Sénégal : ces étudiants qui veulent participer au développement du pays

Selon le dernier recensement publié en 2013, l’âge moyen des Sénégalais s’élève à 22,4 ans. Cette jeunesse, majoritairement urbaine, entend bien participer au dynamisme et au développement de son pays. Rencontre avec quatre étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop, la plus grande du pays. Ils nous confient leurs projets professionnels et leurs considérations sur la Francophonie.

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Waly Edouard Ndiaye, 23 ans

(photo Léa Baron)
Etudiant en 3e année de médecine, il veut se spécialiser en pédiatrie et aussi en gastro-hépato-entérologie.

« Je dois encore faire quatre années d‘étude : une année de stage clinique et une année de thèse. A la sortie de mon cursus, cela risque d’être compliqué de trouver un travail parce qu’il n’y a pas beaucoup d’hôpitaux au Sénégal. De nombreux étudiants sont actuellement à la recherche d’un emploi après leur doctorat.

Ils ont du mal à trouver du travail surtout, ici, à Dakar. En province, les demandes sont plus nombreuses. Mais en général, les gens n’aiment pas partir à la campagne. Ils préfèrent rester dans la capitale pour se spécialiser et gagner de l’argent.

Ce n’est pas évident mais j’espère quand même trouver un emploi. Si des opportunités de travail se présentent en France, aux Etats-Unis ou au Canada, je partirai là-bas. Pourquoi pas ! Je parle français, anglais, wolof, diola et espagnol.

Mais je suis un patriote et j’aimerais bien apporter ma pierre à l’édifice, ici, au Sénégal.

Le français a une place importante parce que c’est la langue officielle de notre pays comme dans pas mal d’autres pays africains. Pour étudier en médecine dans ces pays, il faut parler le français parce que tous les cours et les livres sont dans cette langue même si d’autres sont en anglais. Et dans les hôpitaux, c’est le français que l’on parle le plus souvent ! »

Fatoumata Binta Bah, 22 ans

Etudiante en 5e année de pharmacie et veut devenir biologiste de laboratoire.

« Il me reste encore deux années d’étude avant de soutenir. Etant donné la spécialisation de mon domaine, cela reste compliqué de trouver un travail de biologiste à Dakar surtout si on n’est pas pistonné, si on n’a pas de parents assez riches pour payer la formation ou nous aider à avoir un poste dans un quelconque laboratoire.

Mais maintenant que je suis en cinquième année, je vais jusqu’au bout et j’assumerai les conséquences de mes choix !

Etant donné que ma famille vit en grande partie à Dakar, si je trouve un travail dans la capitale, ce serait une grande chance. Mais si j’ai une opportunité de bouger, je le ferai parce que c’est mon avenir avant tout. Mes parents m’ont toujours soutenue et m’ont toujours dit « vas-y jusqu’au bout, ne regarde pas les autres, fais ce que tu veux, et sois fière de ce que tu es ! ».

Je parle français, anglais, un peu d’espagnol, wolof, peul, soussou, malinké, …

Le français tient une place extrêmement importante pour moi car j’ai fait tout mon cursus dans cette langue. A Dakar, les meilleurs livres sont encore en français, même si on en trouve certains en anglais non traduit. Mais le français est pour le moment la langue professionnelle, donc la maîtriser c’est le mieux. »

Et l’anglais n’est enseigné à l’université que depuis deux ans. Avant, on arrêtait nos cours  au collège. Donc jusqu’à maintenant, le français restait notre principale langue d’étude et de recherche. »


Cheikhou Ibrahima Diouf, 25 ans.

Etudiant en 4e année d’administration publique, il envisage de devenir magistrat…et, un jour, président du pays.

« J’ai un frère en troisième année de droit et mon père est juriste. C’est lui qui m’a influencé pour faire ce cursus.

L’accès au métier de magistrat est difficile parce qu’on y accède par un concours qui sélectionne les meilleurs. Mais, comme ici au Sénégal, il y a certaines irrégularités… ce ne sont pas toujours les meilleurs qui sont pris. Mais j’espère qu’une fois mes études terminées, je pourrai devenir magistrat par le biais de ce concours.

Je ne parle que français et wolof. Le français est notre langue officielle. C’est celle avec laquelle on a acquis une certaine éducation et des connaissances.
Elle a un poids en Afrique. Mais je trouve qu’aujourd’hui, ici au Sénégal, on devrait s’ouvrir à d’autres langues comme l’anglais qui est aujourd’hui la langue internationale.

Tout étudiant en droit envisage, un jour, de partir en France pour continuer ses études. Parce qu’on a vu ceux qui sont partis là-bas revenir vraiment excellents. J’envisage de partir en France pour acquérir d’autres connaissances. Mais je reviendrai pour travailler pour mon pays. »

Anna Diouf, 27 ans

Etudiante en Master 1 de géographie humaine. Elle aimerait travailler dans des ONG.

« Dans un an, je serai sur le marché du travail mais cela reste difficile de trouver un emploi car on nous demande beaucoup d’expériences et de stages qui ne sont pas inclus dans notre cursus. Parfois, il faut encore suivre des formations pour pouvoir trouver du travail. Ça coûte cher !

Ici on fait des formations générales mais ce n’est pas toujours en adéquation avec ce qu’on nous demande dans le milieu professionnel.

J’aimerais bien avoir d’autres expériences professionnelles à l’étranger mais je veux vraiment rester au Sénégal pour participer au développement de mon pays.

Le français c’est une langue d’avenir puisque nous étudions dans cette langue. C’est une langue aussi professionnelle car on travaille en français, même si au niveau international, c’est toujours l’anglais qui domine. »