Vingt-cinq jours de crise au Brésil : Dilma Rousseff s'accroche

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Vingt-cinq jours de crise au Brésil, depuis l'interpellation de l'ex-président Lula, soupçonné de corruption, au départ mardi du parti centriste PMDB de la coalition de la présidente Dilma Rousseff, sous la menace chaque jour plus précise d'une destitution.

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-- 4 mars --

L'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), fondateur du Parti des Travailleurs (PT, au pouvoir), est interrogé par la police fédérale après perquisition à son domicile à Sao Paulo.

Soupçonné de "corruption" et "blanchiment d'argent" dans l'enquête sur le scandale Petrobras qui éclabousse la coalition au pouvoir, Lula proteste de son innocence. Il appelle ses partisans à descendre dans les rues.

Cette opération intervient au milieu d'une avalanche d'accusations autour du scandale Petrobras, qui a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre l'entreprise d'Etat et les plus puissantes entreprises de construction du pays.

-- 10 mars --

Le parquet de Sao Paulo requiert contre Lula des poursuites pénales, et son placement en détention provisoire, pour "occultation de patrimoine", à propos d'un appartement au nom d'une entreprise de construction impliquée dans l'affaire Petrobras.

-- 11 mars --

Dilma Rousseff invite Lula à rejoindre son gouvernement.

-- 12 mars --

Le grand parti centriste PMDB, pilier incontournable de la coalition parlementaire au pouvoir, se donne 30 jours pour décider de claquer ou non la porte de la majorité lors de son Congrès national.

-- 13 mars --

Quelque trois millions de Brésiliens, selon la police, défilent dans tout le pays aux cris de "Dilma dehors!" lors de manifestations d'ampleur historique soutenues par l'opposition.

-- 14 mars --

La juge de Sao Paulo saisie de la demande du parquet sur l'appartement attribué à Lula se dessaisit au profit du juge fédéral Sergio Moro, chargé de l'enquête Petrobras.

-- 15 mars --

La justice rend publiques les confessions d'un sénateur du PT au pouvoir, inculpé dans le dossier Petrobras, qui accuse le ministre de l'Education d'avoir tenté d'acheter son silence pour protéger le gouvernement, enregistrements à l'appui. Il met aussi en cause Lula, Mme Rousseff, le vice-président (PMDB) Michel Temer et le chef de l'opposition Aecio Neves (PSDB).

-- 16 mars --

Lula est nommé chef de cabinet (quasi Premier ministre) de Dilma Rousseff, ce qui lui évite une possible mise en détention par le juge Moro.

Des manifestations d'indignation éclatent dans la rue et au Congrès après la divulgation controversée par le juge Moro, de l'écoute d'une conversation téléphonique entre la présidente et Lula suggérant que la nomination de ce dernier vise bien à lui éviter la prison.

-- 17 mars --

Lula est investi chef de cabinet de la présidente mais un juge suspend dans la foulée sa nomination, une suspension provisoire également prononcée le lendemain par un juge du Tribunal suprême fédéral (STF). Le gouvernement fait appel.

Les députés donnent le coup d'envoi de la procédure de destitution. Ils élisent une Commission spéciale chargée d'adopter un rapport qui sera soumis au vote de l'Assemblée plénière où un vote des deux tiers (342 députés) sera nécessaire pour que la procédure se poursuive devant le Sénat.

-- 19 mars --

Des manifestations de la gauche en soutien à la présidente rassemblent 267.000 personnes dans 55 villes du pays.

-- 22 mars --

Dilma Rousseff affirme qu'elle "ne renoncera jamais". Elle se dit victime d'une "tentative de coup d'Etat" institutionnel "sans base légale" solide.

-- 23 mars --

Un juge du tribunal suprême dénonce la divulgation par le juge Moro de conversations téléphoniques entre Lula et des autorités protégées par l'immunité, dont Mme Rousseff, et lui ordonne de lui remettre toute son enquête sur Lula, pour examen.

-- 29 mars --

Le PMDB, poussé par son chef, le vice-président de la République Michel Temer, claque la porte de la coalition de Dilma Rousseff, revers cinglant sinon fatal pour la présidente de gauche à deux semaines du vote des députés sur sa destitution.

En cas de destitution ultérieure de Mme Rousseff par le Sénat, Michel Temer, 75 ans, assumerait le pouvoir jusqu'aux élections générales prévues en 2018.