Turquie : l'attaque de l'aéroport d'Istanbul a été filmée

attentat suicide istanbul
©TV5MONDE/sujet de Pascale Achard

Les caméras de surveillance de l'aéroport international Atatürk d'Istanbul ont filmé en direct les attentats-suicides du jeudi 28 juin. Les trois kamikazes ont tué au moins 41 personnes, dont des étrangers, et en ont blessé 239 autres. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans la métropole turque, déjà visée trois fois cette année.

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Blessé par un policier turc, le kamikaze s'effondre à terre, se contorsionne et actionne sa charge d'explosifs. L'attentat suicide a été filmé par une caméra dans l'aéroport d'Istanbul, un détail inédit qui s'ajoute à l'horreur des témoignages de cette triple attaque. 

Selon les autorités, des explosions ont d'abord eu lieu à l'entrée du terminal des vols internationaux de l’aéroport Atatürk vers 22 heures. Trois assaillants ont mitraillé des passagers ainsi que des policiers en faction, une fusillade a éclaté puis les kamikazes se sont fait sauter. Au moins 41 personnes, dont 13 ressortissants étrangers, ont perdu la vie, et 239 autres ont été blessées.
 
Pour le moment, personne n’a revendiqué ces attaques mais le Premier ministre de la Turquie, Binai Yildirim, a estimé que tous les indices pointaient le groupe EI.
Sur une autre vidéo, une énorme boule de feu envahit l'image et des dizaines de personnes terrifiées courent dans tous les sens, paniquées. 
 
Les caméras de surveillance de l'aéroport, selon des vidéos reprises sur les réseaux sociaux, ont filmé en direct au moins deux des trois explosions déclenchées par les assaillants. 
 
Selon les autorités, des explosions ont d'abord eu lieu à l'entrée du terminal des vols internationaux vers 22H00 (19H00 GMT). Trois assaillants ont mitraillé des passagers ainsi que des policiers en faction, une fusillade a éclaté puis les kamikazes se sont fait sauter.
 
"J'attendais mon vol pour Tokyo et soudain plein de gens se sont enfuis et je les ai suivis. J'ai entendu des coups de feu et c'était la panique", a expliqué à l'AFP une Japonaise, Yumi Koyi. 
 
D'autres passagers se sont retrouvés face à face avec l'un des tueurs. "Je m'approchais de la douane, l'un des assaillants a commencé à courir, il a ouvert sa veste, il y avait à peine cinq ou six mètres entre nous", a raconté un Turc, Veysel Alay, au quotidien Milliyet.
 
"Nous venons de quitter l'aéroport. Ma femme a été blessée pendant l'attaque. Nous étions face à face avec le tueur pendant qu'il tirait", a expliqué un journaliste irakien, Steven Nabil. 
 
Le couple rentrait à New York après sa lune de miel et a échappé aux tueurs en se dissimulant dans le placard d'un salon de coiffure, selon son récit sur Twitter. D'autres ont eu le temps de détailler les vêtements des assaillants. "Il avait une écharpe rose, une veste courte et avait caché un fusil (dessous). Il l'a sorti et a commencé à tirer sur les gens. Il marchait comme un prophète", a raconté à l'AFP une Somalienne, Oftah Mohammed Abdullah.
 
Cette jeune femme était avec sa soeur quand les tirs ont commencé. "Ma soeur s'est mise à courir et je me suis jetée à terre et j'y suis restée jusqu'à ce qu'il arrête de tirer. Depuis, je suis sans nouvelles de ma soeur", a-t-elle ajouté. Elle n'est pas la seule dans ce cas. "J'ai été blessé au pied alors que je m'échappais après avoir entendu deux tirs. Mon père a lui aussi été blessé. C'était terrible, l'aéroport s'est soudainement transformé en champ de bataille", a raconté Ayse Ozkan, un Turc, au quotidien Milliyet. Il ignore où son père se trouve. 
 

Surréaliste

"C'était juste la panique. Les gens couraient, hurlaient. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Au début, j'ai pensé que c'était une bagarre ou quelque chose comme ça. Je n'avais aucune idée de ce qui se passait", a expliqué à l'AFP le Letton Rihards Kalnin. 
 
S'ensuit, selon ce témoin, une scène "surréaliste": "Pendant que nous étions cachés, quelqu'un nous montrait une vidéo sur son téléphone sur ce qui était en train de se passer 200 mètres plus loin !"
 
Les télévisions du monde entier ont montré en boucle ces images prises par des téléphones portables et aussitôt mises sur les réseaux sociaux, comme cela s'était déjà produit lors des attentats à l'aéroport de Bruxelles et à Paris. 
 
"Des gens ont eu de véritables crises de panique. On est resté caché pendant environ deux heures et finalement on nous a dit qu'on pouvait sortir. Dans l'aéroport il y avait du sang et des débris partout. C'était juste le chaos, c'était horrible", a encore raconté la Sud-Africaine Judy Favish.