Tchétchénie : 650 000 signatures contre les persécutions homophobes

Tchetchenes homophobie

Les autorités tchétchènes affirment que les hommes gays n'existent pas. Depuis plusieurs mois, ils sont en butte à de graves persécutions et doivent parfois fuir leur pays. Amnesty International se mobilise pour montrer aux homosexuels de Tchétchénie qu’ils existent et doivent être protégés.

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France, Taiwan, Brésil... partout dans le monde, les représentants d'Amnesty International ont réuni plus de 650 000 signatures pour protester contre les enlèvements, les tortures et les homicides menés par les autorités tchétchènes.  Une "purge" homophobe dénoncée voici quelques semaines par le journal indépendant russe Novaïa Gazeta

Rendez-vous à l'ambassade de Russie

Ce vendredi 2 juin, les pétitions du monde entier ont été remises aux différentes ambassades de Russie à travers le monde. En France, plus de 120 000 personnes ont signé la pétition sur Internet. A Paris, les militants d'Amnesty International France, soutenus par des militants d'associations LGBT, avaient rendez-vous à 9 heures devant l'ambassade de Russie.

Sans grand espoir, toutefois, car jusqu'à ce matin, les appels des ONG à l'ambassade étaient restés lettre morte : "Un courrier est parti la semaine dernière à de l'ambassade de Russie, mais pas de réponse. Ce sera probablement une remise de pétition symbolique, sans contact physique avec l'ambassade, ce qui n'est pas nouveau," annonçait Julie Heslouin, responsable discriminations pour Amnesty International France.

Mais ce matin, surprise et émotions dans les rangs des associations présentes devant l'ambassade pour remettre les urnes contenant les pétitions. Vadim Zenkine, premier secrétaire de l'ambassade pour recevoir les représentants, et escorter les urnes jusque dans l'enceinte de la forteresse du boulevard Lannes. 

Outre la remise des pétitions, d'autres manifestations sont organisées ce vendredi devant les ambassades de Russie en Belgique, au Canada, en Espagne, en Finlande, en Italie, en Norvège, aux Pays-Bas, en Suède, en Ukraine, au Royaume-Uni...

Accélérer l'enquête, mobiliser la communauté internationale

Les autorités russes ont ouvert une enquête préliminaire sur les informations signalant des persécutions, et une mission d’enquête a été envoyée en Tchétchénie fin mai. Mais les choses doivent aller très vite, alerte Julie Heslouin, qui réclame une enquête pénale exhaustive et digne de ce nom, afin que soient prises toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des personnes qui pourraient être en danger en Tchétchénie : "Une enquête a été ouverte par le président Poutine et nous voulons accélérer cette enquête. Nous savons qu'il y a encore au moins une quarantaine de personnes qui se cachent en Russie pour échapper aux enlèvements, à la torture et aux meurtres. Nous savons que quelques personnes ont été accueillies, dans le cadre du droit d'asile, par certains pays sûrs. Mais il faut que les Etats, la communauté internationale, se mobilisent de façon plus concrète, qu'il y ait davantage de proactivité dans l'accueil des demandeurs d'asile tchétchènes. 

Combien d'homosexuels persécutés recueillis en France, comme Azmad, qui a été le premier ? "Nous n'avons pas de chiffres, répond Julie Heslouin. Ce genre de données doit absolument rester confidentielles."

Pression internationale 

Le 29 mai dernier, déjà, Amnesty International France avait déployé une banderole « Stop à l’homophobie en Tchétchénie » sur le parvis des droits de l’Homme à Paris à l’occasion de la rencontre des présidents Vladimir Poutine et Emmanuel Macron à Versailles. De fait, la situation en Tchétchénie a été abordée lors de la rencontre des deux chefs d’Etat et Emmanuel Macron s'est engagé à suivre la situation de près suite à la déclaration de Vladimir Poutine. Le président russe avait annoncé que des mesures pour faire la vérité complète sur les actes de répression.