Déchéance de nationalité : le recul de François Hollande

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Après plusieurs mois de débats houleux autour de la déchéance de nationalité, François Hollande fait machine arrière. Le président français a annoncé mercredi qu'il renonçait à la réforme constitutionnelle, qu'il avait initiée au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris.

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"J'ai décidé, après m'être entretenu avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, de clore le débat constitutionnel", a déclaré le chef de l'Etat français à l'issue du Conseil des ministres.

Il a reconnu, au cours d'une déclaration de 5 minutes, qu'un "compromis (était) hors d'atteinte" sur la question de la déchéance de nationalité.

Peu après cette déclaration, Jean-Christophe Cambadelis, député et premier secrétaire du Parti socialiste français a tenu à "présenter les excuses de la majorité aux Français".

 

Un peu plus tard en milieu d'après-midi, arrive enfin la réaction officielle du Premier ministre Manuel Valls, qui fait part de son "immense regret", accusant la droite sénatoriale d'avoir réfusé un accord.

Politiques: entre soulagement et sentiment d'échec


Du côté des politiques, à droite, le président du parti Les Républicains et candidat à la primaire du même parti à la candidature pour la présidentielle de 2017, Nicolas Sarkozy parle d'échec pour François Hollande.

Sur sa page Facebook, Jean-Luc Mélenchon, député européen, qui s'est déjà déclaré candidat à la présidentielle de 2017, crie, lui "Victoire! Mes futurs arrière-petits-enfants remercient François Hollande de renoncer à les discriminer".

Victoire ! Mes futurs arrière-petits-enfants remercient François Hollande de renoncer à les discriminer. Comme il...

Posté par Jean-Luc Mélenchon sur mercredi 30 mars 2016
Pour Marine Le Pen, présidente du Front National, candidate en 2017, le chef de l'Etat est "seul responsable" de cet "échec historique".

La twittosphère en ébullition


L'annonce par François Hollande de l'abandon de la révision constitutionnelle a aussi très vite embrasé la twittosphère, aussi bien en France qu'au delà des frontières françaises.

La déchéance "pour tous" au placard


Devant la polémique, François Hollande avait annoncé le 31 décembre s'en remettre au Parlement. L'Assemblée nationale avait alors trouvé un point de consensus sur la déchéance dite "pour tous".

Mais la droite sénatoriale, refusant catégoriquement de permettre la création d'apatrides pour les terroristes exclusivement Français, est revenue en arrière, disant se référer au discours de Versailles du chef de l'Etat.

Ironie de l'histoire, la version du Sénat a été adoptée juste après l'arrestation à Bruxelles de Salah Abdeslam, seul survivant du commando auteur des attaques du 13 novembre à Paris. Français de nationalité, Abdeslam n'était donc théoriquement pas concerné par la mesure telle qu'adoptée par le Sénat.
            
Dans un sondage réalisé avant l'abandon de la révision constitutionnelle, François Hollande poursuit sa chute (-4 points face à Juppé et Sarkozy au 1er tour en 2017) et serait donc éliminé quel que soit le candidat de la droite, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria diffusée mercredi.