Ukraine : inquiétudes pour la Crimée et l'unité du pays

Ce samedi 1er mars, le président russe Vladimir Poutine a demandé au Conseil de la Fédération d'envoyer des troupes en Ukraine. Depuis le début de matinée, les réactions s'enchaînent face au déploiement armé en République autonome de Crimée.

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En images : le point sur la situation à 12h30 (TU)

JT TV5MONDE

En images : le point sur la situation à 12h30 (TU)

Des soldats encore anonymes...

Duplex avec notre correspondant en Ukraine Sébastien Gobert

01.03.2014
Des soldats encore anonymes...

... “équipés de matériel dernier cri“

Duplex avec notre correspondant en Ukraine Arnaud Comte

01.03.2014
... “équipés de matériel dernier cri“

Déploiement de force dans la péninsule

01.03.2014Avec AFP
6 000. C'est le nombre de soldats déployés en Crimée par la Russie, selon le gouvernement ukrainien, qui y lit une "provocation". Le ministre de la Défense Igor Tenioukh a dénoncé une "violation grossière" des accords régulant la présence de la flotte russe de mer Noire dans la péninsule.

Ce matin, le quartier du Parlement de Crimée semblait en état de siège avec l'installation près de son entrée de deux mitrailleuses pointées vers l'extérieur et le déploiement de dizaines d'hommes en uniforme à ses abords, pour la première depuis le début des tensions dans ce territoire du Sud de l'Ukraine dont les pro-russes prennent chaque jour un peu plus le contrôle.

Ce samedi matin, le siège des gardes-côtes ukrainiens dans la ville de Sébastopol était également entouré par environ 300 hommes, se disant mandatés par le ministre russe de la Défense, selon un communiqué du service des gardes-frontières ukrainiens. Tandis qu'à Donetsk, plus de 10 000 personnes pro-russes manifestaient contre les nouvelles autorités de Kiev.

Ce samedi 1er mars, la présidente du Sénat russe, Valentina Matvienko, a déclaré que son pays pourrait envoyer des soldats en Crimée pour garantir la sécurité de la flotte russe de la mer Noire et des citoyens russes dans cette région, en soulignant que la décision revenait "évidemment" au président russe. Un peu plus tôt dans la matinée, la chambre basse du Parlement russe (Douma) demandait à Vladimir Poutine de "protéger par tous les moyens" la population de Crimée "contre l'arbitraire et la violence". Selon son président, Sergueï Narychkine, il y aurait eu "des tentatives de groupes armés de pénétrer dans différents lieux, en particulier les tentatives de prendre d'assaut le bâtiment du ministère régional de l'Intérieur de Crimée", ajoutant : "Il est clair que cela vise à déstabiliser le travail des autorités locales ainsi que la situation politique en Crimée."

Ces déclarations russes font suite à l'appel du Premier ministre de la péninsule, Sergiï Aksionov, à aider à restaurer "la paix et le calme" dans la République autonome de Crimée.


Réactions internationales

Plus la présence de blindés en Crimée inquiète, plus les réactions internationales se font jour. Après Barack Obama, qui a prévenu que toute intervention militaire russe aurait un "coût", Varsovie a appelé à l'arrêt de tout "mouvement provocateur" des forces armées en Crimée. Le chef de la diplomatie polonaise a écourté une visite en Iran, à cause de la situation.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est dit inquiète des événements en cours lors d'un discours prononcé à Berlin pendant une manifestation culturelle. Elle a insisté sur l'importance "de préserver l'intégrité territoriale" du pays.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a, lui, déclaré en marge du congrès du Parti socialiste européen à Rome que "l'intégrité territoriale de l'Ukraine doit être respectée", appelant à "un grand sens des responsabilités" de la part de "tous les acteurs".

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, doit lui se rendre à Kiev ce dimanche 2 mars pour discuter avec le nouveau gouvernement. Il indiquait ce samedi sur son compte Twitter avoir parlé avec son homologue russe Sergueï Lavrov et avoir "appelé à une désescalade en Crimée et au respect de la souveraineté" de l'Ukraine.