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Syrie : carnage sans fin à Alep, ville martyre

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<span lang="fr">Sur cette photo fournie par le groupe de défense civile syrienne connu sous le nom des Casques blancs, des hommes blessés 
reçoivent un traitement dans une clinique locale après des frappes aériennes à Alep, en Syrie, le samedi 24 septembre 2016. </span></pre>
Sur cette photo fournie par le groupe de défense civile syrienne connu sous le nom des Casques blancs, des hommes blessés reçoivent un traitement dans une clinique locale après des frappes aériennes à Alep, en Syrie, le samedi 24 septembre 2016.
(image du mouvement Syriens civils Défense/Casques blancs via AP)

"Ce que la Russie fait, ce n'est pas de la lutte anti-terroriste, c'est de la barbarie" dénonce Samantha Power, ambassadrice américaine à l'ONU. "Crimes de guerre", dénonce la France.  Depuis vendredi, il pleut jour et nuit des bombes sur Alep, la deuxième ville du pays. Les atrocités se multiplient. 250 000 personnes n'ont plus rien à boire.

dans
"Ce que la Russie soutient et fait (à Alep), ce n'est pas de la lutte anti-terrorisme, c'est de la barbarie" a lancé l'ambassadrice américaine aux Nations Unies, Samantha Power lors du Conseil de sécurité réuni en urgence dimanche.
Selon elle, Moscou "abuse
L'ambassadrice américaine Samantha Power, le 25 septembre 2016, à l'ONU, à New-York. Les pays occidentaux veulent mettre un terme à l'offensive aérienne lancée vendredi par le régime et la Russie pour faire tomber les quartiers insurgés d'Alep.
L'ambassadrice américaine Samantha Power, le 25 septembre 2016, à l'ONU, à New-York. Les pays occidentaux veulent mettre un terme à l'offensive aérienne lancée vendredi par le régime et la Russie pour faire tomber les quartiers insurgés d'Alep.
(Manuel Elias/The United Nations via AP)

du privilège historique" d'être membre permanent du Conseil avec droit de veto. "L'histoire ne sera pas tendre avec les pays du Conseil qui restent silencieux face à ce carnage." a-t-elle prévenue.

Interrogé sur France Info, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé la Russie et l'Iran, soutiens du régime Assad, "à faire preuve de responsabilité". Le régime de Bachar el-Assad a manifestement fait le choix de l'escalade militaire", a-t-il affirmé.  "Sans un coup d'arrêt à cette stratégie qui conduit à l'impasse,  Moscou et Téhéran seront complices des crimes de guerre commis à Alep".

 Dans un communiqué lundi matin, le Kremlin fustige les déclarations " inadmissibles des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne à l'ONU ". Vitali Tchourkineambassadeur de la fédération de Russie auprès des Nations Unis a rejeté la responsabilité de cette impasse sur la coalition internationale conduite par Washington : " des centaines de groupes ont été armés, le pays a été bombardé sans discernement ", a-t-il dit. " Dans ces conditions, ramener la paix est désormais une tâche presque impossible. "
Et concernant le rétablissement de la trêve ? " C’est l’objectif de nous aimerions avoir, de même que la reprise de négociations ". Un souhait. Aucune décision annoncée, aucune date prévue. Et pendant ce temps, à Alep, la stratégie de la terreur se poursuit.

60% de ces blessés sont des femmes, des enfants et des personnes âgées." 
                                                            Carlos Francisco,  (Médecins sans frontières)

Interrogé par France-Info, Carlos Francisco, chef de la mission "Syrie" de MSF,  affirme que la situation humanitaire sur place est désespérée : "Les médecins syriens à qui je parle m'ont envoyé des images où l'on voit les victimes soignées à même le sol. Il n'y a plus assez de lits. Il est très difficile pour les équipes de secours d'accéder aux bâtiments effondrés car les bombardements sont intenses et ininterrompus, explique-t-il. Le peu de médecins qui restent à Alep sont débordés. La station qui fournit l'eau à la partie Est d'Alep a été touchée par les bombardements. Un coup dur de plus dans ce désastre humanitaire. Il y a 250 000 personnes qui n'ont plus d'eau potable. Pour le courant, les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs mais on ne sait pas jusqu'à quand les réserves de carburants vont tenir...C'est la pire situation jamais vécue à Alep. La ville a déjà connu beaucoup de bombardements l'an passé. Mais là, il y a le siège de la ville, qui empêche à toute aide humanitaire d'entrer et qui empêche l'évacuation des blessés."

Ahmad Hajjar, un habitant du quartier rebelle d'Al-Kallassé, raconte à l'AFP que sa rue est jonchée de " bombes à sous-munition " qui n'ont pas explosé : " Un voisin a été tuée par l'une d'entre elles. Je l'ai vu trébucher sur elle, elle a explosé et l'a déchiqueté. C'était une scène horrible. "

Alep, le 24 septembre 2016
Alep, le 24 septembre 2016
(Syrian Civil Defense White Helmets via AP)

Geneviève Garigos, d'Amnesty International, précise : " Depuis que la Russie est entrée dans le conflit ouvertement, elle a procédé à des bombardements de zones d'habitation, d'objectifs civils qui pourraient constituer des crimes de guerre. C'est ce soutien qui permet de prendre au piège les personnes à Alep. (…) Nous avons alerté au mois d'août sur l'utilisation une fois de plus d'armes chimiques au chlore qui auraient été lancées sur la ville le 2 août. On voit bien qu'il y a un acharnement qui concerne vraiment les civils pris au piège. (…) On assiste impuissant à la destruction de la ville mais aussi à la mort de tous ces civils."

Ce lundi 26 septembre, les bombardements se poursuivaient sur Alep, ville à l'agonie où 250 000 habitants des quartiers rebelles ne reçoivent plus d'aide de l'extérieur depuis pratiquement deux mois.