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Vidéo - Israël se dote d'un vaste programme anti-migrants très autoritaire

Programme anti-migration lancé en Israël
TV5MONDE ► MYLÈNE GIRARDEAU • ANTHONY KRIZIC | AP PHOTO ► TSAFRIR ABAYOV

La prison ou l'expulsion ? C'est le sort réservé à des dizaines de migrants vivants en Israël. Des "infiltrés" comme les nomment, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, qui doivent quitter le pays avant la fin mars.

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Au mois d'août 2017, Benjamin Netanyahu avait promis de rendre Tel Aviv aux Israéliens.
Et c'est sous la pression des habitants du sud de la ville où vivent beaucoup d'étrangers, que le chef du gouvernement a lancé un grand programme d'expulsion des migrants illégaux.
 
...J'espère qu'ils choisiront de coopérer avec nous...
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien

"Les infiltrés ont un choix simple", selon Benjamin Netanyahu, Premier ministre d'Israël. "Coopérer avec nous et partir de leur propre gré, de manière respectable, humaine et légale, ou alors, nous devrons bien sûr opérer avec d'autres outils dont nous disposons, qui sont aussi légaux. J'espère qu'ils choisiront de coopérer avec nous."

Un billet d'avion et un chèque de 3.000 euros... ou bien la prison à durée indéterminée. Les près de 40.000 clandestins ont jusqu'au 1er mars pour faire leur choix.

Arrivés ces dix dernières années, ces Africains fuient la misère et la violence,
il s'agit essentiellement de Soudanais et d'Érythréens, deux pays dont les régimes sont accusés par l'ONU de crimes contre l'Humanité. Difficile donc, dans ces conditions, de les renvoyer vers leur pays d'origine.

L'asile en Israël ? un mirage


Selon les ONG, qui soutiennent les migrants, Israël aurait signé des accords avec l'Ouganda et le Rwanda pour accueillir les volontaires. En milieu de journée, (ce jeudi 4 janvier 2018) l'Ouganda a dementi tout accord avec Israël autour des migrants.
En tout cas, la décision israélienne inquiète les premiers concernés, comme Johnny Tsgahans Goytiom. Ce migrant érythréen qui vit à Tel Aviv pointe une décision de non-sens : 
"La situation telle que je la vois en ce moment est très mauvaise et difficile, c'est comme si on nous échangeait. Je ne suis ni originaire du Rwanda, ni originaire de l'Ouganda.  Comment le Premier ministre peut-il décider d'envoyer des gens dans d'autres pays, sans papier, ni permis, sans rien ?" Et d'ajouter : "Après 10 ans, comment est-ce possible? C'est comme nous vendre en tant qu'esclaves."

Teklit Michael, un autre demandeur d'asile vivant à Tel Aviv ajoute pour sa part : "J'ai entendu dire que quand les gens vont là-bas, les autorités prennent leurs papiers à l'aéroport, et les font passer illégalement dans d'autres pays. Personne ne reste au Rwanda, voilà ce que je sais." dit-il, désabusé.

Les associations humanitaires sont plus sévères. Pour elles, les dés sont pipés car ces migrants ne sont pas en situation illégale. Ils travaillent et paient des impots. Ils auront beau demander l'asile. Ils ne l'obtiendront jamais..

"Israël a la capacité de les accueillir, de les intégrer", souligne Tamara Newman, membre du centre d'appel d'urgence pour les réfugiés et les migrants.  Pour elle, "Israël préfère payer un pays pauvre pour prendre sa petite part de réfugiés, un pays comme le Rwanda qui accueille déjà des centaines de milliers de personnes..."

En novembre 2017, le Haut Commissariat aux réfugiés émettait des doutes quant au respect par Israël de ses obligations de protection. Selon les Nations Unies, depuis 2009, seuls une dizaine d'Erythréens et de Soudanais ont obtenu le statut de réfugié dans le pays.