avoir conclu qu'il fallait approfondir les études, aucun signal n'a été donné dans ce sens depuis lors, et le rapport est resté entre ses murs sans que personne ne soit mis au courant de ses conclusions à l'extérieur.

Pourtant, malgré des débats au sein des scientifiques, les sels d'aluminium testés sur des rats permettent au Professeur Gherardi d'affirmer dans une interview toujours au Parisien du 22 septembre 2017, que "Nos études montrent qu'à trop rester dans les cellules, ils [les sels d'aluminium, ndlr] peuvent provoquer un burn-out immunitaire, c'est-à-dire fatiguer notre système immunitaire, voire le dérégler. Nous faisons le lien entre la myofasciite à macrophages (lésions musculaires, ndlr) et la multiplication du syndrome de fatigue chronique associée à des troubles cognitifs."

Les sels d'aluminium —  qui stimulent les substances immunitaires des vaccins — sont utilisés en adjuvant depuis les années 1920 et ont de nombreux défenseurs dans le monde médical. Le plus fréquemment, cette défense tient au fait que la dose de sels d'aluminium est très faible dans les vaccins, que la fréquence d'exposition est bien moindre qu'avec d'autres produits en contenant (comme les cosmétiques), et le fait que si sa dangerosité était réelle elle aurait déjà créé des alertes sanitaires vue la quantité de population vaccinée. Le professeur Romain Gherardi bat en brèche ces affirmations, et explique : "La grande différence avec le vaccin, du fait de l'injection dans le muscle, c'est qu'il passe entièrement la barrière cutanée. Sous une forme d'agrégats insolubles, il est propulsé à l'intérieur de notre organisme où il s'installe (…) ​L'immense majorité [des patients vaccinés, ndlr] ne présente en effet aucune atteinte clinique du système nerveux. Mais l'augmentation du nombre d'injections risque d'augmenter mécaniquement le nombre de problèmes. Notre étude pointe également qu'il y aurait une prédisposition génétique, d'où la nécessité de poursuivre nos recherches pour confirmer, comprendre et y remédier."

Rassurer le public en étudiant plus ou nier en bloc ?

Romain Gherardi travaille sur la myofasciite à macrophages depuis longtemps. Déjà en 1998, avec le docteur Michelle Coquet, il publiait une première étude sur cette pathologie encore inconnue, causée par les sels d'aluminium, selon la communauté de chercheurs qui l'accompagnait. Ce lien de cause à effet a été vivement contesté par d'autres scientifiques, comme c'est encore le cas aujourd'hui.

Interrogé par Le Monde en 2012, le professeur Gherardi se plaignait du manque d'études poussées sur le sujet : "Ce que devient l'aluminium vaccinal dans l'organisme n'a presque pas été étudié : tout repose sur le postulat qu'il se dissout dans le liquide interstitiel avant d'être évacué, dit-il. En réalité, les seules expériences ont été faites sur deux lapins pendant vingt-huit jours. Ces résultats ont été extrapolés à l'homme, sans aucune étude sur le long terme."

Depuis, avec cette nouvelle étude, le chercheur estime qu'il faut aller plus loin pour comprendre à quel point ces affections — liées pour lui aux sels d'aluminium vaccinal — touchent potentiellement certains publics prédisposés génétiquement et surtout confirmer de façon certaine ou infirmer les effets neurotoxiques précis de cet adjuvant contenu dans les vaccins. 

C'est ce principe d'investigation que défend aujourd'hui le professeur Gherardi, plutôt qu'une" mise sous cloche des études et des rapports". Le chercheur défend les vaccins mais pense que si le public devient réfractaire à ceux-ci, ce n'est pas parce que des dangers sont mis à jour, mais à l'inverse parce que les recherches sur les vaccins ne sont pas prises en compte par les autorités sanitaires et que l'information à leur sujet devient par essence sujette à caution. La pensée du médecin  pourrait être résumée à : "On craint et on refuse ce que l'on ne connaît pas et ce sur quoi on a un doute, mais on accepte ce qui a été scientifiquement prouvé comme sans danger".

Sachant que si Romain Gherardi disposait des 500 000€ qu'il demande pour aboutir ses recherches et que la neurotoxicité des sels d'aluminiums dans les vaccins était prouvée, cela ne remettrait pas en cause les vaccins. En effet, le chercheur explique qu'il existe des alternatives à l'adjuvant aluminique, comme le phosphate de calcium…