Tunisie : 21 tués dans l'atttaque terroriste du Musée du Bardo

Les victimes de l'attaque du musée du Bardo à Tunis sont évacuées vers les hôpitaux le 18 mars 2015. Deux assaillants ont ouverts le feu faisant plusieurs victimes. 
Les victimes de l'attaque du musée du Bardo à Tunis sont évacuées vers les hôpitaux le 18 mars 2015. Deux assaillants ont ouverts le feu faisant plusieurs victimes. 
©AP Photo/Hassene Dridi

Des hommes armés ont lancé une attaque ce mercredi 18 mars contre le musée du Bardo à Tunis. Le dernier bilan de cette attaque est de 21 morts,dont 19 touristes parmi lesquels deux Français. Les deux assaillants ont été tués. Neuf suspects ont été arrêtés jeudi 19 mars à midi. 

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Les faits : attaque terroriste au musée du Bardo

factuel attaque bardo
©Récit de G.Villadier

Une attaque armée lancée par deux hommes contre le musée du Bardo à Tunis ce mercredi 18 mars, vers midi, a fait 21 morts parmi lesquels 20 touristes principalement étrangers (polonais, français, italiens, allemands et espagnols). 

Quarante-quatre personnes, dont six Tunisiens, ont été blessées, certaines grièvement.

Jeudi 19 mars au midi, la présidence tunisienne annonce avoir interpeller neuf suspects après cet attentat. 

Selon un communiqué de l'Elysée, deux Français ont péri au cours de l'attaque. Sept autres sont blessés, dont un reste "dans un état grave".

Le ministère des Affaires étrangères français a mis en place rapidement un numéro d'urgence : 01 43 17 56 46.

Vers  15h15 mercredi 18 mars  les médias tunisiens ont annoncé la fin de l'opération dans le musée du Bardo où un policier serait mort ainsi que les deux assaillants qui ont été tués :

Mais des complices pourraient avoir échappé aux forces de police. Selon une déclaration du Premier ministre tunisien Habib Essid : "il y a une possibilité mais il n'y a pas de certitude, (les deux assaillants) pourraient avoir été appuyés par deux ou trois éléments et nous sommes en train de mener de larges opérations de recherches pour identifier ces deux ou trois terroristes qui ont peut-être participé à l'opération."

La cible même des terroristes n'est pas anodine. Notre correspondante sur place, Rim Mathlouthi nous explique ce que représente le musée du Bardo : 

Rim correpondance Tunisie
©Interview réalisée par Mohamed Kaci

Réactions

Sur notre antenne, la magistrate et femme politique tunisienne Kalthoum Kanou témoigne. Elle était la seule femme candidate à la dernière présidentielle dans le pays. 

Kalthoum Kanou tunisie
©Interview réalisée par Mohamed Kaci

Le président François Hollande s'est exprimé depuis le musée du Louvre à Paris sur la situation en Tunisie après l'attaque du musée du Bardo :

Il a aussi souligné : "Chaque fois que des crimes terroristes sont commis, où que ce soit, nous sommes concernés."

Le ministre français des Affaires étrangères s'est également exprimé sur Twitter : 

Les Etats-Unis ont condamné avec "la plus grande fermeté" l'attaque "terroriste". Le Secrétaire général de l'ONU a adressé un message similaire ajoutant ses "plus sincères condoléances aux famille des victimes de cet acte lamentable."

Ce mercredi 18 mars au soir, le président de la République tunisienne prendra également la parole : 

Evacuation des visiteurs et des blessés

Les visiteurs du musée ont tous fini par être évacués du musée vers 16h. 

Quartier bouclé

Les forces de l'ordre entourent le Parlement et le musée. Le quartier est bouclé. 

"Une attaque terroriste"

Plus tôt dans la journée, le porte-parole officiel du ministère de l'Intérieur Mohamed Ali Aroui a déclaré sur la radio Mosaïque FM : "Une attaque terroriste (a visé) le musée du Bardo", une attaque apparemment menée par "deux éléments terroristes ou plus, armés de Kalachnikov". Une centaine de touristes se trouvaient apparemment dans le musée à ce moment-là et une majorité d'entre eux a été depuis évacuée. Cependant, certains seraient encore à l'intérieur où se trouveraient encore les hommes armés ayant menés l'attaque. 

La prise d'otages évoquée au début par les médias tunisiens n'a pas été confirmée par le ministère de l'Intérieur. Mais le Premier ministre français Manuel Valls a bien souligné auprès de l'Agence France Presse qu'"une prise d'otages" était en cours, et il l'a condamnée "avec la plus grande fermeté". François Hollande a exprimé la "solidarité de la France" à son homologue tunisien.

Tirs autour du Parlement

Ce midi, des tirs avaient été entendus près du Parlement tunisien en plein travail des commissions parlementaires :  


La députée Saïda Ounissi témoigne rapidement sur son compte Twitter de la situation à l'intérieur de l'Assemblée : 

Le parlementaires on été ensuite confinés dans le hall du Parlement et tweetaient de l'intérieur.

Les députés sont progressivement évacués comme en témoigne une journaliste française sur place :
 

Les coups de feu entendus proviendraient d'assaillants qui, faute d'avoir pu entrer dans l'Assemblée, auraient lancé cette attaque contre le musée national du Bardo qui se trouve juste à côté du Parlement. 

Le musée du Bardo à Tunis jouxte le Parlement. 
Le musée du Bardo à Tunis jouxte le Parlement. 
©Capture Google Maps

Manifestation de soutien

Dans le centre-ville de Tunis, ce mercredi 18 mars au soir, des centaines de Tunisiens manifestaient  après l'attaque qui a fait 19 morts au musée du Bardo, en scandant « Tunisie libre, le terrorisme dehors ».
Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Taïeb Baccouche, appelle les chefs d'Etat à se rendre à Tunis. «Ce serait évidemment symboliquement très important», a-t-il souligné.
 
Pour Mohsen Marzouk, conseiller politique du président tunisien, l'attaque "vise notre économie" en allusion à l'importance du secteur du tourisme. "Mais il ne faut pas que nous laissions ce coup nous affecter. Et je suis sûr que le monde gardera sa confiance en nous".
 

 

Le musée du Bardo

Il abrite une exceptionnelle collection de mosaïques dans un bâtiment mitoyen du Parlement à Tunis. Ses collections couvrent la Préhistoire et les époques phénicienne, punique, numide, romaine, chrétienne et arabo-islamique. Installé dans un palais beylical du XIXe siècle, le musée accueille des centaines de milliers de visiteurs chaque année, le pic ayant été atteint en 2005 avec 600.000 personnes. En 2011, année de la révolution dans le pays, seules 100.000 personnes l'avaient visité.