Ukraine : un an de conflit sans issue

Ukraine un an de violences
Le 6 avril 2014, des militants prorusses s'emparaient de l'administration régionale de Donetsk et de celui des services secrets à Lougansk, dans l'est du pays. Une rébellion qui va vite basculer dans la guerre. Retour sur un an de violences.
Récit en images de Baptiste Charbonnel

Voici un an jour pour jour ce 6 avril 2015 qu'éclatait le conflit  entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes dans l'est du pays. Bilan : plus de 6 000 morts, une insécurité terrible pour les civils, un cessez-le-feu fragile et l'impasse diplomatique. Retour sur une année de violences.

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Y a-t-il un vainqueur après un an de guerre dans l'est de l'Ukraine ? Pas Kiev, ni les séparatistes prorusses, ni la diplomatie occidentale. Sauf peut-être Vladimir Poutine qui a plus gagné que perdu dans la confrontation. Tour d'horizon des principaux protagonistes impliqués dans le conflit : 
 

Vladimir Poutine, l'inflexible

Photo : AP
Le président russe, 62 ans, soutient les séparatistes qui "ont pris les armes pour défendre leur vie et leur dignité". Evoquant l'opération militaire de Kiev contre les rebelles, il déclare : "Cela me rappelle la Seconde Guerre mondiale, quand les troupes fascistes allemandes tiraient sur nos villes et la population civile". Il affirme que le pouvoir à Kiev est issu d'un "coup d'Etat organisé par Washington" contre le président prorusse Viktor Ianoukovitch et dénonce "les forces néonazies" qui, selon lui, se déchaînent en Ukraine. 
 
Accusé par Kiev et les Occidentaux de fournir massivement des soldats et du matériel aux séparatistes, il a toujours démenti et affirme que seuls des volontaires viennent de Russie pour les aider. Il est un acteur clé du conflit dans la mesure où la survie des territoires rebelles dépend très largement de l'aide humanitaire, mais aussi militaire et financière, selon les Occidentaux, apportée par la Russie.
                  

Petro Porochenko, l'oligarque devenu président  

Photo : AP
Ce milliardaire de 49 ans a été élu en mai à la tête d'un pays au bord de la faillite et en proie à une insurrection armée. Il s'était alors flatté de pouvoir en trois mois normaliser les relations avec la Russie et pacifier les régions rebelles. Il a échoué. Et son opération de reconquête des territoires séparatistes s'est soldée par plusieurs cuisantes défaites, notamment en août à Ilovaïsk (360 militaires ukrainiens tués et 180 autres portés disparus).
 
Soutenu financièrement par les Occidentaux, Petro Porochenko promet de reconquérir la Crimée, annexée par la Russie, et les régions séparatistes. Une promesse qui semble difficile à tenir, d'autant que Kiev ne cesse de dénoncer la présence aux côtés des rebelles de milliers de militaires russes et la fourniture massive d'armements par le Kremlin.
                  

Alexandre Zakhartchenko, l'homme fort de Donetsk

Photo : ©sputnik - Igor Maslov
Fils de mineur devenu homme d'affaires, il a commandé des unités rebelles avant de devenir Premier ministre, puis président de la "République populaire de Donetsk" (DNR). "Nous ne pouvons pas vivre avec l'Ukraine dans un même pays", répète-t-il. Il entend "construire un nouvel Etat et récupérer les territoires de l'Est actuellement sous contrôle ukrainien", notamment le grand port de Marioupol, sur la mer d'Azov. Connu pour des propos parfois violents, Alexandre Zakhartchenko, 38 ans, a déclaré avoir donné l'ordre à ses troupes "de ne plus faire de prisonniers".
                  

Igor Plotnitski, le nostalgique de l'URSS 

Photo : Valeri Melnikov - RIA Novosti
Ancien militaire à la carrure massive, reconverti dans les affaires après la chute de l'URSS, il a été  "ministre de la Défense" du territoire séparatiste avant de prendre la tête de la "République populaire de Lougansk" (LNR) en août.
Très attaché au passé soviétique et à l'héritage communiste, comme la plupart des responsables rebelles, cet homme de 50 ans a qualifié de "génocide moral" le démontage d'une statue de Lénine à Kharkiv, grande ville de l'est de l'Ukraine sous contrôle de Kiev. "Il n'y aura pas de retour en Ukraine",  affirme Igor Plotnitski.
                  

Igor Guirkine, nom de guerre "Strelkov"

Photo : RIA Novosti
Ce citoyen russe de 45 ans, ancien colonel du FSB (services de renseignements russes, ex-KGB), organise les premières milices armées avec des volontaires venus de Russie et de Crimée dès le début de la rébellion. Fort de l'expérience acquise lors des guerres de Tchétchénie et de Yougoslavie, il prend ensuite la tête des forces séparatistes et organise la défense de Slaviansk, bastion emblématique des rebelles.
En juillet, il abandonne la ville pour échapper à l'encerclement des forces ukrainiennes. Le mois suivant, il est démis de ses fonctions dans des conditions mystérieuses et revient en Russie.
 
Lié à l'homme d'affaires Konstantin Malofeev, proche du Kremlin, Strelkov est l'un des symboles de l'aide militaire non-officielle, en hommes et en matériel, que la Russie apporte aux séparatistes.
                  

François Hollande et Angela Merkel, les médiateurs

Photo : AP
Le président français et la chancelière allemande ont été les initiateurs et les maîtres d'oeuvre des accords de Minsk qui ont abouti en septembre à un cessez-le-feu, rapidement ignoré par les belligérants. Ils ont tracé les grandes lignes d'un accord politique pour régler le conflit ukrainien.
 
En février 2015, alors que les Etats-Unis menaçaient la Russie de nouvelles sanctions, ils ont réussi à convaincre Poutine et Porochenko de réaffirmer leur soutien aux accords de Minsk, pour parvenir à un nouveau cessez-le-feu, fragile, mais globalement respecté. "Nous ne nous faisons aucune illusion, il va y avoir encore de gros obstacles devant nous", reconnaissait cependant Angela Merkel à l'issue du sommet de Minsk-2.
 

Un printemps français à Kiev : un hommage à la liberté en images

Je suis un rêve
Une manifestation culturelle française en Ukraine : la liberté en images.
Extrait de la rubrique culture d'Isabelle Soler