Sida en France : premiers dépistages à domicile

La ministre française de la Santé Marisol Touraine lors du lancement des nouveaux tests dé dépistage du VIH.
La ministre française de la Santé Marisol Touraine lors du lancement des nouveaux tests dé dépistage du VIH.
©capture d'écran du compte Twitter de Marisol Touraine

Après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, les tests de dépistage du sida à faire chez soi sont désormais disponibles en vente libre dans les pharmacies françaises. Comment ça marche ? Quelles sont les limites de ce test ? Explications.

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« Il y a dans notre pays environ 30 000 personnes qui sont porteuses du VIH sans le savoir. Nous avons besoin de trouver de nouvelles manières de favoriser, de faciliter les dépistages », a expliqué ce lundi 14 septembre, Marisol Touraine, ministre française des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes.

Ce meilleur dépistage pourrait venir d'un nouveau test désormais disponible en France sans ordonnance dans les pharmacies. Il peut être remis à toutes les personnes qui le demandent y compris le mineurs.  

Attendu depuis longtemps par les organisations de lutte contre le sida, cet « autotest » étiqueté « CE » répond aux critères réglementaires européens. Son fonctionnement est simple et ressemble à celui des tests de glycémie pour les diabétiques.  

L' autotest, comment ça marche ?

Dans une boîte, se trouvent une petite aiguille pour se piquer le bout d’un doigt soigneusement nettoyé. Il faut ensuite essuyer la première goutte de sang qui apparaît pour placer la deuxième sur la pointe de l’autotest. Le résultat s'affiche dans les 15 à 30 minutes.

Le test permet de détecter dans le sang humain les anticorps produits par l’organisme en cas d’infection au VIH lors d’ « une prise de risque (rapport sexuel non protégé ou partage de matériel d’injection) ou une exposition accidentelle (rupture de préservatif, contact avec du sang, etc.) datant de plus de trois mois avant la réalisation du test », souligne le site Sida info service, contre six semaines pour un dépistage habituel par prise de sang en laboratoire. 

Avant ces trois mois, un résultat négatif peut être trompeur car le virus n’aura peut être pas encore stimulé suffisamment la création d’anticorps pour qu’ils soient détectés par l’autotest.

Par ailleurs, seul le virus du sida peut être décellé par ce test et aucune autre maladie sexuellement transmissible comme la syphilis, les hépatites virales pour l’herpès.

S’il s’avère positif, la séropositivité de la personne doit être vérifiée par un test classique d’analyse que ce soit en laboratoire ou dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuite (CDAG).

Certains tests gratuits

Son coût - entre 25 et 30 euros selon les pharmacies - reste élevé pour certains. Alors certains tests pourront également être délivrés gratuitement « dans les structures de prévention du VIH et via les associations de patients engagées dans la lutte contre le SIDA, afin que les personnes les plus à risque, mais surtout les plus éloignées du dépistage, en bénéficient en priorité », selon la volonté de la ministre française de la Santé.


En France, 150 000 personnes vivent avec le VIH et 20% d’entre elles ignorent toujours qu'elles sont malades et risquent de contaminer d’autres personnes. « Le Sida n’est ni une maladie d’ailleurs, ni une maladie du passé, explique la ministre Marisol Touraine. Avec 6000 nouveaux cas dépistés chaque année en France, le risque de contamination est encore bien réel dans notre pays. Nous devons rester mobilisés. En encourageant, d’abord, le recours au préservatif, de loin le meilleur outil de prévention contre le Sida. Mais aussi en allant, en plus, vers les populations moins réceptives aux outils classiques de prévention. C’est le travail que font aujourd’hui sans relâche de nombreuses associations. »

Vers la fin d'une épidémie

Ce test à faire seul, chez soi, pourrait convaincre plus de personnes à le faire, qui ne souhaitent pas se rendre à l’hôpital ou dans une association. Mais le revers de cet autotest est aussi de devoir affronter seul le résultat s’il est positif. Un service téléphonique est donc toujours disponible sur la plateforme Sida Info Service, 7 jours /7 et 24 heures /24 au 0800840800 (appel confidentiel, anonyme et gratuit).

Mais les associations, comme Aides, y voit surtout une étape nécessaire vers la fin de cette épidémie. « Nous savons désormais qu'une personne séropositive dépistée tôt et correctement prise en charge a une espérance de vie proche de celle d'une personne séronégative, souligne Aurélien Beaucamp, président de AIDES. Nous savons aussi que grâce à un bon suivi et une mise sous traitement précoce, elle ne transmet plus le virus. Si nous parvenons à dépister et à accompagner dans le soin toutes les personnes séropositives qui s'ignorent, l'épidémie de sida s'éteindra en quelques années ». Le nombre de décès liés au sida ont diminué de 41% par rapport au pic de 2005, selon les chiffres d'Onusida de 2015.