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Turquie, la presse sous surveillance

NO COMMENT TURQUIE PRESSE
Pierre Desorgues et Stéphane Alyarangues

Kadri Gürsel, figure respectée du journalisme turc, vient d'être libéré. Mais 170 journalistes restent toujours emprisonnés en Turquie. Le pays occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières.

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Un tribunal d'Istanbul a ordonné, lundi 25 septembre, la remise en liberté du journaliste turc Kadri Gürsel et le maintien en détention de quatre de ses collègues accusés dans le cadre du procès controversé de dix-sept collaborateurs du quotidien d'opposition Cumhuriyet.

Le juge a décidé que le chroniqueur, l'une des figures les plus respectées du journalisme en Turquie, pouvait être libéré après 11 mois de détention, même s'il doit être jugé pour "activités terroristes".

Kadri Gürsel, chroniqueur pour Cumhuriyet.
Kadri Gürsel, chroniqueur pour Cumhuriyet.
©creative commons

Restent en détention quatre autres membres de Cumhuriyet : le patron du journal, Akin Atalay, et son rédacteur en chef Murat Sabuncu, qui, comme Kadri Gürsel, sont détenus depuis 330 jours ; le journaliste d'investigation Ahmet Sik, arrêté fin décembre et détenu depuis 269 jours ; et Yusuf Emre Iper, un comptable du quotidien détenu depuis 173 jours.

Au total, 17 dirigeants, journalistes et autres employés actuels ou passés de Cumhuriyet sont accusés d'avoir aidé trois "organisations terroristes armées": les séparatistes kurdes du PKK, un groupuscule d'extrême gauche appelé DHKP-C et le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, appelé FETO par les autorités et accusé d'avoir fomenté le coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016. Ils risquent jusqu'à 43 ans de prison.
Quelque 170 journalistes sont détenus en Turquie. Celle-ci occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.