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Video - Colombie : la guérilla des FARC devient le parti de la FARC

Farc Vidéo

Après un demi-siècle de guérilla armée, les Forces armées révolutionnaires de Colombie tournent la page et font leur entrée en politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. L'acronyme demeure donc et le nouveau parti se dote d'un nouvel emblème, une rose rouge assise sur les lettres FARC en vert. Ambition déclarée  : arriver un jour au pouvoir. Son congrès fondateur se tenait à Bogota. 

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 C'est un mouvement politique de gauche qui vient de voir le jour en Colombie, deux semaines après la fin du processus de dépôt des armes dans le cadre de l'accord de paix signé en novembre 2016 entre le gouvernement et les anciens guerilleros des FARC.

L'ancienne rébellion affiche désormais son ambition : accéder au pouvoir par la voie légale.

La rose rouge comme emblème, FARC, toujours

Réunie en congrès fondateur à Bogota, elle s'est choisie un nouvel emblème : une rose rouge ornée d'une étoile à cinq branches qui remplace le blason arboré pendant 53 ans par le mouvement armé représentant deux fusils entrecroisés et un livre sur fond de drapeau colombien.
 


Pour l'analyste Ariel Avila, la rose est "un message de réconciliation" et un signe de quête de relations nationales et internationales.

Et puis, les FARC changent de nom : Fuerza Alternativa Revolucionaria del Comun (Force alternative révolutionnaire commune) l'a emporté sur Nueva Colombia (Nouvelle Colombie) par 628 voix contre 264.
  
Mais l'acronyme demeure.  Est-ce une bonne idée ?

A priori, non, tant la majorité des Colombiens l'assimilent aux milliers de crimes attribués à la rébellion, qui pâtit de 80% d'opinions défavorables, selon les derniers sondages.

Mais voilà, les FARC ne renient pas leur histoire, explique l'ancien commandant Ivan Marquez. 
 

Il se peut que pour certains le sigle Farc ait une signification négative, mais il représente notre histoire, notre passé révolutionnaire qui ne va pas changer.
L'ex-commandant Ivan Marquez
La volonté révolutionnaire reste donc d'actualité. Les thématiques chères au mouvement, également - justice sociale, réforme agraire, éducation, santé gratuite pour tous - dans un pays historiquement dominé par la droite libérale et conservatrice.

Les mêmes leaders

Et les chefs restent en place, 71 membres de l'état-major de l'ex-guérilla, sans oublier Rodrigo Londoño, alias "Timochenko", maintenu comme chef suprême.

La direction nationale du mouvement, elle, est élargie à 111 personnes pour intégrer des représentants du parti communiste clandestin et de communautés ethniques.

Ce sera un organe de décision à caractère collectif.
 

Leur problème, ce n'est pas la collégialité, mais que, pendant un temps, ils vont continuer à avoir une vision verticale de la vie, et en politique, ce n'est pas comme ça.
Ariel Avila, directeur de la fondation Paz & Reconciliación

Des candidats pour les législatives de 2018


En décembre dernier, l'ex-guérilla a écarté de se présenter à la présidentielle de mai 2018, s'engageant à soutenir un candidat qui garantisse l'application de l'accord de paix signé en novembre 2016 après 4 ans de négociation à Cuba.

Ce vendredi à Bogota - à quelques mètres du palais présidentiel attaqué par les FARC en 2002 avec des bombes artisanales - et devant des milliers de sympathisants de la rébellion qui l'acclamaient en l'appelant par son diminutif "Timo, Timo", le chef suprême a  proposé un gouvernement de transition pour 2018, et demandé pardon pour les milliers de crimes commis par l'ex-rébellion. 

 
Nous n'hésitons pas à tendre la main en signe de pardon et de réconciliation, nous voulons une Colombie sans haine, nous venons prôner la paix et l'amour fraternel entre compatriotes"
Le chef suprême de la FARC, Rodrigo Londono, alias "Timochenko"

Les anciens rebelles ont l'intention de se positionner aux législatives de 2018. Ils  seront choisis par la direction nationale et inscrits en novembre auprès des autorités électorales, selon l'ex-commandant Pablo Catatumbo.

L'accord de paix garantit à la FARC cinq sièges dans chacune des deux chambres du Parlement, mais ces députés et sénateurs nommés devront quand même se présenter aux élections, à l'issue desquelles le nouveau parti espère amplifier cette représentation.