Une manifestion dégénère à Genève

Le Grand Théâtre de Genève a reçu des jets de peinture
Le Grand Théâtre de Genève a reçu des jets de peinture
Capture d'écran du reportage de la RTS

Plusieurs centaines de manifestants ont bravé l'interdiction de manifester alors que la ville est toujours en état d'alerte. Samedi soir, ils ont provoqué de gros dégats dans la paisible cité suisse francophone.

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Des tags aux slogans anticapitalistes. Des façades défigurées. Des vitrines brisées. Genève s'est réveillée sous un bien triste spectacle ce dimanche.

La cause? Quelque 500 personnes, selon la police, qui se sont réunies samedi soir, vers 22 heures, au parc des Cropettes, dans les environs de la gare, pour un rendez-vous «sauvage». L'appel avait été diffusé sur internet jeudi 17 décembre.

Un journaliste de la «Tribune de Genève» raconte avoir assisté au rassemblement dans une ambiance tendue, loin d'être festive.

Le cortège s'est ensuite dirigé vers la gare Cornavin pour s'attaquer à ses principales enseignes. Boutiques de téléphonie, banques, bijouteries... de nombreuses vitrines ont été saccagées. Le montant des déprédations est très lourd puisqu'il atteint des dizaines de milliers de francs. 

Puis le cortègel a continué et s'est attaqué au Grand Théâtre, dont la façade a pour ainsi dire changé de couleur. Dans un appel diffusé sur internet, les organisateurs expliquaient «Nous prenons la rue parce que l’état de Genève subventionne en grande majorité le Grand Théâtre, un lieu de culture bourgeoise pratiquant des tarifs inaccessibles aux plus nombreux.»

 

Une multitude de symboles et de dessins ont été tracés sur des façades, des devantures et autres vitrines. De nombreux slogans hétéroclites ont également été badigeonnés, attaquant tour à tour les banques, la police, les lois et le capitalisme. Plusieurs défendaient la liberté, les réfugiés et la Palestine, indifféremment en français, allemand ou en anglais.

Pierre Maudet, chef du Département de la sécurité et de l’économie (DSE), a réagi dans la Tribune de Genève: ««Je suis furieux et scandalisé par ce saccage intolérable. On a affaire à une bande de casseurs «professionnels», à l'image de ce que Berne et Zurich ont récemment connu.» Le magistrat a dimanche matin effectué une reconnaissance des lieux touchés.

 

D'abord discrète, la présence policière s'est renforcée jusqu'à l'affrontement, qui a eu lieu dans le quartier de la Jonction, où des projectiles ont été jetés en direction des forces de l'ordre qui bloquaient l'avancée du cortège s'approchant d'un poste de police.

L'intervention tardive de la police, pourtant prévenue de la manifestation comme le signale notre journaliste, est déjà pointée du doigt:

Dans une interview accordée à la Tribune de Genève, la cheffe de la police justifie ainsi la réponse policière: «Dans le cadre de ce type de rassemblement, le but de la police consiste dans un premier temps à observer la situation pour savoir à quoi s’attendre, puis à prévenir les éventuels débordements en sécurisant les lieux particulièrement sensibles, comme les rues Basses, les bâtiments officiels dont les hôtels de police.»

 

Ce rendez-vous nocturne, initié pour protester contre les coupes budgétaires visant les lieux de culture alternative, s'est terminé au boulevard Carl-Vogt. Les forces de l'ordre y attendaient les manifestants avec un fourgon tonne-pompe. Deux policiers ont été légèrement blessés durant la confrontation.

Aucune arrestation n'a encore eu lieu. «Le travail d'enquête pour identifier les casseurs, qui étaient une trentaine, a commencé. Nous exploiterons notamment les caméras de vidéosurveillance disséminées sur leur parcours», a précisé dimanche à l'ATS le porte-parole de la police, Jean-Philippe Brandt.