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Sommé de partir, Yanis Varoufakis règle ses comptes avec les créanciers de la Grèce

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a démissionné de ses fonctions de lundi 6 juillet 2015.
Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a démissionné de ses fonctions de lundi 6 juillet 2015.
©AP Photo/Daniel Ochoa de Olza

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a annoncé lundi sa démission au lendemain de la victoire du non au référendum sur les propositions des créanciers d’Athènes. Les marchés saluent le départ de ce ministre trublion, la monnaie européenne s’est redressée sur les marchés asiatiques.

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Yanis Varoufakis a-t-il été sacrifié sur l’autel de bonnes relations entre l’Union européenne (UE) et la Grèce. Nommé ministre des Finances après la victoire des législatives de janvier, il a démissionné de son poste au lendemain du référendum qui lui a pourtant donné gain de cause. Paradoxalement, il avait fait le pari d’une victoire pour son camp et avait même mis son fauteuil ministériel en jeu.

Tout laisse croire que sa tête a été demandée par les Européens en échange d’une reprise rapide des négociations qui ont été rompues il y a douze jours. « Peu de temps après l’annonce des résultats du référendum, on m’a informé d’une certaine préférence de certains membres de l’Eurogroupe, et de « partenaires associés », pour mon absence des réunions ; une idée que le premier ministre Alexis Tsipras a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd’hui », a expliqué Yanis Varoufakis sur son blog lundi matin.

« La grande légitimité apportée à notre gouvernement » doit être « investie immédiatement dans un OUI à une solution adéquate », a-t-il ajouté, appelant à un accord comprenant « une restructuration de la dette, moins d’austérité, une redistribution en faveur des plus démunis, et de vraies réformes ».

« Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté », a dit Yanis Varoufakis, habitué des sorties publiques.

La démission du ministre grec qualifié par certains comme un trublion au sein de l’Eurogroupe (club des ministres des Finances de la zone euro) n’a pas laissé les marchés indifférents lundi matin. La monnaie européenne s’est redressée dans les échanges asiatiques face au dollar.

Yanis Varoufakis, professeur d’économie, a été une personnalité dérangeante au sein de l’Eurogroupe. Il a agacé ses homologues plus d’une fois en venant en retard aux réunions. « Nous sommes pessimistes sur les résultats de la réunion, a déclaré un ministre européen à son égard il y a une dizaine de jours. Au lieu de faire des propositions concrètes et réalistes, il nous fera de nouveau un cours d’économie. » Il y a quelques semaines, il avait été même écarté des réunions du Groupe de Bruxelles, une autre appellation pour la Troïka (Fonds monétaire international, Banque européenne et Commission) à la demande de ces derniers. Le ministre n’avait toutefois pas perdu son titre de chef négociateur grec.

Le ministre partant a joué un rôle moteur durant la semaine qui a précédé le référendum de dimanche. « Autant couper mes bras que de signer le projet d’accord présenté par les créanciers », a-t-il déclaré deux jours avant le scrutin décisif. Savourant la victoire du « Non » dimanche soir, il a déclaré que « la valeur du résultat du référendum importante, comme celle de tous les combats pour les droits démocratiques ». Dimanche soir, il était tout prêt à revenir.


Lire l'article original sur le site du journal Le Temps