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Turquie : le photographe français Mathias Depardon en grève de la faim

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Détenu depuis le 8 mai par les autorités turques, Mathias Depardon a entamé une grève de la faim depuis dimanche, le 21 mai. Selon Reporters sans frontières (RSF), il lui est reproché de travailler sans carte de presse et de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara. 

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Le journaliste indépendant français Mathias Depardon, arrêté en Turquie il y a deux semaines, est en grève de la faim depuis dimanche pour protester contre sa détention, a indiqué mardi Reporters sans Frontières.
"Mathias a décidé d'entamer une grève de la faim, qui en est à son troisième jour", a déclaré à l'AFP Erol Onderoglu, représentant de RSF en Turquie. 
RSF a affirmé avoir été informé de cette grève de la faim par l'avocate du journaliste. L'AFP a tenté de la contacter mais elle n'était pas joignable mardi.
Mathias Depardon, un photojournaliste installé en Turquie depuis cinq ans et qui travaille pour plusieurs publications, a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf, dans la province de Batman (sud-est), où il effectuait un reportage pour le magazine National Geographic.

Une décision d'expulsion non-appliquée

Il a rapidement été transféré dans un centre d'accueil géré par la Direction des affaires migratoires à Gaziantep, également dans le sud-est du pays, où il est retenu depuis lors malgré une décision d'expulsion émise le 11 mai.
"On ne sait toujours pas pourquoi cette décision d'expulsion n'est pas appliquée", a déclaré le représentant de RSF, dénonçant une "situation insoutenable et inacceptable".
Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l'est et Asie centrale de RSF, appelle "le nouveau gouvernement français à intervenir fermement pour protéger le photographe et assurer sa remise en liberté". 
Une source diplomatique française a affirmé à l'AFP que les autorités turques n'avaient pas à ce jour donné suite aux demandes françaises pour des contacts directs avec le journaliste, qu'il s'agisse de visites ou d'appels téléphoniques.
Les autorités turques reprochent au photojournaliste de travailler sans carte de presse, sa demande de renouvellement n'ayant pas abouti, ce qui peut conduire à son expulsion du pays, explique M. Onderoglu.
Mais il lui a aussi été reproché de soutenir le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara. Cette accusation pourrait conduire à une procédure judiciaire, selon M. Onderoglu.
RSF, ainsi que deux autres organisations de défense de la liberté de la presse et 19 rédactions, ont envoyé vendredi une lettre ouverte au ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, appelant à la libération de Mathias Depardon. 
Les conditions de travail se sont dégradées ces derniers mois pour les journalistes étrangers en Turquie, selon des défenseurs de la liberté de la presse qui font état d'arrestations, d'expulsions et de difficultés administratives.
Le mois dernier, un journaliste italien, Gabriele Del Grande, a été arrêté en Turquie alors qu'il effectuait un reportage à la frontière syrienne sur les réfugiés. Il a été expulsé après deux semaines de détention.