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Syrie: l'ONU se prononce sur le déploiement d'observateurs à Alep

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer ce dimanche sur un projet de résolution demandant le déploiement d'observateurs dans la ville syrienne d'Alep où des milliers de rebelles et civils, tenaillées par la faim et dans un froid glacial, attendent la reprise des évacuations.

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Les quinze membres du Conseil se réuniront à 11H00 locales (16H00 GMT) pour voter sur le texte présenté par la France, malgré l'opposition de la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, qui dispose d'un droit de veto, ont annoncé samedi soir des diplomates.

Le projet de résolution indique que le Conseil "s'alarme" de la crise humanitaire qui s'aggrave dans la ville et du fait que "des dizaines de milliers d'habitants d'Alep assiégés" ont besoin d'aide et d'être évacués.

La résolution demande que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon fasse déployer rapidement à Alep le personnel humanitaire de l'ONU déjà présent en Syrie "pour une surveillance adéquate neutre et une observation directe" de "l'évacuation des parties assiégées d'Alep".

Faisant état de "signalements sur des exécutions de civils", le président américain Barack Obama avait déjà réclamé vendredi un déploiement d'observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

L'incertitude demeure quant à la reprise des opérations, malgré un appel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui supervise les évacuations, pour "sauver ces milliers de vies".

Elles pourraient reprendre dimanche, selon un responsable rebelle. Mais le régime, qui avait suspendu vendredi les évacuations après le départ de quelque 8.500 personnes, n'a donné aucune indication.

Il resterait environ 40.000 civils et entre 1.500 et 5.000 combattants avec leurs familles dans le réduit que tiennent encore les insurgés à Alep, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura.

- Privés d'eau potable et de nourriture -

Lancé jeudi, l'exode devait durer plusieurs jours. Une fois terminé, le régime devrait proclamer la reprise totale de la ville, enregistrant ainsi sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui dure depuis 2011.

Dans le quartier d'Al-Amiriyah, d'où commence le périple, des milliers de personnes, dont des enfants, passaient la nuit dans les ruines des immeubles par des températures avoisinant les -6 degrés, a constaté un correspondant de l'AFP.

Privés d'eau potable et de nourriture, les habitants épuisés et affaiblis subsistent en mangeant des dattes.

Après avoir attendu pendant neuf heures vendredi, Abou Omar est revenu samedi pour s'entendre dire par les rebelles qu'il n'y aurait pas de départs. "Je suis fatigué de devoir porter les affaires et revenir chaque jour en vain", se plaint Abou Omar, dont les quatre enfants sont malades à cause du froid.

L'armée syrienne a suspendu le processus en accusant les rebelles de "ne pas respecter les conditions de l'accord".

Une source militaire a affirmé que les insurgés avaient "ouvert le feu et voulu sortir des armes moyennes et partir avec des otages", c'est-à-dire des membres des forces pro-régime qu'ils détiennent.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, la suspension est surtout liée au blocage par des rebelles de l'évacuation des blessés des villages chiites prorégime de Foua et Kafraya, assiégés par des insurgés dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest).

- Réunion Iran-Russie-Turquie avancée à mardi -

Un responsable du groupe islamiste Ahrar al-Cham, chargé des négociations, Al-Farouk Abou Bakr, a assuré à l'AFP qu'un accord avait été trouvé et indiqué qu'il était "possible" que la reprise des opérations intervienne dimanche.

M. Abdel Rahmane a expliqué que le retard était dû aux divergences concernant le nombre de personnes à évacuer de ces deux villages.

Les insurgés ont toujours cherché à lier le sort de ces deux localités à celui de Zabadani et Madaya, deux villes assiégées par le régime dans la province de Damas. Des évacuations devraient donc y avoir lieu, selon M. Abdel Rahmane.

Parallèlement, les chefs de la diplomatie russe, turque et iranienne ont décidé samedi d'avancer d'une semaine, au mardi 20 décembre, leur réunion à Moscou pour discuter de la situation en Syrie.

L'Iran et la Russie soutiennent politiquement, financièrement et militairement le régime du président Assad alors que la Turquie a jusque-là appuyé les groupes rebelles syriens que Damas combat.

Après des années de bombardements et un siège de plus de quatre mois, l'offensive lancée le 15 novembre a permis à l'armée syrienne et à des milices alliées de reprendre plus de 90% des quartiers que les rebelles contrôlaient à Alep depuis 2012.

Les bombardements incessants du régime ont fait des centaines de morts et poussé plus de 100.000 habitants à fuir.

A la frontière turque, des dizaines de camions chargés d'aide humanitaire sont entrés samedi en Syrie.

La résolution ne sera pas adoptée quoi qu'il se passe : la Russie a annoncé qu'elle mettra son droit de veto à une résolution pour des observateurs à Alep.