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Témoignage d'un expat' français à Londres

Après avoir obtenu un master en banque et finance internationale à Londres, Loïc Dumas, 31 ans, originaire de Montpellier, a décidé de s’installer définitivement dans la capitale britannique.

Il raconte son aventure outre-Manche, des banques de la City au "Job Center".

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Loïc au London Eye, une des plus grandes roues au monde qui offre un magnifique panorama sur la capitale britannique.
Loïc au London Eye, une des plus grandes roues au monde qui offre un magnifique panorama sur la capitale britannique.
"Quelque mois après avoir la fin de mes études, j’ai obtenu un CDD dans la banque américaine Citigroup pour faire du "business analysis" et du "management de projet". C’était à l’automne 2007, quand la crise financière a éclaté. Alors au bout d’un an, mon contrat n’a pas été renouvelé.

Comme tous les autres salariés employés en CDD, je me suis retrouvé au chômage et me suis inscrit au "Job center", la version britannique du Pôle Emploi français. Comme en France, ce n’est pas d’une grande aide. J’ai un rendez-vous tous les quinze jours qui dure 5 minutes. On fait le tour des annonces et c’est tout. Je me souviens que Xavier Bertrand, quand il était ministre du Travail en 2007, avait vanté les mérites des Job centers. D'après mon expérience, les services ne semblent pas plus efficaces qu’en France.

Un faible niveau d'aide pour les chômeurs

Ce qui change, ce sont les indemnités chômage, moins importantes au Royaume-Uni qu’en France. En tant que demandeur d'emploi, mon loyer est pris en charge par l’État et je perçois une somme fixe de 65 pounds par semaine (environ 75 euros, NDLR), ce qui me permet de payer le transport et la nourriture. Mais je dois régulièrement puiser dans mes économies personnelles.

C'est donc le faible niveau d'aides qui incite les chômeurs britanniques à retrouver rapidement du travail. D’ailleurs, après six mois de chômage, j’avais retrouvé à Natixis une place de stagiaire.

On peut créer sa société en moins d'une journée

Mais aujourd’hui, j’ai pour projet de monter une société de conseils pour les expatriés français qui veulent développer leurs activités Outre-Manche. En Grande-Bretagne, on peut créer sa société en moins d'une journée. Les démarches administratives sont plus simples qu'en France. Les Britanniques entreprennent beaucoup plus facilement que les Français. Ils osent prendre davantage de risques. Ils me paraissent plus pragmatiques et se plaignent beaucoup moins que les Français.

Mais je pensais que la crise économique allait se résorber plus rapidement. En fait, le marché du travail reste tendu. Le pays vit dans l'attente des élections. Dès qu'un nouveau gouvernement sera formé, la situation va sans doute se débloquer."

Témoignage recueilli par Camille Sarret
30 avril 2010