Un ex-otage raconte Mehdi Nemmouche, geôlier violent pour l'EI en Syrie

Nicolas Henin lors de la conférence de presse du 6 septembre 2014 à Paris (@AFP)
Nicolas Henin lors de la conférence de presse du 6 septembre 2014 à Paris (@AFP)

Le suspect de l'attaque terroriste au Musée juif de Bruxelles aurait été l'un des geôliers des otages occidentaux de l'État islamique. Rapportée dans un premier temps par le quotidien français Le Monde, cette information émane de la section antiterroriste du parquet de Paris, suite aux éléments transmis par Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Victime de Mehdi Nemmouche, l'ex-otage et journaliste français Nicolas Hénin s'est confié à la presse.

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Ce sont des témoignages d'ex-otages journalistes, libérés le 20 avril dernier, qui permettent d'affirmer que Mehdi Nemmouche a bien été l'un des geôliers de l'État islamique, même si les propos de ces Français revenus de Syrie ne concordent pas toujours. Certains sont catégoriques, d'autres plus hésitants, évoquant "une possibilité". Ces variations dans les déclarations ne semblent cependant pas avoir été un obstacle à la transmission de ces informations par la DGSI.

Parmi les témoignages, celui du journaliste français Nicolas Hénin à l'hebdomadaire Le Point, est éloquent : "Il regarde ses mains, fait craquer ses doigts dans une attitude de boxeur et ajuste ses gants. 'Tu vois ces gants de moto ? Je les ai achetés pour te frapper. Rien que pour toi. Tu les as aimés ?'", raconte-t-il. Ce samedi 6 septembre 2014, l'ex-otage a donné une conférence de presse à Paris. TV5MONDE y était. Ecoutez Nicolas Hénin :

06.09.2014Propos recueillis par Amandine Sellier et Guillaume Gouet
Un ex-otage raconte Mehdi Nemmouche, geôlier violent pour l'EI en Syrie

Bourreau pervers

Pendant quelques mois en Syrie, entre juillet et décembre 2013, Mehdi Nemmouche s'est donc "occupé" de Nicolas Henin et des autres otages occidentaux : "C'était un jeune homme paumé et pervers. Le soir venu, il venait narguer les otages, chantait et leur racontait des épisodes de Faites entrer l'accusé... Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait, continue l'ex-otage. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français."

Ainsi Mehdi Nemmouche aurait-il été l'un des geôliers de Didier François, Edouard Elias, Pierre Torres et Nicolas Hénin, les quatre journalistes français enlevés en juin 2013. Les ex-otages sont régulièrement consultés par la DGSI et la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) en France. D'après Le Monde, certains éléments retenus parmi les autres témoignages ont également fait état de la présence du suspect de la tuerie de Bruxelles parmi les gardiens de l'ancien otage, James Foley, ce journaliste américain décapité le 20 août dernier par l'État islamique.

Mehdi Nemmouche le 15 août 2005 (@AFP)
Mehdi Nemmouche le 15 août 2005 (@AFP)
D'une grande brutalité

Mehdi Nemmouche n'aurait été, selon certains témoins, qu'un "exécutant de base" de l'État islamique, mais il aurait fait preuve d'une grande brutalité et aurait commis des actes graves. Il était en charge des otages occidentaux alors retenus dans un ancien hôpital d'Alep, transformé en prison, où il torturait également les prisonniers syriens. Une information qui devait rester secrète afin ne pas mettre en danger les autres otages encore détenus en Syrie par l'État islamique, explique Le Point.

Arrêté en France après le quadruple assassinat commis au Musée juif de Bruxelles le 24 mai, Mehdi Nemmouche a été extradé en Belgique le 29 juillet dernier. Il avait auparavant séjourné en Syrie et avait rejoint les rangs de l'État islamique.