Vu de l'étranger, François Hollande a "stupéfié" les Français

Ce jeudi, François Hollande créé la surprise en déclarant qu'il ne se présentera pas à un second mandat à la présidence de la France. Ce matin, la presse internationale souligne que cette décision marque un virage à droite de la politique française, jusqu'au radicalisme. Revue de presse.

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Le Soir, du 2 décembre 2016
Le Soir, du 2 décembre 2016
Le quotidien belge francophone Le Soir lance un "Au revoir" tonitruant au Président français en page de Une. Pour le journal, c'est le "troisième « dinosaure » de la politique hexagonale qui sort de scène. (...) Un coup de balai inédit, sans doute, dans l’Hexagone, symbole d’un air du temps qui veut du changement à tout prix, qui rejette le modèle en place, quel qu’il soit." L'auteur de l'article estime par ailleurs que ce renoncement constitue "un nouvel échec de la presse, tout aveuglée par la certitude de sa candidature".

L'autre quotidien belge, La Libre Belgique, souligne "un coup de tonnerre au terme d'une journée élyséenne on ne peut plus normale". Selon la publication, certains des proches collaborateurs du Président ont appris sa décision "en direct à la télévision".

Même constat en Suisse de la part du Temps, sur son site internet : François Hollande "met un terme à une longue attente concernant ses intentions, à un moment où personne ne l’attendait. (...) Cette annonce a d’ailleurs surpris jusqu’à l’entourage du président, qui ne connaissait pas la teneur du message que le président allait délivrer dans son allocution."
 
Légende de l'image choisie par le site Internet du quoditien <em>Neue Zürcher Zeitung</em> : "<em>La France a derrière elle une décennie perdue</em>"
Légende de l'image choisie par le site Internet du quoditien Neue Zürcher Zeitung : "La France a derrière elle une décennie perdue"


Toujours en Suisse, le site Internet du quotidien germanophone Neue Zürcher Zeitung axe son titre sur les "Perspectives radicales" de la France. "L’un veut un Etat autoritaire, l’autre veut une économie libérale. Les principaux candidats à l’Elysée veulent tous deux changer radicalement la France."

"Tous les yeux se tournent vers Valls" selon La Presse, au Canada. Le journal souligne que François Hollande, lors de son allocution, n'a pas dit "qu'il soutenait son premier ministre."
 

Extrait de la Une de The Wall Street Journal, du 2 décembre 2016
Extrait de la Une de The Wall Street Journal, du 2 décembre 2016
Pour le Wall Street Journal, cette décision "ajoute de l'incertitude dans la course à la présidence" française. Elle "ouvre aussi la voie à un candidat plus concurrentiel".

Le New York Times revient sur l'effet de surprise : "Le président François Hollande a stupéfié la France jeudi en annonçant qu’il ne briguerait pas un second mandat lors de l’élection présidentielle l’année prochaine".

En Espagne, El Pais rappelle que François Hollande est le premier président de la Ve république à renoncer à un éventuel second mandat. Pour le quotidien, "en se présentant, Hollande prenait le risque, selon les sondages, de perdre les primaires derrière Montebourg (NDRL : l'un de ses anciens ministres)."
 
Au Maroc, le quotidien <strong>Le Matin</strong> met aussi la décision du Président français en Une.
Au Maroc, le quotidien Le Matin met aussi la décision du Président français en Une.
Côté italien, La Stampa juge que cette décision était "inévitable" devant l'impopularité du chef d'Etat.

Le quotidien néerlandais De Telegraaf reprend, en tête de sa page de Une, une phrase du discours prononcé hier soir par François Hollande : "Ce qui est en cause, ce n’est pas moi, c’est l’avenir de la France."

Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung titre, lui, sur ce qui a motivé la décision de François Hollande : "Hollande ne sera pas candidat à un second mandat - dans l’intérêt supérieur de la France. Manuel Valls est probablement candidat."

"Hollande se retire – parmi les socialistes, la course au pouvoir est ouverte" titre le site Internet de l’hebdomadaire allemand Spiegel. Et d’expliquer : "Le président Hollande renonce à un deuxième mandat – et laisse derrière lui un parti en miette. Le bras de fer pour les primaires commence. Le Premier ministre Manuel Valls se porte candidat."