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Témoignage : Syrien cherche asile en Europe

Des réfugiés syriens en Turquie / Photo AFP
Des réfugiés syriens en Turquie / Photo AFP

Après plus de deux ans de conflit, les Syriens arrivent en plus grand nombre en Europe pour demander le droit d’asile. La France pourrait voir les demandes de droit d’asile de Syriens multipliées par 8 depuis le début du conflit. Quasiment toutes les demandes sont acceptées. Mais les démarches restent longues pour les nouveaux arrivants et les niveaux de protection restent inégaux en fonction des pays d’accueil. Témoignage d’un jeune syrien depuis 8 mois à Paris.

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Difficile de savoir combien de réfugiés syriens avec ou sans visa ou papier sont parvenus à entrer en Europe sur les 2 millions hors de leur pays, selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Mais une chose est sûre, avec l’enlisement du conflit, ils sont de plus en nombreux à demander l’asile en Europe. En première ligne se trouvent la Bulgarie qui accueille 4 000 demandeurs dans ses trois centres d’accueil et l’Italie qui a vu arriver 4 600 syriens par la mer depuis le mois de janvier. Chypre, Malte et la Grèce sont également les premiers territoires atteints par les Syriens qui fuient la guerre.

Ces pays se trouvent sous la pression croissante d’afflux de réfugiés sans plus pouvoir les garder. Mercredi 18 septembre, le ministre de l’Intérieur bulgare, Tsvetlin Yovtchev a tiré la sonnette d’alarme : « La Bulgarie se dirige vers une situation de crise et a besoin d’aide. » Italiens, Grecs et Bulgares appellent l’Union européenne à les soutenir. Ils reçoivent en réponse un soutien financier et une assistance technique. En juillet 2013, Amnesty publiait un rapport recoupant différents témoignages selon lesquels les autorités grecques repoussaient sur le sol turc des réfugiés venant de Syrie et d’Afghanistan.

Théoriquement, les réfugiés doivent faire leur demande d’asile dans le pays par lequel ils arrivent dans l’UE : « Aujourd’hui dans presque tous les pays européens  la procédure normale de demande d’asile répond aux normes de Dublin II, explique Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty France. Ce qui veut dire que la personne doit demander l’asile dans le pays par lequel elle est rentrée. Et c’est ce pays qui lui accorde l’asile. Or très souvent, les réfugiés veulent rejoindre soit de la famille, soit des connaissances ailleurs car l’intégration est ainsi beaucoup plus facile. » Après avoir atteint la Grèce ou l’Italie, certains tentent de repartir pour une autre destination européenne (lire notre témoignage en encadré) souvent dans le Nord de l’Europe, plus accueillant surtout en Allemagne où des communautés syriennes sont déjà établies.

Des réfugiés syriens arrivant à l'aéroport d'Hanovre en Allemagne / Photo AFP
Des réfugiés syriens arrivant à l'aéroport d'Hanovre en Allemagne / Photo AFP
Le double de réfugiés

En 2012, sur 18 700 Syriens qui ont obtenu une protection en Europe, 70% de demandes ont été accordées par l’Allemagne (8 400) et la Suède (5 000). Face à l’accroissement d’arrivées de réfugiés, le HCR a demandé à l’Union européenne d’en accueillir 10 000 de plus. Seulement trois pays ont répondu positivement à l’appel : l’Allemagne qui s’engage à en accueillir pour 2 ans, 5 000 personnes, de manière temporaire, l’Autriche et la Finlande en accueilleront chacun 500. La France est à la traîne.  Selon les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), 200 réfugiés ont fait une demande d’asile en 2011, 700 en 2012 et « pour les 7 premiers mois de 2013,  un peu moins de 800 demandes mais si  le conflit devait hélas se poursuivre on aurait un doublement en 2013 », souligne le directeur général de l’Ofpra, Pascal Brice. Les demandeurs reçoivent pour 95% d’entre eux une protection soit par le statut de réfugié, soit par une protection subsidiaire (la personne n’est pas reconnue comme réfugié mais ne peut pas retourner dans son pays sous peine de courir un réel danger).

Ne voyant pas la France réagir à la demande du HCR, plusieurs associations françaises ont lancé le 11 septembre un appel au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Il répondait le lendemain sur la radio française RTL que les demandes d’asile seraient traitées plus rapidement soit 3 mois au lieu des 6 pour une demande habituellement. « Nous allons aller vers un accueil plus large de toute une série de familles qui ont une attache avec la France", affirmait-il. Et il a assuré, qu’avec les autorités compétentes, ils allaient « faire en sorte qu'il puisse y avoir davantage de réfugiés. »

Intervention militaire

Si moins de réfugiés demandent l’asile en France, c’est parce qu’ils rejoignent davantage les communautés syriennes en Allemagne selon Patrice Brice, directeur général de l’Ofpra. Mais il souligne aussi, tout en nuances, une raison politique à cette frilosité française : « Il y a une certaine logique à ce que des pays qui sont moins impliqués au plan politique, diplomatique voire militaire le soit plus au niveau de l’accueil des réfugiés. Ce qui n’enlève rien au fait que notre  pays  (la France, ndlr) qui est en première ligne pour l’appui au peuple syrien au  plan diplomatique, militaire et politique soit également présent sur le plan de l’accueil des réfugiés. C’est ce que nous faisons à l’Ofpra. »

Geneviève Garrigos d’Amnesty souligne de son côté le paradoxe de l’Etat français ces derniers jours : « Ce que l’on constate, c’est que la France aujourd’hui est prête à une intervention armée, souligne. L’intervention armée va augmenter le flux des réfugiés mais qu’est-ce qui est fait pour ça ? Il y a un décalage énorme. »

Derrière ces chiffres de demandeurs d’asile, des visages. Familles, célibataires, personnes âgées, architectes, artistes, médecins, étudiants, membres de l’opposition. Les réfugiés ont des profils variés. Ils arrivent en France avec un visa ou sans papier souvent perdus une fois à destination. Outre les grosses ONG, des associations plus modestes comme Revivre accueillent, orientent et accompagnent les nouveaux arrivants. Des Syriens depuis longtemps en France cherchent aussi à faire sortir leur famille du pays en guerre (voir notre encadré).

Permanence de l'association Revivre / Photo TV5MONDE
Permanence de l'association Revivre / Photo TV5MONDE
Revivre

Deux jours pas semaine, Sabreen Al’Rassace assure une permanence à Paris et reçoit des réfugiés tout en répondant par téléphone à différentes demandes.

Ce matin-là c’est Waleed (son prénom a été modifié, ndlr) qui attend son tour. Ce jeune homme sunnite de 26 ans, regard bleu azur et cheveux châtains très courts, bilingue anglais-arabe est arrivé en France avec un visa touriste en janvier dernier. Il venait rejoindre sa sœur aînée étudiante à Paris depuis un an et demi. Mal conseillé à son arrivée, il s’inquiète aujourd’hui de son visa qui arrivera à expiration à la fin de l’année. Après avoir écouté le récit de sa situation, Sabreen profite de cette rencontre pour lui fournir toutes les informations nécessaires pour déposer une demande de droit d’asile. Liste des documents à fournir, horaires de la préfecture de Paris pour obtenir un titre de séjour, Sabreen n’oublie aucun détail pour qu’il mette toutes ses chances de son côté. Waleed veut tenter sa chance ici ou en Allemagne où il écrit pour des articles pour un site internet, lui assurant un revenu – en plus de ses économies- pour ne pas être à la charge de sa sœur avec qui il vit.  De temps en temps, il joue aussi de la musique à des soirées ou dans des bars, discrètement, car son visa touriste ne lui permet pas de travailler. Il le dit lui-même, contrairement à d’autres Syriens, même loin du reste de famille, il s’estime chanceux car ses plus proches sont saufs.

Le témoignage de Waleed :

Waleed raconte son histoire à Sabreen / Photo TV5MONDE
Waleed raconte son histoire à Sabreen / Photo TV5MONDE

« Je vivais à Homs mais je voyageais beaucoup pour mon entreprise, une compagnie privée d’assurance, dont le siège est à Dubaï. Mais je suis né, j’ai grandi et étudié en Syrie. J’ai étudié la finance en ligne avec une université américaine. J’ai vu les choses s’améliorer puis ce chaos a commencé.

Dès le début du conflit nous avons dû partir. Avec ma famille, nous avons déménagé à Lattaquié d’où est originaire mon père. C’est une ville plus sûre qu’Homs parce que Bachar Al-Assad vient de cette région du Nord.

Je suis chanceux car ma famille est vivante, sauve. Ma sœur est arrivée 6 mois avant moi à Paris pour étudier. Elle a toujours su qu’elle viendrait étudier ici mais le conflit a aussi précipité les choses.  Mon père, ingénieur comme ma mère, a travaillé en Arabie saoudite pendant un moment. C’est là qu’il s’est fait des amis, puis il est revenu en Syrie définitivement. Mon père a été chanceux d’obtenir un visa pour l’Arabie saoudite grâce à l’aide de ses amis saoudiens. Ma mère et mon père, Dieu soit loué,  sont partis mais mes grands-parents, mon oncle et mes cousins sont toujours là-bas.

Ma grand-mère qui vit à Lattaquié ne veut pas partir. Mon oncle a des enfants là-bas. Mes amis aussi sont là-bas. J’ai aussi des cousins à Homs mais je n’arrive pas à rester en contact avec eux parce que c’est difficile.

Nous ne pouvons pas les faire sortir. J’étais l’un des citoyens chanceux - parmi les 23 millions que compte le pays - qui avait quelqu’un en dehors du pays pouvant m’accueillir et me permettant d’obtenir un visa. 

Parce qu’aujourd’hui le problème des Syriens qui veulent partir, c’est que beaucoup d’entre eux n’ont même pas de passeports. Ils n’ont jamais quitté la Syrie, ils n’y ont même jamais pensé. Mais maintenant, même pour se rendre au Liban, vous ne pouvez pas partir avec uniquement votre carte d’identité comme avant. Vous avez besoin d’un passeport. Et pour obtenir un passeport, normalement cela coûte 3 000 livres syriennes mais aujourd’hui c’est six fois plus. Certains essayent de se faire de l’argent là-dessus alors que la plupart des gens n’ont pas cet argent.

Quand  je suis arrivée de Syrie en janvier 2013, ma sœur avait des amis syriens qui lui ont recommandé une avocate pour nous conseiller. Dès que je suis entré dans son bureau, je ne me suis pas senti à l’aise. Tout d’abord son bureau était sur les Champs Elysées et elle nous demandait beaucoup d’argent. Mais ma sœur lui faisait confiance.


« Je suis réaliste »

Je lui ai dit que dans un an mon visa allait être périmé, que pouvais-je faire ? Est-ce que je pouvais demander le droit d’asile comme je l’avais lu ?
Elle a tout de suite répondu : « Non, n’y pensez même pas, vous allez attendre sept mois pour obtenir un rendez-vous. Et si vous obtenez un rendez-vous, vous aurez besoin de chance car il n’est pas du tout sûr qu’ils vous acceptent. Et puis c’est une mauvaise idée d’avoir ce statut sur votre passeport. »

L’autre possibilité qu’elle m’a suggérée, c’est de renouveler mon visa au moins pour une autre année,  histoire de voir ce qui va se passer. Et pour ça, vous  avez besoin d’avoir 15 000 euros sur votre compte en banque au minimum. Mais si je ne travaille pas pendant un an, je ne pourrai pas avoir une telle somme sur mon compte en banque. L’avocate nous a convaincus.

Et puis j’ai lu des articles dans la presse, je suis allé sur le site internet du HCR et je leur ai envoyé un message en leur disant que j’avais besoin d’aide. Ils m’ont conseillé de contacter l’association Revivre. C’est d’une grande aide. Plutôt que de chercher seul sur internet, les réfugiés ont besoin de savoir clairement comment ils peuvent s’en sortir et quelles associations peuvent nous aider. Chaque article de presse disait quelque chose de différent, ou alors il fallait se plonger dans le texte « Dublin II » mais c’était comme réviser un examen de droit.

D’ici la fin décembre, mon visa touriste ne sera plus valable. Je pense à demander le droit d’asile en Allemagne, c’est une option car j’ai lu dans certains articles que la Suède, l’Allemagne et les Pays-Bas sont les trois plus importants pays d’accueil des réfugiés syriens. Leurs gouvernements rendent les démarches plus faciles.

Etant donné que j’écris pour un site web en Allemagne, cela me ferait déjà quelque chose pour commencer au moins. Peut-être que ce sera plus facile pour moi.

Nous devons de toute façon chercher un futur. La situation en Syrie ne va pas s’améliorer demain ou après-demain. Cela va prendre au moins plusieurs années. Si le régime tombe aujourd’hui, cela va laisser place à une autre période chaotique. Ce ne sera pas sur pour nous de revenir. Donc notre maison, temporaire aujourd’hui,  le sera peut être pour une longue durée… 

Je ne me vois pas retourner aujourd’hui dans mon pays. J’aimerais être optimiste et dire que je reviendrai l’année prochaine. Mais je suis réaliste. J’ai besoin de trouver un endroit où je puisse vivre un moment.


Notre peur a disparu

Ce cauchemar devait nous arriver pour que nous puissions avoir des jours meilleurs. Quand les Printemps arabes ont commencé dans les pays voisins, nous ne pensions pas que le phénomène pouvaient toucher la Syrie. Nous pensions que les gens auraient trop peur.

La plupart des gens avec qui j’ai grandi, nous avons toujours été contre le régime. Ce n’est pas quelque chose de nouveau pour nous mais nous n’en avons jamais parlé publiquement bien sûr. C’était comme une double ligne rouge à ne pas franchir.


Les Printemps arabes nous ont montré que nous pouvions parler contre le régime. Quand nous avons vu les gens protester et tout ce qui s’est passé… Notre peur a disparu.

C’était incroyable de voir ça. Puis cela a été l’escalade et nous ne savions pas du tout jusqu’où cela allait aller. Il n’y avait pas seulement deux fronts qui s’affrontaient mais trois.

Le monde est en train de se battre maintenant en Syrie. Nous avons vu ce que deux ans de lutte de l’opposition se battant seule ont donné. Il y a déjà eu une intervention internationale avec l’Iran mais personne ne le dit.  Le Hezbollah libanais aussi se bat. C’est une intervention internationale.

Je pourrai dire que nous avons besoin d’aide, de leur intervention (des Etats-Unis et de la France, ndlr) mais nous n’en connaissons pas les conséquences. Les gens regardent ce qui s’est passé en Irak ou en Libye mais je pense que c’est différent de ce qui se passe en Syrie.

Il est prouvé qu’Assad a utilisé des armes chimiques dans les massacres. Il teste la patience internationale. Il pousse les limites. Il teste le monde  entier. Il dit aux autres, « hey les gars, vous voyez ce que je fais et personne ne peut m’arrêter. »

Ce n’est pas uniquement un crime perpétré contre l’humanité, c’est aussi que les gens de leur côté perdent foi en l’humanité. Comment pouvez-vous justifier 100 000 mort en deux ans et plus de 2 millions de réfugiés ?

Nous avons besoin d’aide de l’extérieur mais une intervention militaire devrait juste être circonscrite à Assad lui seul pour le faire tomber ou sinon ne faites rien du tout.




Pays frontaliers qui accueillent les réfugiés syriens

Source  AFP
Source AFP

Demandeurs d’asile syriens en Europe

France
2011 : 200
2012 : 700
Depuis janvier 2013 : 800

Allemagne
Depuis 2011 : 18 000 dont 4 500 depuis début 2013

Suède
Depuis début 2013 : 4500
11 000 demandes d’asile ont été acceptées depuis janvier 2012

L'association Revivre

Sabreen Al'Rassace de l'association Revivre / Photo TV5MONDE
Sabreen Al'Rassace de l'association Revivre / Photo TV5MONDE
Chaque semaine, Sabreen Al’Rassace reçoit des réfugiés syriens dans la permanence ouverte dans une mairie parisienne. L’association créée depuis 2004, regroupant Syriens et Français avait pour but de réhabiliter les anciens détenus d’opinion en Syrie et de venir en aide aux victimes de la répression. Mais depuis le début du conflit, les besoins ayant changé, une permanence d’aide aux demandeurs d’asile syriens s’est ouverte le 1er octobre 2012.
 
« Depuis avril dernier, je sentais venir un afflux. C’est aussi dû au fait que les gens qui ont encore les moyens tentent de sauver leur vie car ils ne voient pas d’issue au conflit, ils n’ont pas d’espoir. Ils viennent alors ici pour tenter de se reconstruire.
 
Toutes les religions sunnites, chiites, druzes même alaouites viennent, toute la société arrive à la permanence : cultivateur, officier déserteur, jeunes qui refusent de reprendre le service militaire, journalistes, Palestiniens syriens qui viennent de camps de réfugiés, médecins, artistes, jeunes révolutionnaires.
 
En général, ce sont des personnes qui se sont débrouillées pour donner leurs dernières économies, ou par entraide familiale ou par le système D ils franchissent les frontières.
 
Les gens qui ont un visa partent de Beyrouth (Liban), Amman (Jordanie) ou Ankara (Turquie) par avion et arrivent directement en France. D’autres rentrent clandestinement et font tout le périple de la Méditerranée en rentrant par la Grèce ou l’Italie.
 
Certains ont des attaches familiales en France. Des Syriens qui se sont établis ici depuis plus longtemps peuvent faire venir temporairement des amis, de la famille.
 
Je reçois souvent des appels de Syriens en France me demandant comment faire sortir leur famille du pays.
 
Le gens qui n’ont pas de visa viennent à la permanence pour se renseigner sur comment rester en situation régulière en France. Depuis octobre 2012, nous avons fait 106 demandes d’asile.
 
On leur explique comment faire car la démarche est très longue. Les réfugiés doivent aller plusieurs fois à la préfecture puis après un rendez-vous, un dossier leur est donné qu’ils doivent soumettre à l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) qui convoque ensuite les réfugiés pour confirmer ou infirmer leur récit. Puis l’Ofpra rend sa décision. Il en existe trois types : réfugié statutaire, la personne est considérée comme réfugié politique selon la convention de Genève de 1951 qui donne droit à 10 ans de permanence, soit une protection subsidiaire pendant un an quand la situation dans le pays de la personne n’est pas sécuritaire et troisième possibilité un refus. Compte tenu la position de la France politique d’accueil des Syriens, elle en refuse très peu.
 
95% des dossiers que nous soumettons sont des demandes d’asile. Une minorité fait une demande de régularisation au séjour, c’est une demande à la préfecture pour prolonger leur séjour afin qu’ils soient en situation régulière. Mais le problème c’est qu’avec ce type de procédure, ils ne pourront pas travailler pour subvenir à leurs besoins. Certains seulement peuvent se le permettre.
 
Au sein de l’association Revivre, des bénévoles accompagnent les réfugiés afin d’aider à la traduction. J’ai aussi mis en place un dispositif d’une douzaine d’hébergeants bénévoles qui accueillent une semaine ou dix jours des primo arrivants. Sinon ils dorment dans les aéroports ou chez des marchands de sommeil. On créé aussi un relais des centres d’accueil de demandeurs d’asile. »

Récit d'un réfugié coincé en Grèce

Propos recueillis par Léa Baron
Une famille syrienne au poste frontière de Masnaa / Photo AFP
Une famille syrienne au poste frontière de Masnaa / Photo AFP
Waleed raconte les difficultés rencontrées par l'un de ses meilleurs amis coincé en Grèce.

"J’ai encore beaucoup d’amis là-bas. Certains ont été arrêtés, d’autres ont même été tués lors de manifestations. L’un de mes meilleurs amis est coincé en Grèce. Cela fait 4 fois qu’il essaye de s’enfuir mais se fait attraper à chaque fois.

Cette semaine, il se donne une dernière chance de rejoindre Bruxelles. Il a déjà dépenser 2 000 euros pour tous les faux passeports qu’il a obtenu.  L’argent est collecté auprès de sa famille pour fuir. Une fois qu’il réussit, la famille repose tous ses espoirs sur lui pour le rejoindre et fuir aussi.

C’est toute une aventure. Il rejoint la Turquie en voiture. Puis d’un port du sud de la Turquie, il prend un bateau pour rejoindre la Grèce. Le trajet dure 3 heures, dans un petit canot sur lequel s’entassent 40 personnes avec des vieilles femmes et des enfants. Tout ça pour 4 000 euros.
Puis de la Grèce, il doit trouver un faux passeport pour aller en Suède ou en Allemagne. Mon ami veut aller à Bruxelles. Un ami en Belgique lui avait demandé d’accompagner sa mère jusqu'à Bruxelles pour lui faire quitter le pays. La femme a réussi à partir mais pas mon ami qui reste coincé en Grèce depuis deux mois."