Venezuela: la situation vue par la presse nord et sud-américaine

Des manifestants pro-Maduro lors du rassemblement pour la paix dans le pays, le 22 février © AFP
Des manifestants pro-Maduro lors du rassemblement pour la paix dans le pays, le 22 février © AFP

Alors que pro-gouvernement et opposants ont défilé « pour la paix »  samedi 22 février, le président vénézuélien a appelé au dialogue national. C’est dans ce contexte que Nicolas Maduro doit rencontrer, ce lundi, le chef de l’opposition, Henrique Capriles. La situation du pays fait la Une de la presse nord et sud américaine. 

dans
L'Argentine s'intéresse à la rencontre entre le président Maduro et le chef de l'opposition et ex-candidat à la présidentielle de 2012, Henrique Capriles. Ce dernier doit rencontrer le chef de l'Etat vénézuélien ce lundi. Le canard argentin La Voz annonce : "Maduro et Capriles se voient aujourd'hui à Miraflores". C'est une réunion institutionnelle qui pourrait ramener le calme dans les rangs de l'opposition. Côté américain, le Miami Herald a choisi de dénoncer la "lutte" contre les médias dans laquelle s'est lancé Nicolas Maduro. Il titre: "Les diffusions de la "guerre civile" agacent Maduro"

Au Chili et en République Dominicaine, les journaux axent leur Une sur la détermination des manifestants. Le quotidien chilien El Mercurio a obtenu un entretien avec le leader de l'opposition. Le titre est sous forme de citation : "Henrique Capriles, opposant vénézuélien: "Les gens continuerons de protester jusqu'à obtenir des réponses"". Le journaliste annonce également la "rencontre entre Maduro, Capriles et les différentes autorités régionales du pays".  Le quotidien dominicain Listin Diario a lui aussi choisi de mettre en avant la ténacité des manifestants: "Capriles: les protestations continueront jusqu'à ce que les demandes soient satisfaites". 

En Colombie, les journaux El Tiempo et Vanguardia rappellent que la contestation se passe dans la rue et que les manifestations ne faiblissent pas. El Tiempo insiste sur le fait que "les Etats-Unis, l'Union européenne et les autres acteurs internationaux ont appelé à cesser les violences et la violation des libertés fondamentales et à respecter le droit de la manifestation pacifique". Vanguardia titre "Le Venezuela est dans la rue" en revenant sur la manifestation pacifique du 22 février. Le journal rappelle que "depuis le 4 février, le conflit a déjà fait 10 morts".  

La répression du gouvernement vénézuélien fait beaucoup parler d'elle. Pour preuves, le Une du journal américain El nuevo herald "Le discrédit de Maduro augmente dans le Monde". Le journaliste écrit que, selon "certaines analyses, le Venezuela perdrait son masque démocratique". En cause, la répression violente du gouvernement. Il rapporte que certains experts "comparent le régime vénézuélien a celui de la Syrie, de l'Iran ou de Cuba". Pour sa part, le quotidien vénézuélien El Nacional n'hésite pas à titrer : "La répression des protestations viole les règles de l'ONU".

Au Venezuela toujours, le quotidien El Universal annonce: "La manifestation pacifique reprend les rues". Il fait référence aux différents rassemblements pour la paix du samedi 22 février. Les protestataires ont notamment formés des chaînes humaines, arborant des pancartes et des drapeaux vénézuéliens. De son côté, le journal Ultimas Noticias se veut plus polémique. Il écrit: "Maduro annonce une main dure contre le fascisme". Il fait notamment écho au tweet de la ministre de la communication dans lequel elle disait qu'il fallait "lutter contre les fascistes". 

La situation au Venezuela préoccupe ses voisins nord et sud-américains. La répression du président vénézuélien envers les manifestants est critiquée par les Etats-Unis, premier allier économique du pays. De l'autre côté, Nicolas Maduro, en principe soutenu par ses homologues colombien, chilien et péruvien, n'a pas supporté le rappel à l'ordre de ces derniers. En effet, les trois présidents sud-américains ont récemment condamnés les violences faites des deux côtés. Le journal Le Monde affirme qu'à la suite de ces déclarations, le président vénézuélien s'est tout de suite empressé de traiter son homologue colombien, Juan-Manuel Santos, de "menteur" et "d'insolent". Il a également rappelé son ambassadeur au Panama. Son explication: "la droite latino-américaine qui a cédé aux pressions de Washington s'est alignée contre le Venezuela". 

Du côté de l'Union européenne, les réactions sont assez rares pour le moment. La presse européenne est particulièrement préoccupée par la crise urkrainienne, principale actualité de ces derniers jours. Plusieurs centaines de manifestants issus de la diaspora vénézuélienne se sont rassemblés dimanche 23 février à Bruxelles. Ils demandent à la communauté internationale et, notamment, à l'Union européenne de faire pression sur le gouvernement de Nicolas Maduro.