Swissleaks : Hervé Falciani confirme qu'il n'ira pas à son procès

L’ex-employé de la banque HSBC a annoncé depuis la France qu’il ne se présentera à nouveau pas à son procès, lundi en Suisse. L'homme est à l'origine de l'affaire Swissleaks. Il assure qu’il avait contacté les autorités suisses avant de fournir des données au fisc français.

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L'ancien informaticien de la banque HSBC, à l'origine de Swissleaks, a assumé lors d'une conférence de presse mercredi à Divonne, en France, le fait de ne pas respecter les lois. Selon lui, le procès qui lui est intenté «a peu de sens».

«C’est le procès d’une banque qui a payé pour ne pas être poursuivie», a lancé celui qui doit répondre, devant les juges suisses du tribunal pénal fédéral à Bellinzone, d’espionnage économique, soustraction de données et violation du secret bancaire et commercial.

«Je préfère 180 procédures d'extradition dans 180 pays», a souligné l'ex-informaticien. Il s'est dit prêt à défendre en personne ses intérêts devant une institution comme la Cour européenne des droits de l'homme, mais pas dans une arène où l'unique enjeu est de «sauver les apparences».
 

L’homme, qui ne viendra pas et préfère rester en France d’où il n’est pas extradable, semble accepter ses propres contradictions. Car l’image du lanceur d’alerte qu’il revendique aujourd’hui est sérieusement abîmée par l’acte d’accusation du Ministère public fédéral, lequel montre que l’intéressé a d’abord cherché à vendre ses informations à une banque au Liban, avant de trouver preneur au sein du fisc français.

Lanceur d’alerte, «pas la vraie question»

Hervé Falciani ne s’en émeut pas. «Ma position sera opportuniste, je revendique le droit de l’être. Je l’ai été avec le Liban, je l’ai été dans d’autres occasions que vous ne suspectez pas encore. Je n’ai pas d’introspection envers moi-même.» La vraie question «n’est pas de savoir si je suis un vrai lanceur d’alerte», ni «quelles sont mes motivations». Le souci des journalistes de confirmer chaque information les amène parfois, à l’en croire, «à passer à côté de l’essentiel».

«Il y a bien pire que la Suisse», ajoute-t-il. «Si j’avais vécu la même expérience en France, j’aurais fait la même chose.» L’ex-informaticien se défend de vouloir «stigmatiser la Suisse».

«Gruger les enquêteurs suisses»

Selon lui, il aurait d’abord cherché à alerter les autorités helvétiques. Mais celles-ci ne pouvaient ou ne voulaient rien entreprendre en préservant l’anonymat du dénonciateur, affirme-t-il. Ainsi, il a décidé de «gruger les enquêteurs suisses» et de fournir aux autorités françaises de quoi ouvrir une enquête. «Je ne suis pas contre le secret, mais contre le secret absolu», dit-il encore.

Hervé Falciani s'exprimait ce mercredi matin à l’occasion d’une conférence de presse au Casino de Divonne, marquant l’ouverture des 4èmes Assises du journalisme organisées à Genève sous le patronage, notamment, du Club suisse de la presse. Il présente un livre qu’il publie ces jours.

L’informaticien franco-italien est poursuivi en Suisse pour espionnage économique, violation du secret commercial et bancaire et soustraction de données. Mais selon lui, d'autres pays ont des avis différents sur cette affaire. Il ne s’est pas présenté le 12 octobre devant le Tribunal pénal fédéral.