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Venezuela : Les manifestations s'intensifient malgré l'interdiction du gouvernement

Manifestation d'opposants au projet de rédiger une nouvelle constitution du président vénézuélien Nicolas Maduro, le 13 juillet 2017 à Caracas © AP Photo/Ariana Cubillos
Manifestation d'opposants au projet de rédiger une nouvelle constitution du président vénézuélien Nicolas Maduro, le 13 juillet 2017 à Caracas © AP Photo/Ariana Cubillos

L'opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé à manifester, en dépit de l'interdiction de se rassembler, sans discontinuer de vendredi 28 à dimanche 30 juillet 2017, jour de l'élection des membres de l'Assemblée constituante contestée, faisant craindre de nouvelles violences.

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"Nous appelons le peuple du Venezuela à se préparer à une journée intense de manifestations dans les rues vendredi, samedi et dimanche, pour que tout le pays montre au monde que la Constituante n'a aucune légitimité", a déclaré lors d'une conférence de presse Freddy Guevara, vice-président du Parlement dirigé par l'opposition. "Nous invitons le pays à se préparer à prendre les routes principales, les avenues, les rues et nous y maintenir jusqu'à stopper cette fraude constitutionnelle", a ajouté le député d'opposition Jorge Millan.

Jeudi 27 juillet, le ministre de l'Intérieur, le général Nestor Reverol, avait annoncé que "sont interdits les réunions et manifestations publiques, les rassemblements et tous les événements de même nature susceptibles de perturber ou d'affecter le déroulement normal du processus électoral". Il a prévenu que les contrevenants risquent de cinq à dix ans de prison.

Ces appels à manifester trois jours durant malgré l'interdiction, après 48 heures de grève générale où des affrontements violents avec la police ont fait cinq nouvelles victimes, font craindre de nouveaux heurts. Ces derniers décès portent à 108 le nombre de morts depuis le début des manifestations contre M. Maduro début avril.

Proposition de dialogue 

Devant une "situation politique et sécuritaire imprévisible", les Etats-Unis ont ordonné jeudi aux familles des diplomates en poste au Venezuela de quitter le pays. La diplomatie américaine a également précisé qu'elle "autorisait le départ volontaire des employés gouvernementaux" travaillant à l'ambassade des Etats-Unis à Caracas.

Washington a pris depuis longtemps fait et cause pour l'opposition, le président Donald Trump qualifiant son homologue vénézuélien de "dictateur" et imposant des sanctions contre 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a tenté de désamorcer la crise en proposant un dialogue à ses adversaires avant l'élection. "Je propose à l'opposition politique vénézuélienne qu'elle abandonne le chemin de l'insurrection (...) et que nous instaurions dans les prochaines heures, avant l'élection et l'installation de l'Assemblée constituante, un cadre pour dialoguer", a déclaré le chef de l'Etat socialiste, tout en affirmant que son projet de modifier la Constitution irait jusqu'au bout.

Maduro Venezuela
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"L'opposition a intérêt à accepter cette proposition", a prévenu le président socialiste devant des milliers de sympathisants réunis dans le centre de Caracas.

En conférence de presse, Freddy Guevara a rétorqué qu'à aucun moment le gouvernement n'a fait de proposition sérieuse de dialogue.
 

48 heures de paralysie

L'appel à la grève de 48 heures, qui s'est achevée jeudi soir, a été suivi à 90% dans le pays, s'est félicité la coalition de l'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), à l'origine du mouvement. Côté gouvernement, on assure que la grève est un échec.

Les principales centrales syndicales ont apporté leur soutien à la mobilisation. Signe de la paralysie d'une partie du pays, des magasins fermés étaient visibles à Caracas, où les longues voies rapides paraissaient presque vides.

Les antichavistes - du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, dont Nicolas Maduro est l'héritier - tentent à tout prix d'empêcher la désignation dimanche des 545 membres d'une Assemblée constituante voulue par le président, accusé par l'opposition de vouloir réécrire la Constitution à son profit, et exigent avant tout des élections générales.

M. Maduro fait face depuis plus de quatre mois à des manifestations quasi-quotidiennes pour réclamer son départ, mais le chef de l'Etat, dont le mandat s'achève en janvier 2019, a réaffirmé sa détermination de mener à bien son projet.

"C'est l'atout majeur, le va-tout d'un gouvernement qui, pour se maintenir au pouvoir, doit suspendre la démocratie", juge l'analyste Colette Capriles.

L'opposition boycottera cette élection, dernier rebondissement de la violente crise politico-économique qui secoue le Venezuela depuis la victoire des antichavistes fin 2015 aux législatives.

L'opposition voit dans ce projet de réécrire la Constitution un moyen pour M. Maduro de se cramponner au pouvoir, de contourner le Parlement élu, où elle est majoritaire, et d'éviter la présidentielle de fin 2018.

Opposition Venezuela
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Le gouvernement assure que la future Assemblée sera un "super pouvoir" qui aura la capacité de dissoudre le Parlement, qu'elle apportera la paix et permettra au pays de se redresser économiquement.

Quelque 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80% rejettent la gestion de Nicolas Maduro, selon l'institut de sondage Datanalisis.