Tim Cook, nouveau directeur d'Apple

Tim Cook, le nouveau PDG d'Apple, a déjà dirigé la compagnie à trois reprises. Mais l'homme qui va devoir écrire la nouvelle page de l'histoire d'Apple est encore inconnu du grand public.

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Tim Cook, le 11 janvier 2011/AFP.
Tim Cook, le 11 janvier 2011/AFP.
Dès sa première hospitalisation en 2004, Steve Jobs, alors directeur général d'Apple, avait désigné son successeur : Tim Cook, directeur opérationnel de la firme depuis 2007. Le 25 août dernier, dans sa lettre de démission, Steve Jobs a confirmé son choix.

Une succession préparée depuis longtemps, pour habituer le public à un changement de style assez drastique. Steve Jobs a développé son image d’inventeur génial avec ses nombreuses créations originales et ses présentations en fanfare. Tim Cook, plus discret, est pourtant souvent perçu comme l'autre responsable du renouveau d'Apple en 1998.

LE DEFI DES ANNEES 2000 : RELANCER UNE ENTREPRISE MOURANTE


A l'époque, il a 38 ans et son CV affiche 12 ans chez IBM comme responsable des opérations sur le continent américain et des passages remarqués chez Intelligent Electronics et Compaq. De son côté, Steve Jobs vient de lancer le premier iMac [voir encadré], mais doit faire face au départ de son responsable des opérations en assumant le travail lui-même.

« Je ne trouvais personne qui en sache autant que moi dans ce domaine ; j'ai tenu les deux postes pendant neuf mois avant de trouver quelqu'un qui ait autant de vision que moi, et c'était Tim Cook », a déclaré le fondateur d'Apple à Business Week. Apple est alors vue comme une cause perdue, et Steve Jobs doit convaincre en personne Cook de rejoindre son équipe.

Très vite, la nouvelle recrue permet à Apple de réduire ses coûts et d'accélérer sa vitesse de production. Se basant au départ sur les méthodes de Dell, en remplaçant les usines Apple par des prestataires extérieurs et en supprimant les délais de commande, Cook parvient à faire de la compagnie l'une des plus compétitives dans le secteur de l'informatique. Les créateurs de la marque peuvent ainsi concevoir des produits innovants : avec une production rapide qui ne nécessite pas de stock, les dégâts d'un flop commercial sont minimisés.

Tim Cook acquiert une réputation de grand travailleur et de manager brillant, enchaînant les voyages d’affaires pour s’assurer que les usines fonctionnent exactement comme il le souhaite. Jeff Kang, analyste chez Daishin Securities, affirme qu'il est « connu pour avoir eu un bon contact avec les fournisseurs asiatiques ».

Certains de ses anciens collaborateurs se plaignent de ce chef assez froid et distant ; d’autres préfèrent souligner qu’il s’est toujours montré prêt à écouter avec attention ses subalternes. L’image de fiabilité dont profite Apple, comparée aux bugs récurrents des PC de son principal concurrent, Windows, lui serait due en partie.

Tim Cook et Steve Jobs ensemble sur scène (2008)


UN DIRECTEUR DISCRET MAIS EFFICACE

Le profil austère du nouveau directeur contraste avec celui de Steve Jobs, et c’est probablement pour cela qu’il a été choisi. Apple ne manque pas de créateurs et de designeurs high-tech, mais aucun ne peut pour l’instant rivaliser avec l’aura de l’homme qui a construit le premier ordinateur de bureau.

En 2008, déjà désigné comme successeur potentiel, Tim Cook a accompagné son directeur lors d'une cérémonie de présentation de la marque. S’il adopte pour l’occasion le style vestimentaire de Steve Jobs, jeans et polo noir, il n’essaye même pas d’imiter le style explosif de son mentor, prêt à s’extasier sur scène de sa propre invention.

Dans le milieu très expansif et souriant de la Silicon Valley, son caractère tout en retenue lui a valu le surnom de "southern gentleman". Une allusion aux manières polies mais réservées du Sud des Etats-Unis où il a grandi et fait ses études.

Tim Cook n’aura aucun mal à gérer la firme et à conserver son image de producteur fiable qui justifie des prix plus hauts que ceux de la concurrence ; il compte s'inscrire dans la continuité de Steve Jobs, comme il l'affirme dans une lettre adressée à ses employés.

Mais Apple saura-t-il continuer à créer des produits novateurs pour en faire des succès instantanés ? Pour l'instant, la firme évite la question, en soulignant que Jobs garde un pied dans l’entreprise puisqu'il devient président du conseil d’administration.

Les produits phares d'Apple

1977: l'Apple 2, le premier micro-ordinateur produit en série, remporte un succès immédiat.

1984: le Macintosh fait ses débuts. Il est abordable et propose plusieurs innovations dont un lecteur de disques et une souris.

1998: Lancement de l'ordinateur tout en couleur iMac vendu 1.300 dollars.

1999: l'iBook, présenté comme un iMac portable, est commercialisé.

2001: Apple lance le baladeur iPod pour 399 dollars et ouvre son premier Apple Store a Palo Alto.

2003: Apple ouvre sa boutique de musique en ligne iTunes.

2007: Apple fait une entrée en trombe sur le marché des smartphones avec l'iPhone.

2010: Apple présente sa tablette iPad. Le groupe ravit en mai sa première place d'entreprise technologique en termes de capitalisation boursière à Microsoft.

2011: Lancement du service gratuit de stockage de données en ligne, iCloud.


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