Syrie : l'opposition et les gouvernements étrangers dénoncent le discours d'Assad

Bachar al-Assad a proposé dimanche un plan "politique" impliquant son maintien au pouvoir, une solution aussitôt rejetée par l'opposition et vivement critiquée à l'étranger.

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Le Premier ministre syrien a annoncé ce lundi que le gouvernement allait se réunir prochainement pour mettre en oeuvre le plan de sortie de crise proposé par Bachar al-Assad dimanche. 

Après 21 mois d'un conflit dévastateur, le président syrien s'accroche toujours à son fauteuil. Dans un discours prononcé le 6 janvier 2013, le premier depuis 7 mois, il s'est montré inflexible. Pour al-Assad, le conflit n'oppose pas le pouvoir et l'opposition mais "la patrie et ses ennemis" qui souhaitent sa partition. Son "plan" prévoit la fin des opérations militaires, suivies par un dialogue national sous l'égide du "gouvernement actuel".

07.01.2013Récit de Baptiste Charbonnel
Syrie : l'opposition et les gouvernements étrangers dénoncent le discours d'Assad

Le discours d'Assad jugé “provocant“ et “déconnecté de la réalité“ par la presse internationale

Le discours de Bachar al-Assad a provoqué les réactions outrées de l'Occident mais pas seulement. Ryad et le Caire, deux poids-lourds du monde arabe hostiles au régime Assad, ont appelé à "une issue pacifique" dont les termes doivent être définis par les Syriens eux-mêmes. 



Les seuls gouvernements à se ranger encore du côté du président syrien sont l'Iran, la Russie et la Chine. Ces derniers sont tous deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, et ils s'opposent toujours à une résolution de l'ONU sur la situation en Syrie. Cependant, plusieurs rencontres ont eu lieu ces derniers jours entre Moscou et Washington, qui réclame un départ d'Assad.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies dispose désormais d'une liste de 59 648 personnes tuées en Syrie entre le début du conflit en mars 2011 et fin novembre 2012, un bilan nettement supérieur à celui de l'observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation non-gouvernementale proche de l'opposition, qui estime que la guerre civile a fait plus de 46 000 morts.