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Syrie : Israël mène des attaques aériennes contre des cibles militaires syriennes et iraniennes

israel cible
(commentaire : Stéphane Leroyer)

Israël a mené ce samedi 10 février 2018 une série d'attaques aériennes en Syrie, frappant des cibles militaires syriennes mais aussi "iraniennes" et perdant un de ses appareils au cours du plus sévère accès de tensions impliquant les trois pays depuis des années. Après des mois de crispations, ces violences, dans lesquelles un pilote israélien a été gravement blessé, constituent la plus sérieuse confrontation entre intérêts israéliens et iraniens en Syrie.

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C'est la première fois que l'armée israélienne dit ouvertement avoir visé des cibles "iraniennes" depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l'Iran, ennemi juré d'Israël, aide militairement le régime de Bachar al-Assad, a indiqué son porte-parole, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. C'est aussi la première fois depuis longtemps — 30 ans selon le quotidien Haaretz — qu'Israël perd un F-16 au combat. L'avion s'est écrasé en territoire israélien après avoir essuyé des tirs de la défense antiaérienne syrienne durant l'opération, le lieutenant-colonel Conricus reconnaissant que la chute de l'appareil était probablement liée aux tirs syriens.
Les deux pilotes se sont éjectés et ont été récupérés et hospitalisés, a dit l'armée. L'un d'eux est dans un état grave, l'autre est légèrement blessé.          

Intrusion ou pas intrusion ?                  

L'accès de fièvre a été provoqué avant l'aube par l'intrusion dans l'espace aérien israélien d'un drone iranien lancé de Syrie, a dit l'armée israélienne. Le commandement conjoint des forces alliées du régime syrien  — dont l'Iran et le Hezbollah libanais — a démenti dans un communiqué toute violation de l'espace aérien israélien. A Téhéran, les Affaires étrangères ont dénoncé les "mensonges" d'Israël, destinés à "couvrir ses crimes dans la région". "Les allégations à propos du survol d'un drone iranien sont trop ridicules". L'armée israélienne affirme avoir entre les mains les débris du drone. Elle a publié une vidéo de sa destruction, ainsi que celle d'un véhicule en Syrie participant à sa mise en oeuvre.

L'engin, suivi par la surveillance israélienne depuis son lancement d'une "base iranienne" proche de Palmyre en Syrie, a été abattu par un hélicoptère Apache au-dessus de la vallée du Jourdain, a précisé l'armée. En représailles, huit appareils israéliens ont attaqué des éléments du système de lancement de l'appareil sans pilote, selon le lieutenant-colonel Conricus. Ils ont atteint leur cible mais ont essuyé un tir de barrage "massif" de la DCA syrienne.

Les pilotes d'un F16 ont abandonné en vol leur appareil qui s'est écrasé dans la région de la vallée de Jezreel (nord). L'aviation israélienne a lancé une seconde vague de raids, une attaque "de grande envergure", frappant 12 objectifs, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles "appartenant au dispositif militaire iranien en Syrie". A Damas, l'agence officielle Sana a affirmé que la DCA avait repoussé les avions israéliens et touché "plus d'un", faisant état de raids contre des installations militaires près de Damas, dans le centre et le sud du pays.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, des raids israéliens ont visé dans l'est de la province de Homs (centre), une région où sont présents, a-t-il dit, des forces iraniennes et des membres du Hezbollah, autre bête noire d'Israël. L'intrusion du drone constitue "la violation la plus flagrante et la plus grave de la souveraineté israélienne de la part de l'Iran ces dernières années, c'est pourquoi la riposte israélienne est aussi forte", a indiqué le lieutenant-colonel Conricus.

Prêts à tous les scénarios                

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël veille à ne pas être aspiré dans le conflit tout en frappant ponctuellement des positions du régime syrien ou des convois d'armes à destination du Hezbollah, autre soutien militaire de M. Assad et allié de l'Iran. Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, le Hezbollah et l'Iran. Leur proximité a déjà donné lieu à de sérieux accrochages. Israël a par ailleurs déjà attaqué en 2017 des sites iraniens en Syrie, selon des informations de presse.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a cessé de mettre en garde contre l'expansion de l'Iran dans la région, et de prévenir qu'Israël ne permettrait pas que sa présence en Syrie menace ses intérêts. M. Netanyahu s'emploie ardemment à pousser la Russie, autre acteur du conflit et allié du régime syrien, à contenir les agissements de Téhéran. Le mois dernier à Moscou, il a souligné devant le président Vladimir Poutine le "danger" de voir l'Iran prendre pied militairement en Syrie et y produire des armes de précision. Mardi, il a répété ses avertissements. "Nous sommes pour la paix, mais nous sommes prêts à tous les scénarios et nous ne conseillons à personne de nous chercher".