Yanis Varoufakis : « En Europe, il n’y a pas de 'nous', il n’y a que du 'moi' »

GA Varoufakis
©Interview de Marian Naguszewski

Il fut l'éphémère et charismatique ministre grec des Finances en 2015 au sein du gouvernement de gauche Syriza. Défenseur envers et contre tous d'une ligne anti-austérité, il présente son livre Et les faibles subissent ce qu'ils doivent ? à paraître en français le 24 avril. Yanis Varoufakis est l'invité du 64' de TV5MONDE.

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► Tout notre dossier sur l'austérité en Europe

Economiste, Yanis Varoufakis fut ministre des Finances grec du gouvernement radical de gauche mise en place par le Premier ministre Alexis Tsipras en janvier 2015. Quatre mois plus tard, dans l'impasse face aux ministres des Finances de l'Eurogroupe, Aléxis Tsípras décide de remanier son équipe. Il se sépare de son plus farouche partisan anti-austérité face à une troïka qui ne le portait pas dans son coeur, avant d'accepter les conditions posées par l'Europe : "Ce n’est pas moi qui ait abandonné le pacte conclu avec Alexis Tsipras sous la pression de l’Europe, dit aujourd'hui Yanis ​Varoufakis. Mais nous ne sommes pas non plus à couteaux tirés."

En février 2016, Yanis Varoufakis lance Democracy in Europe Movement 2025 (DiEM25) et fait des propositions concrètes. Dans son livre Et les faibles subissent ce qu'ils doivent ?, il questionne l'inéluctabilité de ce constat, tiré de la mythologie grecque. et tente une réponse historique et analytique à l'échec de l'Europe.

Acclamé par les militants de Nuit Debout

Ce dimanche 17 avril, à la tombée de la nuit, Yanis Varoufakis a pris la parole devant les militants de Nuit Debout : l'ancien ministre des finances grec est venu « apporte[r] la solidarité d'Athènes » au mouvement de la place de la République à Paris. Le hérault de la lutte anti-austérité a dressé un parallèle entre Nuit debout et l'occupation de la place Syntagma d'Athènes pendant quatre-vingt-dix nuits, en 2011, quatre ans avant l'arrivée au pouvoir de la Syriza par les urnes. « Ce fut un séisme. Nous avons changé la politique en Grèce, mais aussi en Europe. » Il a critiqué la loi sur le code du travail et le président François Hollande, l'accusant d'avoir renié ses engagements antiaustérité et de vouloir dévaloriser le travail pour ressusciter le capitalisme.