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Brésil : les jours de Michel Temer à la tête du pays sont-ils comptés ?

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©P. Achard
Un an au pouvoir pour le président Michel Temer | Brasilia , le 12 mai 2017

La question de la corruption des personnalités politiques semble endémique au Brésil. Un an après sa prise de fonction, Michel Temer se retrouve à son tour dans l'œil du cyclone. L'actuel président conservateur du pays aurait validé des pots-de-vin. Le journal O Globo, l'affirme, enregistrements à l'appui.

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Outre des appels à la démission dirigés de l'opposition, Michel Temer a vu des dizaines de Brésiliens descendre dans les rues des plus grandes villes du pays, mercredi 17 mai. A Brasilia, des citoyens exaspérés ont manifesté devant le Palais présidentiel aux cris de "Temer dehors".

Le pays est embourbé dans une crise économique dévastatrice et n'en finit pas de subir les répliques multiples et variées de l'affaire Petrobras. Ce méga-scandale politico-économique implique à la fois le géant pétrolier, des entreprises du BTP et l'ensemble de la classe politique.

En 2016, Dilma Rousseff, l'ex-présidente du pays a été destituée à cause des ramifications de cette affaire.

Petrobras, les tentacules interminables

Selon le journal O Globo, les malversations mettent en scène Joesley Batista, l'un des propriétaires de JBS, un géant local de la viande et le président Michel Temer.
Le premier, mis en cause dans le scandale de corruption "Lava-Jato", aurait enregistré secrètement une conversation qu'il aurait eu avec le second, le 7 mars 2017.

Après avoir monnayé une réduction de peine contre une collaboration avec la justice, Joesley Batista  et son frère Wesley se sont munis de leur enregistreur pour confondre leurs ex-complices.

Le quotidien n'a pas diffusé l'intégralité des enregistrements, mais dans cette conversation Joesley Batista expliquait par le menu comment il versait des sommes d'argent à Eduardo Cunha, ex-président de la Chambre des députés, actuellement incarcéré, pour acheter son silence. "Tu dois maintenir ça (les pots-de-vin)" lui aurait répondu Michel Temer.

Le président Temer, droit dans ses bottes

La présidence brésilienne s'est fendue d'un communiqué : "Le président Temer n'a jamais demandé des paiements afin d'obtenir le silence de l'ex-député Eduardo Cunha. Il n'a ni participé, ni autorisé quelconque opération ayant pour finalité d'éviter une confession ou une collaboration avec la justice de l'ancien parlementaire".  

Condamné à 15 ans de prison pour corruption, fin mars 2017, Eduardo Cunha était l'un des parlementaires les plus impliqués en 2016, dans la procédure de destitution de l'ex-présidente Dilma Rousseff. L'effet domino pourrait donc se poursuivre. Les militants de gauche, considèrent d'ailleurs que le président Temer, est un putschiste. Lui qui était le vice-président de Dilma Rousseff a selon eux, fomenté un "coup d'État" en s'associant à Eduardo Cunha pour prendre le pouvoir.

Le Parti des travailleurs (la formation politique de Mme Rousseff) vient de cosigner avec quatre autres formations d'opposition une pétition publique pour obtenir la démission du chef d'Etat brésilien. Le député Alessandro Molon a lui déposé une demande officielle de destitution.

Ce nouveau scandale éclabousse également le sénateur centre-droit Aécio Neves, du PSDB, candidat malheureux à la présidentielle. Selon O Globo, dans un autre enregistrement secret, fourni par Joesley Batista, Aécio Neves aurait demandé l'équivalent de 570.000 euros de pots-de-vin.