Strauss-Kahn arrêté : la presse américaine se déchaîne

Avec l'affaire DSK, les Américains ressortent le cliché du Français coureur de jupons. L'aubaine était trop belle pour la presse américaine qui ne s'embarrasse pas de la présomption d'innocence. Analyse de Matt Sanchez, journaliste à Fox News, la chaîne de télévision conservatrice.

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DSK lors d'un meeting pendant les primaires socialistes de novembre 2006, à Berre-l'Etang. (©AFP)
DSK lors d'un meeting pendant les primaires socialistes de novembre 2006, à Berre-l'Etang. (©AFP)
La presse américaine adore les "sex scandals", ces mini-drames jutueux ou chaque détail devient un nouveau point de départ pour réexaminer le tout.

Le vrai scandale de sexe peut éclabousser n’importe qui, mais ce sont les cas des puissants, des stars de cinéma, des "beautiful people" et, bien sûr, des politiciens qui nous attirent et provoquent toutes sortes de réactions.

Un jour après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, patron du Fonds Monétaire International, pour agression sexuelle contre une femme de ménage dans un hôtel de luxe, la presse américaine a largement présenté ce scandale comme une comédie devenue farce à cause du protagoniste.

Il est certain que, pour l’audience américaine, le détail le plus risible de toute cette histoire reste la nationalité de l’accusé: francaise.

Des concubines, aux enfants illégitimes et aux divorces inopportuns... Dans l’imaginaire américain, les politiciens français sont reconnus pour un certain "laissez-faire" en ce qui concerne les moeurs de leurs leaders. Russe, Britannique, Chinois : ce genre dérapage n’aurait jamais fait la une aux Etats-unis s’il s’agissait d’un politicien originaire d’un autre pays.


La une du Daily News, le 15 mai 2011.
La une du Daily News, le 15 mai 2011.
"Grand séducteur" ou "pervers" ?

Et, avec raison, le personnage principal de cette histoire porte le surnom du "grand séducteur", alors que les journaux à New York lui ont trouvé d’autre surnoms.

"Le Perv" ("Le pervers",) c’était le titre du New York Daily News, accompagné d’une photo où DSK passe sa langue sur ses lèvres. Le New York Daily News est plutôt à gauche, mais il n'y plus de solidarité quand l'opportunité de se moquer d'un rival est si tentante.

La caricature du Français coureur du jupon reste un stéréotype de comédie dans l’imagination américaine, et désormais il restera ainsi. Car les images et les détails du scandale DSK ont déjà dépassé les limites de la comédie pour frôler les frontières de la tragédie.

Le regard de Kroll à Bruxelles

Le regard de Kroll pour "Le Soir" (Bruxelles) du 16 mai 2011, reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.
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